LE BOUDDHISME

DE L'ECOLE FUJI

 

Dernière mise à jour

le

04/01/2010 10:04

 

Me contacter

ICI

Gongyô

Accueil Nichiren Daishônin Nichinyo Shônin Nikken Shônin Nichiren Shôshû Foi, Pratique, Etude Shingyoji La Revue

[Le Taisekiji]
[Gongyô]
[Gojukai]
[Sermon du mariage]
[Oéshiki]
[Aération des trésors]
[Tozan]

Les rites de la Nichiren Shôshû

Gongyô

Gongyô fondement de la foi

Le Gongyô représente le fondement de la foi dans la Nichiren Shôshû et la plus importante de ses ascèses. Une foi sans Gongyô est impossible.

Gongyô signifie « être diligent" (gon) dans la pratique (gyô) du bon Dharma. Il consiste en la lecture du sutra devant le Bouddha et lui offrir sa vénération.

Dans la Nichiren Shôshû, Gongyô est constitué de la lecture à haute voix des chapitres « Moyens » (Hôben pon) et « Durée de la vie de l’Ainsi-venant » (Nyorai juryô hon), respectivement deuxième et seizième chapitres du Sutra du Lotus et en la récitation de "Nam Myôhôrengekyô".

Gongyô est pratiqué deux fois par jour, le matin et le soir. Au cours de ce rite, nous exprimons notre gratitude envers la bienfaisance et les vertus des trois trésors, le Bouddha, le Dharma et le Moine, nous prions pour la réalisation du grand vœu de la vaste propagation, ainsi que pour faire l’offrande du bien aux ancêtres. La pratique quotidienne assidue du Gongyô nous permet de parvenir à l’état de vie de véritable bonheur qu’est la bouddhéité.


Lecture des chapitres des « Moyens » et « Durée de la vie »

Dans le Gosho intitulé Le flux menstruel, Nichiren Daishônin écrit :

"Bien qu’il serait vain de mettre en avant quelque chapitre du Sutra du Lotus que ce soit, les chapitres Moyens et Durée de la vie sont particulièrement excellents et louables au sein des vingt-huit chapitres. Les autres chapitres n’en sont que les branches et les feuilles. Aussi, il convient, dans votre pratique habituelle, d’apprendre et lire la prose du chapitre Moyens et celle du chapitre Durée de la vie".

Le chapitre Moyens représente le cœur de la première partie du Sutra du Lotus (partie éphémère –j. shakumon), tandis que le chapitre Durée de la vie, lui, est le cœur de la seconde partie (partie originelle – j. honmon) et leurs significations ainsi que leurs œuvres et vertus sont remarquables.

Dans les Articles à observer après le trépas de Nikkô, ce dernier écrit également :

"Le temple des grandes pierres, y compris le sanctuaire et le cimetière seront gérés par Nichimoku qui aura à entretenir le lieu, tout en offrant Gongyô et en attendant la vaste propagation".

Par ailleurs, le vingt-sixième Grand Patriarche Nichikan Shônin écrivait dans le Traité sur les rites de notre école :

"Depuis le fondateur du temple principal, l’enseignement des rites et l’enseignement de la doctrine sont, depuis quatre cents ans, comme à l’époque de Nichiren Daishônin. Aussi, les Gongyô du matin et du soir se limitent aux deux chapitres".

Ce passage indique que Nichiren Daishônin lui-même lisait les deux chapitres quotidiennement et que, dans la Nichiren Shôshû, depuis Nikkô Shônin, ce principe n’a jamais varié.

Ces extraits nous montrent que la lecture quotidienne des chapitres « Moyens » et « Durée de la vie », ainsi que la récitation du Daimoku, représentent le Gongyô, fondement de l’ascèse de notre école.

 

Pratique principale et pratique auxiliaire

Le Gongyô est constitué de la pratique principale et de la pratique auxiliaire.

La pratique principale désigne la récitation de "Nam Myôhôrengekyô", dite aussi récitation du Daimoku. A cette pratique principale, vient s’ajouter la pratique auxiliaire, représentée par la lecture à haute voix des chapitres « Moyens » et « Durée de la vie » du Sutra du Lotus. Cette pratique auxiliaire a pour fonction d’étayer la signification et les œuvres et vertus du Daimoku de la pratique principale.

Dans son Traité sur les rites de notre école, Nichikan Shônin symbolisait la relation entre la pratique principale et la pratique auxiliaire de la manière suivante :

"Elle est comme l’eau claire contribuant à l’eau de cendres, comme le sel et le vinaigre soutenant le goût des nouilles de riz. C’est pourquoi, on l’appelle pratique auxiliaire".

Autrement dit, la lecture du sutra est comme la lessive améliorant le pouvoir nettoyant de l’eau lorsqu’on fait la lessive, ou les épices mettant en valeur la saveur des aliments.

Dès lors, sans la pratique principale de la récitation du Daimoku, la pratique auxiliaire de la lecture à voix haute perd toute signification. A l’inverse, la pratique du seul Daimoku sans pratique auxiliaire, ne constitue par un véritable Gongyô.

