LE BOUDDHISME DE L'ECOLE FUJI |
Dernière mise à jour le 04/01/2010 10:04
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Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs. Je vous remercie de votre participation nombreuse à l’occasion de cette première session des cours d’été du Hokkekô. Les connaissances et expériences acquises par le biais de ces cours d’été constitueront, j’en suis certain, une grande force pour votre foi. En ce sens, je souhaite que chacun s’implique sérieusement dans les cours d’été et, puisque nous ne débutons encore que la première session, je vous demanderai d’inciter les membres de votre Hokkekô n’ayant pas encore émis leur demande de participation à le faire. Succédant au Souverain du Dharma Nikken Shônin, je suis venu m’installer au temple principal le 16 décembre dernier. A présent, à peine six mois se sont écoulés depuis les cérémonies de transfert de charge. Personnellement, au moment de mon entrée au temple principal, j’ai été quelque peu désorienté à de nombreux titres. Toutefois, je me suis progressivement habitué aux divers rituels et horaires. C’est dans ces conditions qu’aujourd’hui, je donne mon premier cours. J’ai choisi comme thème : « shakubuku ». Un texte vous a été remis, dans lequel sont cités les passages clés concernant shakubuku. Je voudrais que nous les étudiions ensemble. A présent, la chose que doit réaliser la Nichiren Shôshû, dans l’unité de ses moines et pratiquants, est la mission conférée par Nikken Shônin : le "doublement du nombre des jaillis de terre" et le "grand rassemblement". Shakubuku est l’élément indispensable à la réalisation de cette mission. En effet, le doublement du nombre des pratiquants « jaillis de terre » est impossible à réaliser sans l’action de shakubuku. En effet, shakubuku est la condition sine qua non pour réaliser cet objectif. Il en va de même en ce qui concerne le grand rassemblement. Un grand rassemblement sans shakubuku préalable ne serait qu’un événement pour "faire du nombre". Il faut dès lors savoir qu’une telle attitude viendrait à l’encontre de l’intention de Nikken Shônin. Cette année a été nommée : « année de la mise en action ». Mise en action implique une décision suivie d’une action. Quel genre d’actions convient-il de mettre en œuvre, si ce n’est le combat pour la vaste propagation et, ainsi, progresser vers la réalisation de notre mission pour l’an 2009. Les thèmes principaux de cette mission, je vous le rappelle, sont le "doublement du nombre des jaillis de terre" et le "grand rassemblement", autrement dit : shakubuku. Il m’est donc apparu judicieux de parler cette année sur la base des phrases clés sur shakubuku. Si vous ouvrez le document qui vous a été distribué, vous lisez en titre du texte : Sutra du Lotus. J’ai cité ici les enseignements concernant shakubuku existant dans le Sutra du Lotus. Ouvrez à présent la page 3. Vous lisez : Gosho. Je vais parler de shakubuku sur la base des écrits de Nichiren Daishônin (le Gosho) mais, avant cela, j’expliquerai de quelle manière le Sutra du Lotus prêche shakubuku. Vous savez que le Sutra du Lotus fut enseigné par le vénéré Shakya comme but ultime de sa venue en ce monde. Dès lors, le sermon du Sutra du Lotus, long de huit années, représente véritablement l’aspect le plus important. Les autres enseignements délivrés par le Bouddha pendant quarante-deux ans, antérieurement au Sutra du Lotus, sont tous des moyens salvifiques et des enseignements provisoires. L’esprit du Sutra du Lotus est défini dans le Tendai : "La fleur du Dharma réfute les principes des portes provisoires par shakubuku"[1] Les "portes provisoires" désignent les doctrines provisoires, c’est-à-dire les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus. En d’autres termes, l’esprit du Sutra du Lotus, la pensée du Sutra du Lotus résident dans shakubuku. Ce dernier est un acte de rigueur et de compassion effectué dans le but de sauver tous les êtres, de rendre heureux toute l’humanité. De ce point de vue, l’esprit du Sutra du Lotus est le salut de tout et de tous. Tel est l’esprit du Sutra du Lotus et le but ultime de la venue en ce monde du Bouddha. En effet, le but de l’apparition d’un Bouddha est le salut de tous les êtres. Un Bouddha n’apparaît pas en effet en ce monde par souci d’autosatisfaction. Ouvrir, montrer, éveiller et faire pénétrer constituent les quatre savoirs et visions de l’Eveillé[2]. Un Bouddha apparaît en ce monde pour sauver tous les êtres, en y consacrant toute sa vie. Finalement, la signification actuelle de sauver les êtres est shakubuku. Aussi, l’esprit du Sutra du Lotus est parfaitement identique à la vie du Bouddha tentant cette démarche. C’est la raison de l’expression : "La fleur du Dharma réfute les principes des portes provisoires par shakubuku". Forts de la compréhension du but de la venue en ce monde du Bouddha, nous allons à présent étudier chaque phrase clé. La première citation est extraite du : Chapitre 10 « Maîtres du Dharma ». Ce chapitre révèle les œuvres et vertus inhérentes à la diffusion du Sutra du Lotus. Il traite de principes que vous connaissez : "les cinq maîtres du Dharma[3]", "les trois prêches du passé, du présent et du futur"[4], ou bien encore "les trois archétypes de l’habit, du siège et de la chambre"[5]. Nous lisons également : Fils de bien, filles de bien, après mon passage en extinction, (celui qui) prêche ne serait-ce qu’un verset du Sutra de la Fleur du Dharma, en secret, à une personne… Les "fils de bien" et les "femmes de bien" sont les hommes et les femmes laïcs ayant la foi dans le Dharma. Le Bouddha qualifie de la sorte les hommes et les femmes ayant la foi dans le bon Dharma. Il dit ensuite que celui qui " prêche ne serait-ce qu’un verset du Sutra de la Fleur du Dharma, en secret, à une personne", autrement dit qui fait shakubuku : Sachez le, cette personne est véritablement le messager de l’Ainsi-venant… Le messager de l’Ainsi-venant est son représentant, agissant comme le ferait le Bouddha. Le "messager de l’Ainsi-venant" a véritablement intégré le cœur du Bouddha et effectue les actes du bouddha. Il est également : L’envoyé de l’Ainsi-venant, faisant l’œuvre de l’Ainsi-venant "Messager" et "envoyé" sont des synonymes. Dans tous les cas, cette personne est missionnée par l’Ainsi-venant pour réaliser son œuvre. L’œuvre du Bouddha désigne toutes les actions effectuées par ce dernier pour faire obtenir des bienfaits aux êtres. La contrepartie de "l’œuvre" (j. ji -事) est le "principe" (j. ri - 理). On dit que, vis-à-vis de la pratique principielle du Tendai (j. rigyô - 理行), la pratique du Dharma de Nichiren Daishônin est appelée la pratique factuelle (j. jigyô - 事行). Ainsi, l’ascèse du Dharma de Nichiren Daishônin