Parmi les personnes venant de débuter la pratique, certains ne récitent que le Daimoku sans lire le sutra parce qu’ils n’ont "pas le temps" ou parce que "c’est compliqué". Or, cette attitude est erronée. En effet, comme l’enseignait Nichiren Daishônin, pratiquer le Gongyô correct, constitué de la lecture du sutra et de la récitation du Daimoku, autrement dit constitué de la pratique principale accompagné de la pratique auxiliaire est important.

 

Attitude mentale et physique lors du Gongyô

Le Gongyô est une importante cérémonie au cours de laquelle nous exprimons notre gratitude envers la bienfaisance et les vertus des trois trésors et, en même temps, exposons nos prières et effectuons l’offrande du bien aux ancêtres. Il est dès lors important de l’aborder avec un esprit religieux.

Lorsque nous faisons face au Gohonzon, nous nous redressons, poitrine bombée et les mains jointes, en regardant les idéogrammes Nam Myôhôrengekyô Nichiren, inscrits au centre du Gohonzon et, plus précisément, l’idéogramme "Myô" ().

Il convient de pratiquer le Gongyô dans une tenue décente. Ce n’est pas parce qu’il fait chaud qu’on puisse se croire autorisé à faire Gongyô presque nu ou en pyjama. Cette pratique incluant la conversion d’autrui, il convient de considérer l’influence exercée sur notre entourage, en donnant de l’importance à une attitude sobre.

En ce qui concerne l’attitude mentale à l’approche du Gongyô, le 59e Grand Patriarche, Nichikô Shônin disait :

Le Daimoku que nous récitons doit être pratiqué avec attention et assiduité. Lorsque nous récitons, nous ne devons pas avoir de pensées distraites à l’esprit. La voix émise ne doit pas être trop rapide et notre prononciation ne doit pas être bredouillée. Nous devons garder une tonalité medium et réciter calmement, résolument et de manière soutenue. Il n’existe pas un nombre préétabli de Daimoku à réciter. Le nombre dépend de nos circonstances individuelles. Du point de vue physique, nous devons joindre les deux mains et diriger le bout de nos doigts dans une direction située sous notre nez. Nos yeux regardent fixement le Gohonzon. Il est souhaitable que notre corps entier ressente une énorme vague de joie. Nous devons continuer jusqu’à ce que nous formions un tout avec le Gohonzon”.

Il s’agit là d’une directive qu’il convient de lire avec soin et attention.

Comme l’indique cette directive de Nichikô Shônin, le nombre des Daimoku n’est pas défini. Il est toutefois important d’en réciter beaucoup, de tout son cœur. Quant aux phrases du sutra, elles doivent être prononcées avec précision et, si les prières silencieuses ne sont pas formulées oralement, leur contenu doit cependant être compris et médité. Pour ces raisons, il est souhaitable de lire le livret de pratique lors du Gongyô.

 

Les Gongyô du matin et du soir

Fondamentalement, le Gongyô de la Nichiren Shôshû est pratiqué le matin et le soir. Il n’est cependant pas d’heure préconisée pour le pratiquer. Chaque situation étant différente en fonction de la profession, le Gongyô doit être pratiqué en harmonie avec sa vie quotidienne, sans contrevenir à cette dernière.

Le Gongyô du matin représente le point de départ de la journée. Chacune des cinq assises doit être évidemment pratiquée sérieusement, mais, en tant qu’enfants du Bouddha désirant la vaste propagation du Dharma merveilleux, il est naturel de prier pour vivre une journée constructive et, également, de pouvoir montrer la preuve actuelle du Dharma merveilleux dans sa vie quotidienne.

Quant aux trois assises du soir, elles permettent d’exprimer notre gratitude envers les trois trésors pour leur protection accordée au cours de la journée.

Il est important de pratiquer correctement et sans interruption, comme un courant d’eau, le Gongyô du matin et du soir. Il est souhaitable d’établir le Gongyô comme habitude de la vie quotidienne, de manière à obtenir la continuité de la pratique.

Il faut toutefois éviter que cette habitude quotidienne devienne stagnation.

Le sérieux, exprimé par la phrase du sutra : "désirant de tout leur cœur voir le Bouddha, il ne ménagent ni leur corps ni leur vie (isshin yok’ken butsu, fujishaku shinmyô), doit être l’esprit fondamental avec lequel nous pratiquons Gongyô. Nichiren Daishônin écrivait à Shijô Kingo : "recevoir est facile, garder est difficile. Toutefois, devenir Bouddha réside dans le fait de garder". Ainsi, la continuité est-elle importante, car elle est la source des œuvres et vertus.


Signification des cinq assises

Au Taisekiji, depuis Nikkô Shônin, tous les Grands Patriarches successifs ont pratiqué chaque jour Ushitora Gongyô (Gongyô entre l’heure du bœuf et celle du tigre – entre 2 et 4 heures du matin), afin de prier pour la réalisation de la vaste propagation, mission léguée par Nichiren Daishônin.

Au début, les cinq assises de Ushitora Gongyô étaient pratiquées chacune dans un lieu différent : sur une estrade à ciel ouvert, pour l’offrande aux divinités des multiples cieux, dans la salle de pratique principale, dans le sanctuaire Mieidô, dans le Kyakuden et au cimetière. Depuis le début de la période de Edo (début du 17e siècle), toutes les assises ont été concentrées dans le Kyakuden.