réside dans "l’œuvre". Aussi, les pratiques enseignées par le Bouddha, pour faire obtenir des bienfaits aux êtres, ne se limitent pas à la théorie, mais doivent être concrètement réalisées, de manière à constituer véritablement "l’œuvre de l’Ainsi-venant". A plus forte raison, si, au sein de la multitude, il le prêche largement aux gens. Dans la phrase précédente, le sutra évoquait le fait de prêcher "en secret à une personne, ne serait-ce qu’un verset", affirmant par là que même cet acte modeste est la source de grandes œuvres et vertus. A présent, il poursuit en disant qu’à plus forte raison, les œuvres et vertus sont encore plus grandes pour celui qui prêche largement le Sutra du Lotus à une multitude de personnes. Shakubuku est véritablement faire l’œuvre du Bouddha en tant qu’envoyé, messager du Bouddha. Aussi, tous ceux qui pratiquent shakubuku sont les messagers du Bouddha. Le Bouddha est mort, montrant alors l’aspect de l’extinction sans s’éteindre. Respecter les dernières volontés du Bouddha et faire à sa place ce qu’il ferait dans le même cas est source de grandes œuvres et vertus. S’opposer aux dernières volontés du Bouddha et faire le contraire de ce qu’il a dit ne permet pas d’obtenir des œuvres et vertus. En conséquence, par sa similitude à l’attitude du boudddha, l’acte de shakubuku engendre infailliblement des bienfaits. Vient ensuite une nouvelle phrase du chapitre des « Maîtres du Dharma ». S’il est des fils de bien, des filles de bien qui, après l’extinction de l’Ainsi-venant, désirent prêcher ce Sutra de la Fleur du Dharma pour les quatre sortes d’êtres, comment devront-ils le faire ? Les quatre sortes d’êtres sont les moines[6], les nonnes[7], les pieux laïques[8] et les pieuses laïques[9]. Comment faire pour prêcher le Dharma à ces quatre catégories d’êtres ? Fils de bien, filles de bien, ils devront prêcher largement ce sutra aux quatre formes d’êtres en entrant dans la chambre de l’Ainsi-venant, s’habillant du vêtement de l’Ainsi-venant et se plaçant sur le siège de l’Ainsi-venant. Là apparaissent les trois archétypes : le vêtement, le siège et la chambre de l’Ainsi-venant. Dit simplement, ces archétypes sont des modèles. Il explique ensuite ce que sont ces trois archétypes : La chambre de l’Ainsi-venant, c’est l’esprit de grande rigueur et compassion envers l’intégralité des êtres. Pénétrer dans "la chambre de l’Ainsi-venant" s’est éveiller en soi la rigueur et la compassion. C’est éveiller, au sein de sa propre vie, l’esprit de grande rigueur et compassion désirant sauver tous les êtres. Cet élément est extrêmement important dans la notion de shakubuku. En effet, sans le sentiment de véritablement vouloir sauver son interlocuteur, notre vie ne peut pas communiquer avec lui. Aussi, convient-il d’avoir l’esprit de rigueur et compassion, manifesté par des pensées telles que : "je veux absolument le sauver" ou "il faut absolument que je fasse quelque chose pour l’extirper de son malheur". C’est pourquoi, par la métaphore de "la chambre de l’Ainsi-venant", le Bouddha désigne cet esprit de grande rigueur et compassion. Ensuite : Le vêtement de l’Ainsi-venant, c’est l’esprit de souplesse et de patience. La "souplesse", c’est garder le bon Dharma avec un esprit docile. Quant à la "patience", elle permet de n’être ébranlé par aucune vexation, persécution ou diffamation. C’est également surmonter toutes les adversités. Pour obtenir ces capacités, il faut "s’habiller du vêtement de l’Ainsi-venant". Pour cette raison, même s’il est normal de faire l’objet de médisances et d’être critiqué en pratiquant shakubuku, il ne faut pas être pris par la crainte et se laisser détruire ou effrayer. Quoi qu’il arrive, une attitude courageuse est nécessaire pour surmonter ces critiques. Enfin : Le siège de l’Ainsi-venant, c’est la vacuité de tous les dharmas Plus simplement, "prendre place sur le siège de la vacuité" signifie se détacher de l’infinité des mauvaises passions. En fait, diffuser l’enseignement de Nichiren Daishônin, sans s’attacher à rien, revient à posséder l’esprit de "la vacuité de tous les dharmas". Précisons un peu plus concrètement ce développement à l’aide de la Transmission orale de la doctrine : "En ce qui concerne le siège, pratiquer l’ascèse de ne pas ménager sa vie ni son corps, c’est prendre place sur le siège de la vacuité". Finalement, le sens pour Nichiren de vacuité de tous les dharmas, c’est l’esprit de faire shakubuku sans ménager sa vie. Dès lors, lorsqu’on pratique shakubuku, cette action implique d’abord d’acquérir l’esprit de rigueur et de compassion. C’est ensuite d’être doté d’une foi assez forte, pour pouvoir supporter toutes les critiques, diffamations et autres persécutions. Enfin, c’est avoir le courage de ne pas ménager sa vie. En conclusion, il convient d’aborder la pratique de shakubuku forts de ces trois éléments. Une fois qu’ils demeureront sereinement (dans ces trois archétypes), ils devront alors prêcher largement ce Sutra de la Fleur du Dharma aux bodhisattvas et aux quatre formes d’êtres, avec un esprit dénué de négligence. Ainsi s’exprime le Bouddha. Aussi, lorsqu’on se trouve dans des difficultés pour faire shakubuku, il est alors nécessaire de considérer encore une fois, "les trois archétypes du vêtement, du siège et de la chambre". Avions-nous suffisamment de courage ? Avions-nous véritablement le désir de sauver l’autre ? Avions-nous l’esprit de ne pas nous arrêter en cours de route et de supporter toutes les critiques et les diffamations ? Après un tel examen de conscience, nous découvrirons certainement en nous la cause de notre revers dans l’action de shakubuku. En conséquence, "les trois archétypes du vêtement, du siège et de la chambre" représentent la méthode pour propager le Dharma. C’est le modèle pour faire shakubuku. Si vous avez sans cesse ces trois principes à l’esprit, alors, infailliblement, vous saurez réaliser shakubuku. Chapitre 18 Œuvres et vertus de la joie conséquente Ce chapitre, comme vous le savez, expose la joie conséquente de la propagation continue jusqu'à la cinquantième personne[10]. Ô Invincible, considère bien cela ! Invincible[11] est un des noms du bodhisattva Maitreya. Tels sont les œuvres et vertus de celui qui exhorte un seul homme et lui fait écouter le Dharma. Les fantastiques œuvres et vertus inhérentes au Sutra du Lotus sont en fait énumérées juste avant ce passage. Je vais les résumer succinctement. Le sutra expose en substance : "les œuvres et vertus de celui qui aura entendu le Sutra de la Fleur du Dharma se révèleront en capacités aiguës et en jaillissement de sagesse. Ainsi, il ne lui arrivera jamais de perdre la voix. Il n’aura pas une mauvaise haleine. Il n’aura jamais de maladies linguales ni