Première assise : offrande aux multiples cieux (shoten kuyô)

(Chapitre « Moyens », stances Jiga du chapitre « Durée de la vie », Daimoku étirés)

Lors de la première assise, nous offrons la saveur du Dharma aux divinités bénéfiques des multiples cieux (shoten zenjin), qui protègent jour et nuit le bon Dharma. Cette offrande s’effectue par la lecture du chapitre « Moyens » et des stances Jiga du chapitre « Durée de la vie » et des Daimoku étirés.

Le chapitre « Pratiques aisées » du Sutra du Lotus énonce :

"Les divinités de l’espace, afin d’écouter le Dharma, les1 suivront sans cesse et les serviront. (…) Sans cesse pour le Dharma, jour et nuit, les divinités célestes les protégeront et les défendront, leur permettant de remplir de joie tous ceux qui les écouteront".

Nichiren Daishônin, pour sa part, écrivait dans la Missive à Messire Hei no Saemon Yoritsuna :

Le véhicule unique du Sutra de la Fleur du lotus du Dharma merveilleux (j. Myôhôrengekyô) constitue le principe ultime du véritable éveil de tous les Bouddhas et la nourriture fortifiant les divinités bénéfiques des multiples cieux".

En dégustant la saveur du bon Dharma, c’est-à-dire Nam Myôhôrengekyô enfoui au profond des phrases du Sutra du Lotus, les divinités protectrices voient leur majesté se développer et leurs pouvoirs de protection du territoire et des êtres se renforcent. Pour cette raison, lors de la première assise, nous prodiguons la saveur du Dharma aux divinités bienfaitrice et prions pour accroître leur capacité de protection.


Deuxième assise : offrande au Honzon

(Chapitre « Moyens », prose et stances Jiga du chapitre « Durée de la vie », Daimoku étirés)

Au cours de la deuxième assise, nous louons les immenses œuvres et vertus du Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle, substance du Bouddha originel du passé infini hors le temps et lui exprimons notre gratitude pour sa bienfaisance.

Troisième assise : offrande aux trois maîtres

(Chapitre « Moyens », stances Jiga du chapitre « Durée de la vie », Daimoku étirés)

Dans la troisième assise, nous louons notre Fondateur Nichiren Daishônin, Bouddha originel de la Fin du Dharma, doté des trois vertus de souverain, maître et parents et lui exprimons notre gratitude.

Nous exprimons ensuite notre gratitude envers la bienfaisance des second et troisième fondateurs, Nikkô Shônin et Nichimoku Shônin, puis au quatrième et cinquième Souverains du Dharma, Nichidô Shônin et Nichigyô Shônin, ainsi qu’à tous les Grands Patriarches successifs.

Quatrième assise : prière pour la vaste propagation et autres prières

(Chapitre « Moyens », stances Jiga du chapitre « Durée de la vie », Daimoku étirés)

Dans cette quatrième assise, nous prions d’abord pour la réalisation de la vaste propagation.

Depuis Nikkô Shônin, tous les Souverains du Dharma successifs ont pratiqué tous les jours Ushitora Gongyô, en prière pour la réalisation de la vaste propagation (j. kôsen rufu).

Nous mêmes, lors de cette assise, prions pour la réalisation de la vaste propagation, volonté de Nichiren Daishônin, par laquelle le ciel et les quatre océans retournent au Dharma merveilleux. En même temps, nous promettons de nous dévouer à la réalisation de cette mission.

Ensuite, nous prions également pour l’effacement de nos offenses au Dharma commises depuis le sans commencement, pour l’accroissement de notre foi, pour notre sécurité et notre santé et autres prières personnelles.

Cinquième assise : Transfert

(Chapitre « Moyens », stances Jiga du chapitre « Durée de la vie », Daimoku étirés)

Dans la cinquième assise, nous effectuons le transfert du bien aux mânes de nos ancêtres et de ceux des personnes avec qui nous avons un lien.

Le transfert du bien consiste à transférer les œuvres et vertus inhérentes à la lecture du sutra et à la récitation du Daimoku. Guider nos ancêtres vers la bouddhéité comme, leur faire connaître les souffrances de l’enfer dépend de la justesse ou de l’illégitimité de l’enseignement. Aussi, prier le Gohonzon de la doctrine originelle, grand Dharma de l’ensemencement dans l’ère finale, enfoui au profond des phrases du Sutra du Lotus pour la réalisation de l’éveil, représente l’unique offrande du bien.

Enfin, nous prions pour "que le bienfait s’étende de façon égale sur le monde des dharma et que, nous comme autrui, apaisés, retournions à la lumière sereine".

Le Gongyô s’achève alors, par la récitation des trois derniers Daimoku.

Cette dernière prière est l’expression de notre souhait de voir tous les êtres, sensitifs comme non sensitifs, être baignés par les œuvres et vertus de Nam Myôhôrengekyô, deviennent tous de manière égale Bouddha et retournent à la terre de la lumière sereine2.

De la première à la quatrième assise, chaque lecture est suivie de la récitation des Daimoku étirés. La récitation d’un Daimoku étiré équivaut à la récitation de nombreux Daimoku. Les Daimoku étiré ont en outre le sens de remplir le ciel et les quatre océans, l’ensemble des mondes des Dharmas des œuvres et vertus de la récitation du Daimoku et, simultanément, du point de vue de la conversion d’autrui par shakubuku, d’attirer l’intégralité des neuf mondes vers les grandes œuvres et vertus du Dharma merveilleux et leur faire bénéficier de ses bienfaits. Les Daimoku étirés sont récités pour ces raisons. Il n’y a cependant pas de définition de la longueur de ces Daimoku.