buccales. Ses dents ne deviendront jamais noires ou jaunes, ni ne tomberont. Ses lèvres ne seront ni pendantes ni serrées, ni épaisses ni grandes. Son nez ne sera pas tordu et ne sera pas long". Il ajoute ensuite : "un tel homme naîtra immanquablement dans un lieu propice". On comprend donc, à travers ces explications, quelles sont les œuvres et vertus de celui qui expose le Dharma, ne serait-ce qu’à une seule personne : elles sont synthétisées dans l’expression : "telles sont les œuvres et vertus". Nous lisons ensuite : Qu’en est-il, alors, pour celui qui, de tout son cœur l’écoute, le prêche, le lit et le récite et qui, parmi les êtres, le détaille pour autrui et le pratique tel qu’il est prêché ? Ainsi, d’immenses œuvres et vertus pénètrent celui qui prêche le Dharma à une seule personne. A plus forte raison, les œuvres et vertus sont incommensurables pour celui qui le prêche à la multitude. Le Sutra enseigne donc que les œuvres et vertus inhérentes à la pratique de shakubuku sont véritablement immenses. Lorsque nous faisons shakubuku, nous pouvons effacer les obstacles dus à nos crimes[12] passés depuis de très lointains éons. L’exemple du bodhisattva Sans mépris[13] est significatif à ce propos. Nous, êtres de la Fin du Dharma, ne possédons pas le bien à l’origine. Aussi, portons-nous sur les épaules divers obstacles liés à nos crimes commis dans les vies passées. Toutefois, l’intégralité de ces fautes et de ces obstacles peut être effacée par le seul biais de la pratique de shakubuku. Le Sutra du Lotus enseigne que, grâce aux persécutions et difficultés subies en raison de notre pratique de shakubuku, notre foi se fortifie et nos pouvons en même temps effacer nos fautes et obstacles. Nous devons véritablement comprendre le sens de cette affirmation. Ensuite : Chapitre 23 Récit du bodhisattva Roi des remèdes Ce chapitre contient la célèbre phrase : "Dans la dernière période de cinq cents ans, tu le propageras largement dans le Janbudvipa, sans permettre son interruption". Ainsi, le temps où la vaste propagation sera immanquablement réalisée est prêché dans le Sutra du Lotus. Or, sans nos efforts personnels, la vaste propagation ne peut se réaliser à l’avenir. Dès lors, même si l’avènement indubitable de celle-ci est prédit dans le sutra, si nous ne sommes pas capables de nous efforcer dans la pratique de shakubuku, ce moment sera alors reporté, encore et encore, dans une avenir lointain. Aussi, l’état d’esprit de vouloir réaliser le vaste propagation au cours même de notre génération est respectable. Citons à présent le chapitre « Roi des remèdes ». Fils de bien, tu as été capable, au sein du Dharma de l’Eveillé Shakyamuni de recevoir et garder ce sutra, de le lire et de le réciter, d’y réfléchir et de le prêcher à d’autres. La bonne fortune et les mérites ainsi obtenus sont incommensurables et infinis. Le sutra "reçu et gardé" est le Sutra du Lotus. "Lire et réciter" c’est le prononcer en le lisant ou en le récitant par cœur. "Y réfléchir" c’est concentrer son esprit et, calmement méditer sur le sutra et, également, penser de tout son cœur au Bouddha et souhaiter le salut d’autrui. "Le prêcher aux autres" c’est enseigner le Dharma à autrui. "La bonne fortune et les mérites", c’est-à-dire les œuvres et vertus obtenues sont incalculables. De plus : Elles ne peuvent pas être brûlées par le feu ni emportées par les eaux. Conformément au principe de la non dualité du principal et de son support, les œuvres et vertus du Sutra du Lotus, c'est-à-dire les œuvres et vertus du Dharma merveilleux, mettent en mouvement les forces naturelles et, dès lors, ces œuvres et vertus sont tellement immenses que le feu ne peut les consumer, ni l’eau les emporter. Ce passage signifie que les divinités bénéfiques se manifestent donc immanquablement. Même si mille Bouddhas expliquaient ces œuvres et vertus, ils ne pourraient y parvenir complètement. Les œuvres et vertus et les bienfaits sont si immenses que même mille Bouddhas ne parviendraient à venir à bout de leur explication. Telles sont les passages clés à retenir au sein du Sutra du Lotus concernant shakubuku. Nous allons à présent étudier les passages du Gosho concernant shakubuku. Pour commencer, je cite La Porte du Dharma d’Une pensée trois mille. « La Porte du Dharma d’Une pensée trois mille[14] » Lorsque l’on récite Myôhôrengekyô, l’Ainsi-venant de la nature de notre cœur se révèle alors. "L’Ainsi-venant de la nature de notre cœur" signifie que le cœur de l’Eveillé est présent originellement dans le cœur des êtres. En d‘autres termes, il s’agit de la nature du Bouddha. Cette phrase signifie que la récitation de Myôhôrengekyô permet, entre le Gohonzon et nous, la fusion parfaite de l’objet et de la sagesse[15] et la rencontre sur la voie, de la sensibilité et de la réceptivité[16]. La "sensibilité" désigne la prédisposition des êtres et la "réceptivité" désigne la réponse faite aux êtres par le Bouddha. En fait, on se croise sur une même route et le monde du Bouddha apparaît en notre vie. Lorsque nous récitons Nam Myôhôrengekyô, la nature du Bouddha, latente jusqu’alors, se manifeste infailliblement. Ceux qui l’entendent voient s’effacer leurs crimes commis pendant une infinité d’éons incalculables " Une infinité d’éons incalculables" : un éon (s. kalpa) est une durée de temps extrêmement longue[17]. Tous les crimes commis au cours d’une infinité d’éons incalculables sont effacés lorsque nous entendons Myôhôrengekyô. Lorsque, même notre une pensée se réjouit en conséquence, c’est devenir Bouddha dès ce corps. A plus forte raison si nous récitons le Dharma merveilleux et que la joie conséquente[18] est éveillée en notre "une pensée", alors, véritablement, nous sommes sur la voie de devenir Bouddha dès ce corps. Ce qui suit est important/ Par exemple, même sans y croire, cet acte devient graine, qui mûrit. Grâce à cette attitude, infailliblement, on devient Bouddha. Ce passage décrit les œuvres et vertus d’entendre le dharma. Elles consistent à devenir Bouddha, même sans la foi. Par exemple il survient, lorsque nous faisons shakubuku, que notre interlocuteur se bouche les oreilles, ne voulant pas entendre nos propos. Toutefois, le fait de simplement parler permet de planter la graine du Dharma merveilleux dans le champ spirituel de l’autre. On effectue ainsi l’ensemencement par le biais des oreilles. Le fait de faire entendre le Dharma merveilleux deviendra un jour graine, qui mûrira pour devenir bouddhéité. Lorsque nous faisons shakubuku et que notre interlocuteur ne veut pas entendre nos propos, nous avons tendance à penser qu’il ne viendra jamais à la pratique. Or, en fait, il n’en n’est rien. Puisqu’il y a ensemencement par l’écoute du Dharma, faire entendre celui-ci, constituera immanquablement la graine. Dès lors, il convient d’enseigner sérieusement le Dharma, sans tenir compte si l’autre écoute ou non. Or, dans ce cas, nous arrêtons souvent shakubuku en cours de route, de manière arbitraire, incapable de comprendre le véritable sentiment de notre interlocuteur. Parfois, même, certains pensent que c’est l’interlocuteur qui ne comprend rien. Telle n’est pas l’attitude normale. Nichiren Daishônin dit bien : "Par exemple, même sans y croire, cela devient graine, qui mûrit. Grâce à cette attitude, infailliblement, on devient Bouddha". Notre responsabilité est donc de planter le Dharma merveilleux dans le champ spirituel du plus grand nombre. Faire entendre le Dharma merveilleux est important. Le grand maître Miaole disait : « qu’on l’accepte ou qu’on le rejette, Ceux qui "l’acceptent" sont les personnes au lien direct, dont l’écoute est pure. Ceux qui "le rejettent" sont les personnes au lien contraire, qui ne veulent rien entendre de ce qu’on leur dit. Cette approche devient la condition, par l’intermédiaire des oreilles. Que l’on s’y conforme ou que l’on s’en détourne, finalement, c’est de toute manière la cause de la récolte ». Ainsi, que l’interlocuteur écoute ou non, lui permettre d’entendre constitue le lien. Que ce lien soit direct ou contraire, il deviendra immanquablement Bouddha. "C’est la cause de la récolte" signifie devenir Bouddha. Pour cette raison, "si vous en avez la capacité, enseignez ne serait-ce qu’une phrase, un mot" et, quoi qu’il en soit, enseigner le Dharma merveilleux. Ne nous manque-t-il pas ces éléments de réflexion dans notre shakubuku habituel ? Je souhaite donc que vous relisiez ces paroles de Nichiren Daishônin et nouiez le lien avec le plus possible de personnes par l’ensemencement, car l’important est d’effectuer l’ensemencement au plus grand nombre. Moi, Nichiren, dis que la formule “qu’on l’accepte ou qu’on le rejette, que l’on s’y conforme ou que l’on s’en détourne” exprime des paroles que l’on doit graver dans son cœur. Telle est l’appréciation de Nichiren Daishônin sur les paroles du grand maître Miaole. Le Sutra du Lotus enseigne cela par : « s’il en est qui entendent le Dharma ». "S’il en est qui entendent le Dharma" (Nyaku u monbô sha - 若有聞法者) est une expression extraite du chapitre « Moyens ». La phrase entière est : "S’il en est qui entendent le Dharma, il n’en est pas un qui ne deviendra Bouddha". Il est dit « ceux qui ont entendu ». Si l’on devenait Bouddha uniquement par la contemplation du cœur, il serait dit : « ceux qui contemplent le Dharma ». Ce passage signifie bien qu’il ne suffit pas simplement de voir le Dharma, encore faut-il l’entendre. Tant qu’autrui regarde distraitement notre attitude en tant que pratiquant, celle-ci ne représente pas shakubuku. Vous avez certainement autour de vous des personnes ayant connaissance que vous pratiquez la Nichiren Shôshû : membres de votre famille, amis ou connaissances, ou même voisins, non pratiquants. Il ne suffit pas de leur montrer simplement votre aspect en tant que pratiquant. Il est en effet important de leur permettre d’entendre, avec leurs oreilles, le Dharma merveilleux. Les œuvres et vertus inhérentes au fait d’entendre le Dharma sont immenses. Par contre, le regarder simplement ne génère aucun bienfait. Pour cette raison, Nichiren Daishônin écrit : "si l’on devenait Bouddha uniquement par la contemplation du cœur, il serait dit : « ceux qui contemplent le Dharma »". Aussi, est-il très important de faire entendre le Dharma. Dans l’idée de Zhiyi, les dix ainsi sont les dix mondes. L’idée d’identité des dix mondes et des dix ainsi est reprise dans les Notes prises lors des cours[19]. Il est écrit : "ainsi, les dix ainsi sont les dix mondes ; les dix mondes sont identiques aux dix ainsi. Les dix ainsi sont un autre nom du Sutra du Lotus". On en trouve également mention dans la Transmission orale de la doctrine[20] : "chacun des dix mondes étant les dix ainsi de l’éveil originel, les enfers comme le monde du Bouddha ont dès lors une ainsité unique et devenir Bouddha est déterminé". C’est en ce sens que Nichiren Daishônin cite le grand maître du Tendai. Ces dix mondes proviennent de "Une pensée", les êtres des dix mondes aussi. Ces dix ainsi sont insérés dans le Sutra du Lotus. Du point de vue du principe de Une pensée trois mille (j. ichinen sanzen - 一念三千), les dix mondes sont générés par Une pensée. Ces dix catégories d’états de vie, autrement dit la manifestation des dix mondes, résultent de la différence entre l’éveil ou l’illusion de chacune de ces Une pensée. Le véritable aspect de ces dharmas n’est autre que Myôhôrengekyô. Dès lors, quel que soit l’état de vie de notre interlocuteur, celui-ci peut devenir Bouddha si nous lui faisons entendre Myôhôrengekyô. Ce monde de l’endurance est le pays où l’on obtient la voie par la racine de l’ouïe. Ainsi, nous vivons dans un monde où l’on devient Bouddha en entendant le Dharma merveilleux. Dès lors, lors de la pratique de shakubuku, même s’il y a opposition de la part de notre interlocuteur, il est important de lui faire parvenir aux oreilles que la véritable félicité ne peut être obtenue sans le Dharma de Nichiren Daishônin. Une démarche différente ne permettrait plus "d’obtenir la voie par la racine de l’ouïe[21]". C’est comme si l’on possédait un remède composé de cent, de mille (ingrédients). Si on ne le boit pas, il ne peut soulager la maladie. Même en possédant un trésor dans son grenier, en ne sachant pas en ouvrir la porte, on meurt de faim. C’est comme si l’on possédait dans sa poche un remède mais que, faute de connaître sa posologie, on choisisse de ne pas le prendre et de mourir. Fut-il nécessaire de le préciser, ce passage souligne l’importance de la pratique. Le Dharma de Nichiren Daishônin est un enseignement devant être pratiqué. Il implique d’être pratiqué concrètement. Les enseignements antérieurs et éphémères étaient théoriques. C’était alors le temps de la pratique théorique du Daimoku. Dans la période de la Fin du Dharma, cette pratique ne mène plus à la bouddhéité. Notre religion est par conséquent le monde de l’expérience de la pratique. Il est dès lors important de pratiquer shakubuku tel que le préconise Nichiren Daishônin. Comme je l’ai déjà dit, l’esprit de "si vous en avez la capacité, enseignez ne serait-ce qu’un mot, une phrase" est important lorsqu’on fait shakubuku. L’essentiel de ce sutra réside principalement dans l’écoute[22]. Là encore, il s’agit de "l’écoute". Ce sutra ne discrimine ni les mauvais hommes, ni les femmes, ni les deux véhicules ni les icchantika. "Ne discrimine" signifie que le Sutra du Lotus n’établit pas de différences entre mauvais homme, femme, deux