Enfin le Gongyô du soir est pratiqué sans les première et quatrième assises.


Les grands bienfaits du Dharma merveilleux

En raison du principe de la présence mutuelle des dix mondes, la vie est dotée d’une diversité de mondes fonctionnant dès la rencontre avec une condition. Par exemple, l’eau remplissant un verre est incolore, transparente, pourtant, en fonction de l’éclairage ambiant, elle peut présenter diverses couleurs changeantes. De la même manière notre vie se transforme en fonction des diverses conditions de notre entourage.

Au sein des dix mondes, le monde du Bouddha est le plus vénérable et représente la fonction d’un état de vie de bonheur absolu. Il n’est d’autre possibilité, afin de faire jaillir cette vie, que de pratiquer la lecture du sutra et la récitation du Daimoku devant le Gohonzon, but ultime de la venue en ce monde de Nichiren Daishônin. Gongyô n’est ni un moyen pour exposer ses vœux au Gohonzon comme on le fait dans les religions aspirant au salut par des pouvoirs extérieur, ni une austérité telle que celles des religions aspirant au salut par les forces personnelles de leurs adeptes. L’important est l’union, la fusion de notre foi avec le Gohonzon, objet de notre foi. C’est uniquement ainsi que la vie du Bouddha peut jaillir dans notre cœur d’hommes ordinaires. Alors, la joie emplit notre vie quotidienne, vécue avec courage.

Dans L’éveil des néophytes par la Fleur du Dharma, Nichiren Daishônin écrit :

"Vénérer Myôhôrengekyô présent dans mon cœur en tant que Honzon, appeler par Nam Myôhôrengekyô la nature du Bouddha présente dans votre cœur ; ce qui apparaît alors est le Bouddha. Par exemple, si l’oiseau dans la cage chante, les oiseaux volant dans le ciel, appelés, se rassemblent. Lorsque les oiseaux de l’extérieur se rassemblent, l’oiseau dans la cage veut alors sortir. Lorsqu’on appelle le Dharma merveilleux de sa bouche, la nature du Bouddha, présente dans notre corps, immanquablement se manifeste ".

Il écrit également dans le Dialogue du saint et du sot :

"Si vous récitez uniquement Nam Myôhôrengekyô, alors, quel faute resterait non effacée ? Quel bonheur manquerait-il d’arriver ? C’et vrai, c’est profond, il faut le croire et le recevoir.

Pour sa part, Nichikan Shônin, louant les œuvres et vertus du Dai Gohonzon, écrivait dans son Exégèse du Traité sur le Honzon :

"Si l’on a foi en ce Gohonzon et récite Nam Myôhôrengekyô, aucune prière resterait non exaucée, aucun crime demeurerait non effacé, aucun bonheur ne manquerait d’arriver, le principe ne saurait rester sans apparaître".

Ainsi, lorsque nous pratiquons Gongyô face au Gohonzon, notre force de la foi et notre force de la pratique appellent le pouvoir du Bouddha et le pouvoir du Dharma du Gohonzon. Les quatre pouvoirs sont alors rassemblés et d’immenses bienfaits sont générés.

 

Bienfaits apparents et bienfaits inapparents

Dans la Lettre aux frères, Nichiren Daishônin écrit :

"Sans les attaques du Démon, on ne saurait connaître le bon Dharma".

Pratiquer chaque matin et soir Gongyô, voie directe vers la bouddhéité n’est certes pas aisé. Partout dans ses écrits, Nichiren Daishônin souligne l’importance de maintenir une foi comparable à un cours d’eau, ne régressant pas.

Les bienfaits du Dharma sont de deux sortes : les bienfaits visibles, appelés "bienfait apparents" (j. ken yaku) et les bienfaits imperceptibles, appelés "bienfaits inapparents" (j. myô yaku).

Dans le traité intitulé Enseignement, pratique et attestation, Nichiren Daishônin indique :

"Les bienfaits reçus par les hommes des périodes de la Rectitude et de la Semblance étaient des bienfaits apparents, parce que leur relation établie depuis l’époque du Bouddha était parvenue à maturation. Dans la période de la Fin du Dharma, l’ensemencement est effectué pour la première fois. Aussi, les bienfaits sont-ils inapparents".

Les bienfaits obtenus lors du vivant du vénéré Shakya, puis dans les périodes de la Rectitude et de la Semblance étaient les bienfaits de la maturation et de la récolte, c’est-à-dire des bienfaits apparents. Par contre, les bienfaits de la période de la Fin du Dharma sont inapparents, en raison du fait que le Dharma merveilleux de l’ensemencement de la cause originelle, cause fondamentale de la bouddhéité est ensemencé pour la première fois dans le cœur des hommes.

Cependant, nombreux ont expérimenté la guérison de maladies ou la solution de problèmes de la vie quotidienne grâce à la pratique. On peut dire que ce phénomène est la manifestation d’une petite partie des œuvres et vertus du Gohonzon, une petite partie des bienfaits inapparents.