véhicules ou icchantika[23]. Pour cette raison, il représente vraiment la voie de la bouddhéité pour tous. Ici, Nichiren Daishônin fait référence au chapitre « Moyens », dans lequel il est dit : "(s’ils) proclament une fois prendre refuge dans l’Eveillé, tous ont obtenu la voie d’Eveillé"[24]. La faculté d’ouvrir la possibilité que tous les êtres deviennent Bouddha est la particularité la plus extraordinaire du Sutra du Lotus. Toutefois, ce principe n’est possible que si les êtres l’entendent, donc si quelqu’un le leur fait entendre. Pour cette raison encore, on qualifie ce sutra de grande sagesse égalitaire. La "grande sagesse égalitaire" est l’immense sagesse du Bouddha faisant obtenir de manière égale, des bienfaits à tous. Ainsi, que l’on soit mauvais homme, femme, adepte des deux véhicules ou icchantika, le Bouddha fait obtenir l’éveil à tous, sans distinction, de manière égale. Entendre la non dualité du bien et du mal, l’ainsité de l’hérésie et de la rectitude fait qu’un jour, enfin, on atteste intérieurement de la réalisation de la bouddhéité. "La non dualité du bien et du mal" signifie que le bien et le mal forment un tout inséparable. Tous les phénomènes étant la substance de la présence mutuelle des dix mondes, d’une pensée trois mille, tous possèdent donc les deux aspects du bien et du mal. Ensuite, "l’ainsité de l’hérésie et de la rectitude" signifie qu’à l’origine, l’hérésie comme la rectitude sont non duelles. Aussi, lorsqu’on entend que le bien et le mal sont en non dualité et que l’hérésie et la rectitude sont une ainsité unique, "l’attestation intérieure de la réalisation de la bouddhéité" se produit alors, car, à ce moment, les êtres s’éveillent dans leur cœur au principe véritable et deviennent Bouddha. En un sens, ce processus est synonyme de devenir Bouddha dès ce corps. Le principe de l’éveil dès ce corps[25] est établi dans le chapitre « Daibadatta » du Sutra du Lotus, dans lequel la fille dragon, âgée de huit ans, devient Bouddha sans changer d’apparence. Nichiren Daishônin, citant les paroles de Saichô, écrit : "L’enseignant comme l’enseigné, sans attendre des éons, deviennent Bouddha dès ce corps grâce aux pouvoirs du Sutra du Dharma merveilleux". (Réponse à Dame Myô-ichi – 妙一女御返事) Ces œuvres et vertus sont présentes dans Myôhôrengekyô. Pour cette raison, on dit « devenir Bouddha dès ce corps ». Obtenant cette attestation en une vie, on évoque alors l’éveil merveilleux en une vie. "L’éveil merveilleux en une vie" est synonyme de "devenir Bouddha en une vie". L’enseignement de Nichiren Daishônin possède l’importante signification de l’accès pour tous à l’obtention de la bouddhéité en s’éveillant au Dharma merveilleux du passé hors du temps. C’est pourquoi, ici, il utilise l’expression "éveil merveilleux en une vie". Ainsi, "la voie de la bouddhéité pour tous", "la grande sagesse égalitaire", tout comme "l’attestation intérieure de la réalisation de la bouddhéité", "Devenir Bouddha dès ce corps" et "l’éveil merveilleux en une vie" sont tous des grandes œuvres et vertus inhérentes à l’écoute du Dharma merveilleux. Même ignorant la doctrine, celui qui récite réjouit les Eveillés et seulement les Eveillés. Il est bien dit : « provoquera mon allégresse et celle des Eveillés ». "Provoquera mon allégresse et celle des Eveillés" est une expression extraite du chapitre « Vision du stupa précieux » du Sutra du Lotus : "Garder ce sutra est difficile. Celui qui, même brièvement, le gardera provoquera mon allégresse, comme celle de tous les Eveillés". Ainsi, entendre et garder ce Dharma réjouit également les Bouddhas. Même s’il ne connaît pas la doctrine, celui qui récite le Daimoku se parera immanquablement de ces œuvres et vertus. Ce phénomène est expliqué également dans d’autres Gosho. Penser que réciter le Daimoku sans connaître les doctrines du Sutra Myôhôrengekyô est dénué de sens, serait une erreur. Même sans connaître la doctrine, si l’on récite le Daimoku, infailliblement, nous nous doterons de ses œuvres et vertus. Dans Les quatre étapes de la foi et les cinq étapes de la pratique, Nichiren Daishônin écrit : "Qui n’a jamais absorbé les merveilleux remèdes de Jivaka en connaissance de cause[26]" ? Jivaka[27] était un médecin renommé vivant à l’époque du vénéré Shakya. Quiconque buvait une potion concoctée par Jivaka, guérissait naturellement de ses maladies. De même, un bébé boit le lait de sa mère sans se demander quels en sont les composants, ou si les substances nutritionnelles sont performantes. Ainsi, même sans en connaître la signification, si nous récitons Nam Myôhôrengekyô avec une foi indéfectible dans le Gohonzon, infailliblement, nous obtiendrons des bienfaits. Dès lors, lorsqu’un petit enfant joint ses petites mains et récite Nam Myôhôrengekyô avec ses parents, là résident en fait de magnifiques œuvres et vertus. A partir de là, si de tels enfants se regroupent nombreux, tous les problèmes anormaux surgissant aujourd’hui à travers le monde ne se produiront plus. Si l’on plante fermement le Daimoku dans le champ de leur cœur, alors, les multiples problèmes se manifestant au Japon et dans chaque partie du monde, à commencer par la guerre, trouveront tous une solution Tel est l’esprit de "la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude". Par conséquent, même dans le processus habituel de l’éducation des enfants, il est important de les amener à faire le Gongyô et à réciter le Daimoku, même s’ils n’en comprennent pas encore la signification. Avec le développement de tels enfants, le Dharma de Nichiren Daishônin sera de plus en plus prospère et la paix mondiale ne sera plus un rêve. Pour cela, je pense qu’avoir nous-mêmes une foi véritablement forte et transmettre fermement le flambeau du Dharma à nos descendants est particulièrement important. « Eclaircissement de la causalité des dix mondes de dharmas[28] »
Dans le Sutra du Lotus, il est dit : "si des hommes, dénués de foi offensent
ce sutra, (…) ils séjourneront sans cesse dans les enfers, comme s’ils flânaient
en admirant un jardin, ils seront plongés dans les autres mauvaises voies comme
si c’était leur propre demeure". "Ils séjourneront sans cesse dans les enfers, comme s’ils flânaient en admirant un jardin" signifie que les offenseurs du Dharma tombent inéluctablement en enfer, tout en ne s’apercevant pas de leur état, croyant badiner dans un palais ou une tour d’ivoire. Quant à "ils seront plongés dans les autres mauvaises voies, comme si c’était leur propre demeure", que ce soit en enfer ou dans les autres mauvaises voies, ils se sentent comme chez eux et ne font rien pour en sortir. "S’habituer" est le propre de l’être humain. Cette accoutumance est en fait un phénomène épouvantable. Si on tombe dans le malheur après avoir arrêté la pratique, tout en s’habituant à ce malheur, on ne fait alors rien pour s’en extraire. On voit souvent des personnes desquelles on se dit, d’un point de vue simplement logique : "mais pourquoi ne travaille-t-elle pas plus sérieusement" ? Pourtant, pour l’intéressé, sa situation n’a rien de particulier. Elle s’en satisfait, perdant ainsi toute ambition. Si ce genre de phénomène se produit dans le monde de la foi, c’est particulièrement grave. Même tombé dans les trois mauvaises voies, on finit par oublier sa condition et on ne fait rien pour ramper vers la sortie. Ce phénomène est en fait le résultat obtenu par les " hommes, dénués de foi offensent ce sutra". En effet, tel est le sort des offenseurs du Dharma, qui perdent le sentiment d’ambition et, véritablement, "séjourneront sans cesse dans les enfers, comme s’ils flânaient en admirant un jardin, seront plongés dans les autres mauvaises voies, comme si c’était leur propre demeure". Ils tombent dans l’état de vie terrible de se complaire dans les trois mauvaises voies. C’est pourquoi, l’offense au Dharma est particulièrement redoutable et que Nichiren Daishônin exhorte à annihiler ce processus. De plus, il poursuit son traité, écrivant : Les gens du monde savent bien que l’on tombe dans la voie des esprits affamés en raison des crimes de cupidité et de vol. Il poursuit ensuite : Or, seul un sage peut savoir que même les gens de bien, dénués de cupidité, tombent eux aussi dans la voie des esprits affamés, en raison de l’offenses au Dharma ou parce qu’ils se sont rapprochés des offenseurs du Dharma et, naturellement, ont eu foi en leurs doctrines. Il faut absolument le craindre. Dans un Gosho intitulé Révélation des offenses au Dharma, Nichiren Daishônin écrit : "Le grand enfer Avici est appelé également enfer sans intermittence. Il est situé en dessous de l’enfer des grandes chaleurs, le plus bas des enfers du monde des désirs. Il mesure quatre vingt mille yojana[29] de hauteur et de largeur. Il est ceint à l’extérieur de sept murailles de fer. Je tairai pour l’instant les souffrances subies dans cet enfer. Considérant toutes les souffrances endurées dans les sept précédents grands enfers et celles subies en d’autres lieux, les souffrances inhérentes au grand enfer sont mille fois plus intenses". On comprend que les souffrances de l’enfer sans intermittence sont sans comparaisons avec celles des sept autres enfers. Elles sont véritablement immenses. Il faut à présent se pencher sur la nature des crimes provoquant la chute dans l’enfer sans intermittence. Dans le même Gosho, Nichiren Daishônin indique : "En ce qui concerne les causes karmiques, les personnes perpétrant les cinq crimes de rébellion tombent dans cet enfer". Hormis les cinq crimes de rébellion[30], il existe par ailleurs une autre cause à la chute dans l’enfer sans intermittence : "Question : existe-t-il d’autres causes, hormis les cinq crimes de rébellion, provoquant la chute dans l’enfer sans intermittence ? Réponse : c’est le crime d’offense au bon Dharma". Nichiren Daishônin indique ici que l’offense au Dharma constitue la cause pour tomber dans l’enfer aux souffrances sans intermittence. Il précise : "Même pour les repentants, le crime d’offense au Dharma est mille fois plus lourd que les cinq crimes de rébellion. A plus forte raison, est-il difficile de dire quand les personnes ne se repentant pas sortiront du grand enfer Avici". On comprend que même avec du repentir, le crime d’offense au Dharma est infiniment plus lourd que les cinq crimes de rébellion. Or, les gens du monde ne connaissent pas le crime d’offense au bon Dharma et le commettent. Nous, qui pratiquons, savons ce qui relève ou non de l’offense au Dharma. Par contre, les autres ne le savent pas. Il faut donc leur enseigner là où ils se trompent. Cette attitude rejoint l’expression rencontrée plus haut : "obtenir la voie par la racine de l’ouïe". C’est faire entendre le Dharma merveilleux à l’autre. C’est shakubuku. Comme l’indique la phrase "même les gens de bien dénués de cupidité tombent eux aussi dans la voie des esprits affamés en raison de l’offenses au Dharma ou parce qu’ils se sont rapprochés des offenseurs du Dharma et, naturellement, ont eu foi en leurs doctrines", lorsqu’on se rapproche des offenseurs du Dharma, sans s’en rendre compte, on finit par adhérer à leurs doctrine et, en conséquence, on tombe dans la voie des esprits affamés. Or, comme "seul un sage peut le savoir", même si nous, pratiquants, le savons, les autres personnes ne le savent pas. Notre devoir est donc de les en informer. Là réside l’existence de la pratique compatissante que représente shakubuku. De même que personne ne reste sans réaction en voyant quelqu’un se noyer, nous devons sauver les personnes qui, sans le savoir, commettent des offenses au Dharma. Tel est notre travail en tant que gens du Hokkekô. Chacun doit dire à voix haute : "Ce que vous faites est une erreur", "croire la Soka Gakkai et pratiquer devant un "faux Honzon" ne procure aucun bienfait" ! Que notre interlocuteur offre de la résistance ou non, il est important de le dire. Je pense que, là, doit résider la source du courant de shakubuku. C’est ce qui doit demeurer au fondement de notre foi. Aussi, faut-il que nous en soyons bien coscient. « Sur la récitation du Daimoku de la Fleur du Dharma[31] » Dans l’ère finale, les hommes dénués du bien sont nombreux, alors que ceux qui en sont dotés sont peu nombreux. C’est pourquoi, la chute dans les mauvaises voies est indubitable. De même, il convient de prêcher et de faire entendre avec force le Sutra du Lotus et de générer la condition du tambour empoisonné. Les êtres de la Fin du Dharma sont dénués du bien à l’origine[32]. Pour cette raison, "la chute dans les mauvaises voies est indubitable". Tous, sans s’en apercevoir, accumulent les offenses au Dharma et finissent par tomber dans les mauvaises voies. Pour cette raison, "il convient de prêcher et de faire entendre avec force le Sutra du Lotus et de générer la condition du tambour empoisonné". La "condition du tambour empoisonné" est citée dans le Sutra du Nirvana. Il s’agit d’une peau d’un tambour enduite de poison. Lorsque le tambour est frappé dans la foule, le poison éclabousse et tue toutes les personnes alentours. Cette image symbolise la condition d’avoir entendu le bon Dharma, qu’on le veuille ou non, permettant d’obtenir la voie. La condition du tambour empoisonné est aussi appelée "condition contraire". Il faut donc prêcher avec force le Dharma, même si l’auditeur s’y oppose. Ainsi, lorsque le temps est de devoir créer la condition d’offense en prêchant le Sutra du Lotus, qui ne se querellerait pas ? La "condition