Toutefois, les œuvres et vertus du Gohonzon sont immenses, infinies. Aussi, le but de la foi, doit-il également être profond et élevé. Le jaillissement du monde du Bouddha indestructible depuis le fond de notre vie, comme une fontaine pure qui jaillirait indéfiniment sans tarir, établissant en nous un état de vie dans lequel nous nous élevons sans cesse, tel est le véritable bienfait inapparent, le grand bienfait d’obtenir ce qu’on ne cherchait pas.

Dans le Traité sur la transmission secrète des trois (comparaisons), Nichikan Shônin écrit :

"Le cœur ayant une foi indéfectible dans le Sutra du Lotus est appelé monde du Bouddha".

S’efforcer matin et soir à pratiquer Gongyô et établir une foi semblable à un courant d’eau, pendant trois ans, cinq ans, dix ans, permet d’ouvrir progressivement le monde du Bouddha en son cœur et de s’approcher de l’état de vie du Bouddha.

Par exemple, le développement d’un nourrisson ne peut se faire en un jour ou deux. Pourtant, a bout d’un an, de deux ans, on s’aperçoit avec étonnement de ses progrès. De la même manière, la différence extraordinaire naissant progressivement entre une personne pratiquant Gongyô avec sérieux et une autre moins assidue est indubitable.

Aujourd’hui encore, pratiquons Gongyô d’une voix sonore et de tout notre cœur et, à l’instar de cette phrase de la Transmission orale de la doctrine :

"Levons-nous chaque matin avec le Bouddha et couchons-nous chaque soir avec le Bouddha".

Nous pourrons ainsi être enveloppés de la grande rigueur et compassion du Gohonzon et établir une vie où "les êtres s’ébattent".

 

Transfert du bien aux ancêtres

Le transfert du bien aux ancêtres est effectué chaque jour au cours du Gongyô. Avant même d’être un bouddhiste, il est naturel pour tout être humain de penser à ses ancêtres ou aux personnes avec qui il a un lien.

Dans le monde bouddhiste traditionnel, le mot transfert implique la lecture d’un sutra, l’offrande d’encens et la prière pour le repos des âmes des défunts. Ce sont là effectivement des pratiques du transfert. Toutefois, à l’origine, la pratique du transfert ne se limite pas à des définitions aussi étroites et populaires. Elle possède des significations autrement plus vastes et profondes, religieuses et philosophiques.

Se contenter de joindre les mains et de prier ou d’enchâsser la plaquette funéraire des défunts dans l’autel du Bouddha ne représente en rien le transfert du bien. Au contraire, si l’on effectue le transfert par le biais de religions ou doctrines erronées, on obtient l’effet inverse de celui envisagé, la souffrance accrue des ancêtres et de la personne effectuant le transfert, au lieu de les soulager et de les guider vers la bouddhéité.

Nous allons dès lors expliquer la manière correcte de pratiquer le transfert du bien aux défunts.

Transfert est la traduction du mot Pali "parināma". A l’origine, ce mot signifiait : "vicissitude" ou "développement". Il fut traduit par l’expression "tourner et diriger vers" (j. eten shukô), réduit ensuite à "ekô" "transfert".

Il existe trois sortes de transferts :

La première est le "transfert vers la bouddhéité" (j. bodai ekô). On retourne ses propres œuvres et vertus et les dirige vers la bouddhéité (voie de l’éveil).

Dans le chapitre « Parabole » du Sutra du Lotus, nous lisons :

"Je t’ai attiré et guidé à l’aide de moyens. Pour cette raison tu est né dans le Dharma".

Alors que Shariputra, à qui s’adresse l’Eveillé, pensait parvenir à l’extinction du Petit véhicule (entrer dans la vacuité et le néant par la réduction en cendres de son corps et l’extinction de sa sagesse), grâce aux divers sermons du Bouddha, eut honte du Petit véhicule et s’éprit du Grand véhicule. Ainsi, son cœur se tourna vers le Grand véhicule et il se dirigea vers le Sutra du Lotus, le Grand véhicule ultime.

La deuxième sorte de transfert est le "transfert vers les êtres".

Dans le chapitre « Parabole du château transitoire » du Sutra du Lotus, il est dit :

"Notre vœu est que, par ces œuvres et vertus atteignant universellement tout, nous et les êtres, tous ensemble, réalisions la voie du Bouddha".

Il s’agit là de faire don des œuvres et vertus obtenues à tous les êtres et leur faire ainsi réaliser la grande œuvre de la bouddhéité.

La troisième catégorie de transfert est le "transfert effectif".

Dans le chapitre « Devadatta » du Sutra du lotus, il est dit :

"Dans sa recherche diligente, il conquit le Dharma et, finalement, parvint à obtenir de devenir Bouddha".

Les œuvres et vertus inhérentes à notre propre ascèse du Sutra du Lotus nous permettent de réaliser directement l’éveil du Bouddha.

Le point commun de ses trois sortes de transferts est l’importance d’accumuler des œuvres et vertus ainsi que des bonnes racines.

Nichiren Daishônin écrit dans le Traité sur le Honzon :

"Les deux lois des pratiques causales et des effets de vertus du vénéré Shakya sont présentes dans les cinq caractères de Myôhôrengekyô. Si nous recevons et gardons ces cinq idéogrammes, naturellement, les œuvres et vertus de ses causes et effets nous serons transmises et accordées".