d’offense" consiste à créer la condition par le fait de commettre des offenses au Dharma. Dans une Réponse à Messire de Ueno, Nichiren Daishônin cite une fameuse histoire d’éveil par la condition contraire. Cette histoire se passe en Inde. Une femme était extrêmement jalouse de son mari. Elle le détestait au point, un jour, de dérober le cinquième fascicule du Sutra du Lotus que son époux lisait sans cesse et de le fouler et de le déchiqueter de ses deux pieds. Plus tard, lorsque cette femme atteignit la fin de sa vie, naturellement, elle devait tomber en enfer. Or, malgré les coups de barres de fer que lui administraient les gardien de l’enfer pour l’y faire pénétrer, seuls les pieds de la femme ne parvenaient pas à franchir le seuil de l’enfer. En effet, grâce aux œuvres et vertus de la condition contraire, générés par le fait que les deux pieds avaient piétiné le Sutra du Lotus, elle ne tomba pas en enfer. Il est donc important de créer la condition contraire. Lorsque vous faites shakubuku à un membre de la Soka Gakkai, il est vraiment difficile de parler de façon calme, sans se quereller. L’autre proférant des critiques et des calomnies, shakubuku ne se fait pas dans la facilité, mais il est néanmoins important de prêcher avec force le Dharma. Même si, sur le moment, il s’oppose, le fait d’avoir noué le lien (condition) contraire fera qu’infailliblement, il deviendra Bouddha. Ainsi, "lorsque le temps est de devoir créer la condition d’offense en prêchant le Sutra du Lotus". Nichiren Daishônin nous indique que le temps est à nouer la condition contraire du tambour empoisonné. Fondamentalement, tous les êtres possèdent la nature du Bouddha. En entendant le Dharma merveilleux, la nature du Bouddha fonctionne alors en tant que nature du Bouddha. Il faut donc réveiller la nature du Bouddha latente dans la vie de l’autre, autrement dit créer la condition. Nichiren Daishônin écrit : "Bien que les trois causes de la nature du Bouddha existent, sans nouer la condition avec des amis de bien, personne ne s’y éveille, ne le sait, ni elle ne se révèle.Par contre, si l’on rencontre la condition des amis de bien, alors elle se manifeste. C’est pourquoi, on parle de condition". (Sur ce que les Bouddhas trois phases jugent bon de garder et de rejeter au sein des enseignements - 三世諸仏総勘文教相廃立) Sans la rencontre avec une condition, on ne s’éveille ni ne connaît jamais la nature du Bouddha. Nouer le lien d’une personne avec la condition du Dharma merveilleux permet à la nature du Bouddha présente à l’état latent dans sa vie de se révéler. Cette action devient la condition contraire, permettant à cette personne de devenir Bouddha. Ce principe est important. C’est en effet le "temps de créer la condition d’offense". Si l’on y réfléchit, les êtres de la Fin du Dharma ne possédant pas le bien à l’origine, il est difficile d’imaginer dire amicalement à une personne "pourquoi ne pratiquerais-tu pas", et se voir répondre d’emblée "oui d’accord". Dans ces conditions, on peut se passer de shakubuku et adopter "shôju[33]" Or, tel ne peut être le cas. En effet, dans la période de la Fin du Dharma, il est plus que tout important de pratiquer shakubuku. Comme je vous l’ai dit, "tous les êtres possèdent la nature d’Eveillé[34]". La doctrine de la présence mutuelle des dix mondes explique que tout être possède la qualité potentielle de devenir Bouddha. Forcer à entendre le bon Dharma pour réveiller la nature du Bouddha est la démarche de shakubuku. Cette pratique s’effectue comme l’enseigne le sutra, sur la base de la grande compassion de vouloir sauver l’intégralité des êtres, en tant que représentant du Bouddha. Celui qui agit ainsi est véritablement un messager du Bouddha. Sachez, Mesdames et Messieurs, que shakubuku est une ascèse vénérable sur la voie de la bouddhéité, dans laquelle sont présentes de fantastiques œuvres et vertus permettant à ceux qui la pratiquent d’effacer toutes les fautes commises depuis d’infinis éons passés. Je vous encourage à pratiquer shakubu. Le texte que vous avez entre les mains comporte encore de nombreuses références et citations. Je vous prie de les lire par vous-mêmes une fois rentrés chez vous. Si vous les lisez avec attention, vous comprendrez alors l’importance de shakubuku. Parmi les raisons pour lesquelles j’ai cité les passages essentiels concernant shakubuku l’une est que je souhaitais, par le biais de ces citations, vous transmettre que ce n’est pas moi qui vous demande : « faites shakubuku » mais le Bouddha originel Nichiren Daishônin. C’est le Bouddha qui vous dit « shakubuku est une ascèse respectable générant autant d’œuvres et vertus ». [1] La fleur du Dharma réfute les principes des portes provisoires par shakubuku (法華折伏破権門理 – c. fahua zhefu po quanmen li, j. hokke shakubuku ha gonmon ri) : phrase extraite des Plaquettes explicatives du Sens mystérieux de la fleur du Lotus (法華玄義釈籖 - c. Fahua xuanyi shiqian, j. Hokke gengi shakusen) de Miaole (j. Myôraku) (711 - 782) [2] Quatre savoirs et visions de l’Eveillé (j. shi butchiken -四仏知見) : également appelés “unique grande œuvre (des Bouddhas) (j. ichi daiji innen – 一大事因縁) ou “ouverture large des trois pour révéler l’unique” (j. kô kaisan ken ichi – 広開三顕一), les quatre savoirs et visions des Bouddha sont “ouvrir” (j. kai – 開), “montrer” (j. ji – 示), “éveiller” (j. go – 悟) et “faire pénétrer” (j. nyû –入). Dans le chapitre des “Moyens”, nous lisons : “Les Eveillés vénérés du monde n’apparaissent en ce monde qu’en raison d’une unique grande œuvre : c’est parce que les Eveillés vénérés du monde veulent ouvrir les êtres au savoir et à la vision des Bouddhas (…) C’est parce que les Eveillés vénérés du monde veulent montrer aux êtres le savoir et la vision des Bouddhas (…) C’est parce que les Eveillés vénérés du monde veulent éveiller les êtres au savoir et à la vision des Bouddhas (…) C’est parce que les Eveillés vénérés du monde veulent faire pénétrer les êtres dans le savoir et la vision des Bouddhas. [3] Les cinq maîtres du Dharma (j. goju hosshi - 五種法師) : il s’agit des hommes réalisant les cinq pratiques merveilleuses (j. myôgyô – 妙行). le maître du Dharma qui reçoit et garde : il reçoit et garde l’enseignement, le maître du Dharma lisant le sutra, le maître du Dharma récitant le sutra, le maître du Dharma qui a compris et explique : il a compris le sutra et est capable d’en commenter les phrases. le maître du dharma qui retranscrit (le sutra). Dans le chapitre des « Maîtres du Dharma », il est dit (en substance) : "celui qui reçoit et garde, lit, récite, comprend et commente, retranscrit ne serait-ce qu’une stance du Sutra du Lotus réalisera infailliblement la voie". Dans le 56e fascicule du Traité de grande sagesse (attribué à