Nichiren Daishônin a révélé Nam Myôhôrengekyô enfoui au profond des phrases du chapitre « Durée de la vie » de la doctrine originelle du Sutra du Lotus, sous la forme du Gohonzon pour les hommes d’aujourd’hui.

Lire à voix haute le Sutra et réciter le Daimoku au Gohonzon sans être pris par le doute et, en outre pratiquer shakubuku représente le véritable transfert des œuvres et vertus et la voie de l’obtention du véritable bienfait de réaliser l’éveil dès ce corps, soi-même et autrui.

1 Ici, "les" désigne les bodhisattvas qui, après l’extinction du Bouddha garderont le Sutra du Lotus et attireront les êtres dans l’ignorance vers cet enseignement.

2 Terre de la lumière sereine (j. jakkô do 寂光土) : le Tendai définit cette terre comme étant celle du Bouddha au corps de Dharma. Le 16e chapitre du Sutra du Lotus, « Durée de la vie de l’Ainsi-venant » révèle que le monde de l’endurance (le monde des hommes ordinaires) est la terre de la lumière sereine (j. shaba sekai soku jakkô 娑婆世界即寂光土).

 

horizontal rule

Les rites de la Nichiren Shôshû (2)

Le service au Gohonzon

 

Le service au Gohonzon s’effectue du fond du coeur

Le Gohonzon est l’objet de notre foi, indispensable à l’obtention de la bouddhéité. Dans la Réponse à Dame Kyô-ô, Nichiren Daishônin écrit :

"Nichiren l’a écrit en teintant de sa vie intérieure l’encre sumi. Il faut y croire".

Le Mandala Gohonzon est donc la vie intérieure, l’esprit de Nichiren Daishônin.

L’attitude spirituelle souhaitée lors du service au Gohonzon est la même que celle qu’adopta Nikkô Shônin, servant Nichiren Daishônin en le suivant comme l’ombre suit le corps, en considérant que le Gohonzon est Nichiren Daishônin. Il est dès lors nécessaire de servir quotidiennement le Gohonzon en ayant à l’esprit que Nichiren Daishônin lui-même est présent chez nous.

Nichikô Shônin, cinquante-neuvième Grand Patriarche de notre école, écrivait :

"L’essence de la pratique, commence par puiser l’eau, cueillir des fleur et des légumes, couper des bûches et par les autres tâches de la vie quotidienne. Dans notre école, la pratique est essentielle. Il existe bien l’ordre : foi, pratique, étude. Toutefois, sans la pratique, il n’existe pas de sens à la manifestation de sa foi et l’accumulation de cours d’étude est elle aussi dénuée d’intérêt. Toutefois, nous avons tendance à nous adonner à l’étude dans la perspective de la diffusion de l’enseignement et, pour cette raison, négliger la pratique du service au Gohonzon, expression de notre reconnaissance, la lecture du Sutra et l’arrangement des feuillages".

Chaque matin, le nettoyage de l’autel, l’offrande d’eau et de riz, le changement de l’eau des feuillages et, lors du Gongyô, allumer les bougies et faire brûler l’encens, font partie de l’ascèse de la voie du Bouddha et représentent tous le service au Gohonzon. Il faut dès lors prendre soin de ne pas négliger ces rites, combien même nous soyons très occupés.

Les trois ustensiles

Trois ustensiles (encensoir, feuillages et bougies), voire cinq ustensiles (encensoir, deux feuillages et deux bougies), sont utilisés pour décorer l’autel du Bouddha.

Les trois ustensiles représentent les trois corps du Bouddha (Dharma, rétribution et communication) et les trois vérités (vacuité, conditionnalité et milieu).

A droite, en regardant le Gohonzon, nous plaçons le bougeoir. Ce dernier symbolise le feu de la sagesse, autrement dit, le corps de rétribution et la vérité de la vacuité. L’encensoir, placé au centre, représente le principe auquel s’est éveillé le Bouddha. Il symbolise le corps de Dharma du Bouddha et la vérité du milieu.

Le feuillage, placé à gauche, symbolise l’action de rigueur et de compassion du Bouddha. Il représente donc le corps de communication du Bouddha et la vérité de la conditionnalité.

L’eau

L’inde, pays natal du bouddhisme est une terre aride où l’eau est importante en raison de sa valeur. En langue sanskrite, l’eau se dit : "Aka". Ce terme est traduit par oeuvre et vertu, eau bienfaitrice. Offrir de l’eau au Bouddha ou devant une tombe est une habitude courante.

Dans notre école, nous respectons la tradition issue du « Traité sur les rites » du neuvième Grand Patriarche Nichiu Shônin, dans lequel nous lisons :

"Il ne faut pas offrir du thé (au Gohonzon), car il s’agit là d’un procédé utilisé en Chine".

Ainsi, nous offrons de l’eau pure et non du thé au Gohonzon.

Au temple principal, chaque jour, à l’aube, l’eau offerte au Gohonzon avant le Gongyô, est la première eau puisée de la journée. Les moines chargés ce jour là de l’offrande, offrent cette eau pure aux Gohonzon de chaque bâtiment.

Chez les pratiquants, la première eau de la journée et offerte au Gohonzon avant le Gongyô et est retirée le soir avant le Gongyô. L’extrémité (environ un tiers) d’une feuille de shikimi est plongée dans l’eau.

Le shikimi

La décoration de l’autel du Bouddha est indiquée de la manière suivante dans le chapitre « Moyens » du Sutra du Lotus :

"Santal et végétaux submergés, badiane et autres essences".

La Badiane désigne l’Illicium japonicum autrement dit, le shikimi. Notre école n’utilise pas de fleurs. En effet, les fleurs sont jolies à la vue, mais une fois épanouies, elles se fanent et perdent leurs pétales. Du point de vue du bouddhisme, ce phénomène est considéré comme l’expression de l’impermanence des choses et rend les fleurs impropres à l’offrande au Bouddha originel, unique et absolu, qui protège et guide les êtres de l’éternité de la Fin du Dharma vers le salut.

Le végétal digne de décorer l’autel du Gohonzon permanent et indestructible, vénérable au plus haut point, doit lui aussi exprimer à la fois la permanence et la pureté sans tache. Le shikimi est une essence à feuillage persistant exprimant une grande force vitale et qui, en outre, exhale un parfum particulier. Notre école utilise le shikimi car son parfum chasse les esprits malveillants et purifie l’autel du Bouddha.

Dans les régions du monde où le shikimi ne pousse pas ou ne se vend pas, on utilise un arbre à feuillage persistant équivalent.

Encens et bougies

Le chapitre des « Maîtres du Dharma » comme d’autres chapitres du Sutra du Lotus, enseigne l’utilisation de "poudre d’encens", "d’huile d’encens" et de "brûlage d’encens" pour orner l’autel du Bouddha. Il s’agit en fait de fumigations offertes au Bouddha pour purifier son environnement.

Selon le grand maître du Tendai :

"Il n’est pas une couleur, pas une odeur qui ne soit dans la voie de la médianité".

Tout les êtres et phénomènes possèdent la vérité de la voie du milieu. On peut donc interpréter la phrase de Zhiyi par l’expression de la présence des œuvres et vertus de la voie médiane dans le brûlage d’encens.

Aujourd’hui, les bâtons d’encens, dont la fabrication a commencée au cours de la période d’Edo sont largement utilisés. L’esprit de l’offrande d’encens, toutefois, est identique.

On pose trois (ou un seul) bâtons d’encens horizontalement dans l’encensoir. La signification de la fumigation étant la sérénité, les bâtons sont couchés latéralement et non plantés verticalement.

Les bougies, quant à elles, ornent l’autel du Bouddha en offrant de la lumière au Gohonzon. Le Sutra du Lotus et de nombreux autres sutras évoquent les profondes et vastes œuvres et vertus inhérentes à l’offrande de la lumière.

Le riz offert au Bouddha

Le riz offert au Bouddha est disposé en forme de boule dans le récipient prévu à cet usage, dès la fin de la cuisson et posé devant le Gohonzon. Après la récitation de trois Daimoku, on formule intérieurement la méditation suivante : "En offrande à titre de gratitude envers la bienfaisance des trois trésors en qui je prends refuge, Nam Myôhôrengekyô". On frappe alors le gong à trois reprises, puis on récite de nouveau trois fois Daimoku. Après ce rituel, on retire immédiatement le riz. On voit parfois des foyers où le riz reste offert toute la journée. Cependant, le rite exact demande à ce que le riz soit retiré immédiatement.

Avec les Gongyô quotidiens

Le service au Gohonzon étant un rituel quotidien, il finit parfois par devenir routinier. Il convient dès lors d’en comprendre la signification et de l’accomplir avec l’esprit de gratitude envers la bienfaisance du Gohonzon.

Dans Devenir Bouddha en cette vie, Nichiren Daishônin écrit :

"Réciter le nom du Bouddha, lire les rouleaux du sutra, disposer des fleurs et même prendre une pincée d'encens, toutes ces actions sont les racines bénéfiques des œuvres et vertus contenues dans notre Une pensée".

Le service au Gohonzon se transforme en racines bénéfiques de nos œuvres et vertus. Aussi, doit-il être effectué chaque jour avec le Gongyô.

 

horizontal rule

Les rites de la Nichiren Shôshû (3)


L’entrée dans la foi

Nettoyer les offenses au Dharma

Lorsqu’on prend la foi dans la Nichiren Shôshû, il convient de se débarrasser des objets de cultes, statues de Bouddha et autres amulettes des autres religions en notre possession. Ce rite s’appelle « nettoyer les offenses au Dharma », hôbô barai (謗法払い) en japonais.

La raison pour laquelle le nettoyage des offenses au Dharma doit être effectué est que les objets de cultes des autres religions, outre n’avoir aucune capacité à sauver les êtres, ont la fonction démoniaque de perturber la pratique du bon Dharma et de mener au malheur. Si l’on pratique en mêlant des religions erronées au bon Dharma, on efface les œuvres et vertus de ce dernier et accumule les fautes karmiques.

A ce sujet, Nichiren Daishônin écrivait :

"Certains pratiquants du Sutra du Lotus récitent parfois Nam Myôhôrengekyô et parfois Namu Amida Butsu. C’est comme mêler des excréments ou du sable et des cailloux à la nourriture" (Lettre à Akimoto).

Il écrivait également :

Combien même vous avez foi dans le Sutra de la fleur du Dharma, si vous commettez l’offense au Dharma, vous tomberez irrémédiablement en enfer" (Réponse à Messire Soya).

Même en gardant le bon Dharma, la présence, même infime, de l’offense au Dharma efface non seulement les œuvres et vertus, elle fait en outre tomber en enfer.

Le grand bienfait de devenir Bouddha est possible à partir du moment où l’on ne mêle aucune autre pratique au Dharma de la Nichiren Shôshû et que l’on a une foi pure et absolue dans le Gohonzon.

La remise du précepte (Gojukai – 御授戒)

Après avoir effectué le nettoyage des offenses au Dharma, le nouveau pratiquant reçoit le précepte dans un temple de la Nichiren Shôshû. Du point de vue du nouveau pratiquant, ce dernier « reçoit le précepte ». Du point de vue du moine dirigeant cette cérémonie, celui-ci « remet » le précepte.

La remise du précepte dans notre école est un rite suprême à travers lequel on promet et s’engage à abandonner toutes les offenses au Dharma, à croire en l’enseignement de Nichiren Daishônin, à recevoir et pratiquer le Gohonzon des trois grands Dharmas ésotériques. Le récipiendaire se rend au temple où, devant le Gohonzon, après avoir lu le sutra et récité le Daimoku, il reçoit les phrases du précepte, auxquelles il répond par la promesse de garder le bon Dharma au cours des deux phases du présent et du futur.

Dans le Traité sur l’enseignement, la pratique et l’attestation, Nichiren Daishônin écrit :

"Myôhôrengekyô, cœur essentiel de la doctrine originelle du sutra de la fleur du Dharma représente les œuvres et vertus de l’infinité des pratiques et infinité de bonnes actions des Bouddha des trois phase enfermées dans cinq caractères. Dès lors, les œuvres et vertus de l’infinité des préceptes ne sont-elles pas non plus enfermées dans ces cinq caractères ? Or, après avoir reçu une fois ce précepte merveilleux, même si le pratiquant cherche à le rejeter, il ne peut le détruire. C’est ce que l’on nomme le précepte du calice de diamant".

Recevoir et garder le Dharma merveilleux permet, d’obtenir instantanément l’infinité des œuvres et vertus obtenues par le biais de longues ascèses par tous les Bouddha au cours des trois phases du passé, du présent et du futur.

En outre, une fois reçu, le précepte de Myôhôrengekyô, appelé « le précepte du calice de diamant », est éternellement indestructible et demeure continuellement dans la vie de celui qui l’a reçu. Aussi, même s’il arrête la pratique et tombe dans les mauvaises voies, grâce aux œuvres et vertus du précepte, il nouera de nouveau le lien avec le Dharma merveilleux et réalisera la bouddhéité.

Au moment de la remise du précepte, le nouveau pratiquant possède déjà un juzu et un livret de pratique. Le juzu est un "ustensile du Dharma" dont la fonction et de nous faire progresser dans l’ascèse de la foi. Il est enseigné que l’on doit toujours avoir sur soi le juzu et le traiter comme on le ferait du Bouddha. Nous devons également toujours lire le sutra lors de la pratique, de manière à prononcer sans erreur le sutra doté d’une profonde signification.

Cérémonie de recommandation au précepte (Kankai shiki – 勧誡戒)

Lorsque des personnes ayant pris la foi dans la Nichiren Shôshû ont abandonné par la suite cette pratique, mais souhaitent pratiquer de nouveaux, elles reçoivent alors la « recommandation au précepte », dans un temple de notre école.

Lors de la cérémonie de Kankai, elles promettent de ne plus commettre d’offenses au Dharma et de progresser avec dévotion dans la foi et la pratique.

Remise du Gohonzon

Le Gohonzon est l’objet de notre foi et de notre pratique. Il est la source des œuvres et vertus, il est indispensable à la réalisation de la bouddhéité.

Le Gohonzon est remis au pratiquant ultérieurement à la remise du précepte, au moment où la personne concernée est apte à le protéger et à l’enchâsser.

Nichiren Daishônin écrivait :

"Je l’ai inscrit en teintant de ma vie intérieure l’encre sumi. Il faut y croire".

Ainsi, le Gohonzon est la vie intérieure, la substance du Bouddha originel Nichiren Daishônin. Pour cette raison, enchâsser le Gohonzon est revient à accueillir chez soi Nichiren Daishônin lui-même. Il convient donc de le servir avec toute notre sincérité.

Lors de l’enchâssement du Gohonzon, le moine dirige la « cérémonie d’entrée du Bouddha ». Lorsque le moine ne peut se déplacer lui-même, il délègue un membre du Hokkekô qui officiera à sa place, selon ses directives.

Autant que faire se peut, le butsudan doit être installé à la meilleure place de la maison et de manière à ce que le Gohonzon soit situé légèrement au dessus de nos yeux lorsqu’on pratique le Gongyô.

On ne pose pas d’objets ou de photos au dessus du butsudan et son environnement doit être toujours bien rangé et propre.

Ayant reçu et gardant le Gohonzon, objet suprême de vénération, il convient de progresser dans l’ascèse de la foi, avec l’esprit de gratitude envers sa bienfaisance et en ayant conscience de notre chance.