Nagarjuna), il est écrit : "On reçoit par la force de la foi et on garde par la force de la pensée/ (…) On lit parce qu’on a reçu par le biais des yeux et de la bouche. [4] Les trois prêches passé, présent et à venir (j. i kon tô no san setsu -已今当の三説) : dans le sutra, nous lisons : "Au sein des innombrables centaines de milliers de myriades de sutras prêchés, dans le passé, à présent et dans l’avenir, ce Sutra de la Fleur du Dharma est le plus difficile à croire et le plus difficile à comprendre". Dans le huitième fascicule des Mots et phrases, Zhiyi précise que le prêche du passé désigne tous les sutras développés par le Bouddha pendant plus de quarante ans avant le Sutra du Lotus, le prêche du présent se rapporte au Sutra des Sens infinis et le prêche à venir au Sutra de l’Extinction. Il qualifie le Sutra du Lotus de "extérieur aux trois prêches" ou de "transcendant les trois prêches". [5] Les trois archétypes de l’habit, du siège et de la chambre (j. e za shitsu no sanki - 衣座室の三軌) : règles de la propagation après l’extinction du Bouddha. Dans le sutra, nous lisons : "Entrant dans la chambre de l’Ainsi-venant, s’habillant du vêtement de l’Ainsi-venant et se plaçant sur le siège de l’Ainsi-venant (...) lls enseigneront largement ce Sutra aux quatre sortes d’êtres". 1) le vêtement de l’Ainsi-venant : c’est le cœur souple et patient ; 2) le siège de l’Ainsi-venant : c’est l’état de vie dans lequel on comprend que tous les dharma sont vides ; 3) la chambre de l’Ainsi-venant : c’est le cœur de la rigueur et de la compassion. Pour diffuser le Sutra du lotus, il convient donc de revêtir le cœur de la souplesse et de la patience, établir la vision de la vacuité de tous les dharma et demeurer dans le cœur de la rigueur et de la compassion. De plus, dans la Transmission orale de la doctrine, Nichiren Daishônin précise que le siège de la vacuité de tous les dharma correspond à l’ascèse de “ne ménager ni son corps ni sa vie (j. Fu ji shaku shin myô). (Cf. Paroles de Nichinyo Shônin du 31 janvier 2006). [6] Moines : s. bhikşu, j, biku -比丘. [7] Nonnes : s. bhikşunī, j. bikuni - 比丘尼. [8] Pieux laïques : s. upāsaka, j. ubasoku -優婆塞. [9] Pieuses laïques : s. upāsikā, j. ubai -優婆夷. [10] Propagation continue jusqu'à la cinquantième personne (j. gojû tenden -五十展転) [11] Invincible : s. Aitta, j. Ajita - 阿逸多. [12] Obstacles dus aux crimes (j. zaishô -罪障) : mauvaises actions commises dans le passé, venant entraver le développement de notre esprit à s’ouvrir à l’éveil ou notre ascèse. Dans la première partie du 5e fascicule du Grand arrêt et examen, Zhiyi distingue trois formes d’obstacles : obstacles de la rétribution (j. hô shô – 報障), obstacles dus aux mauvaises passions (j. bon’nô shô – 煩悩障) et obstacles dus au karma (actes) (j. gô shô – 業障). Zhiyi dit : "Ils empêchent l’arrêt et l’examen, aussi, la claire sérénité ne s’instaure pas et la voie vers l’éveil est obstruée. Ils empêchent le pratiquant de réaliser les cinq formes d’actes méritoires et de parvenir au degré de purification des six racines. C’est pourquoi, on les appelle obstacles". [13] Bodhisattva Sans mépris (s. Sadāparibhūta, j. Fugyô – 不軽) : contraction du nom “Toujours-sans-mépris” (j. jô fukyô – 常不軽) : son histoire est racontée au vingtième chapitre du Sutra du Lotus. Dans un passé extrêmement lointain, à la fin de la période de la Semblance du Dharma du Bouddha Roi-son-majestueux, ce bodhisattva reconnaissant en tout être la nature de Bouddha, propageait le Sutra du Lotus en vingt-quatre caractères (Je vous respecte profondément, je n’ai garde de vous mépriser. Pourquoi cela ? C’est que vous pratiquez tous la voie de bodhisattva et obtiendrez de devenir Bouddha). Il se prosternait avec respect devant toute personne, moine ou laïc, qu'il rencontrait sans jamais les mépriser. En retour, il fut persécuté, frappé par le bâton et les pierre, sans jamais cesser de se prosterner. Tous ceux qui méprisèrent ce bodhisattva tombèrent dans un premier temps en enfer mais, grâce au fait d’avoir écouté le Sutra du Lotus, tous furent sauvés par le biais de ce lien. A travers cette histoire liée au bodhisattva Toujours-sans-mépris, Shakyamuni enseigne la méthode de pratique après son extinction, shakubuku, et les œuvres et vertus du lien contraire. [14] La Porte du Dharma d’Une pensée trois mille (j. ichinen sanze hômon - 一念三千法門) : écrit par Nichiren Daishônin en 1258 (2e année de Shôga), dans lequel il explique que la raison pour laquelle le Sutra du Lotus est supérieur aux autres sutras réside dans le fait qu’Une pensée trois mille et la triple contemplation (de la triple vérité) en son cœur y sont enseignées. Il développe Une pensée trois mille selon le Tendai, puis selon sa propre version, autrement dit le principe de la réalité d’Une pensée trois mille et de la triple contemplation en son cœur. Nichiren Daishônin y explique également l’éveil par l’ascèse. [15] Fusion parfaite de l’objet et de la sagesse (j. kyôchi myôgô - 境智冥合) : "kyô" (境) est l’objet contemplé et "chi" (智) est la sagesse qui observe. Dans le neuvième fascicule des Mots et Phrases de Zhiyi, nous lisons (en substance) : "Au moment où la sagesse et l’objet observé (par la sagesse) sont en harmonie, il y a la cause et l’effet. Le moment où l’observation de l’objet n’est pas encore en son stade ultime est appelé la cause. Parvenir à l’ultime de sa source s’appelle l’effet". Ainsi, le début de la fusion parfaite de l’objet et de la sagesse représente la cause et la fin représente l’effet. La fusion parfaite de l’objet et de la sagesse représente donc l’identité des neuf mondes et du monde du Bouddha, l’éveil dès ce corps. Dans le Traité sur ce qui est enfoui et caché au profond des phrases, Nichikan Shônin écrit, pour sa part (en substance) : "L’objet est le Gohonzon des trois grands Dharmas ésotériques, la sagesse est la sagesse des êtres. Lorsqu’ils ont la foi et récitent le Daimoku, alors, se produit la fusion parfaite de l’objet et de la sagesse et d’immenses œuvre et vertus sont générées". [16] Rencontre sur la voie, de la sensibilité et de la réceptivité (j. kan’nô dôkô - 感応道交) : la sensibilité désigne le ressenti des êtres vis-à-vis de l’émergence du Bouddha. Ce dernier, quant à lui, répond à cette sensibilité. Il y a alors rencontre entre les êtres et le Bouddha sur la voie de la bouddhéité. [17] Eon (s. kalpa, j. kô - 刧) : la durée d’un éon est expliquée de manière métaphorique. Elle représente le temps nécessaire à une personne pour vider une ville remplie de graines de pavot, sachant qu’elle en retirerait une tous les trois ans. Il existe en fait trois sortes d’éons : Eon court (j. shôkô – 小刧) ; durée nécessaire pour que la longévité humaine, de 10 ans dans la période la pire de l’ère des cinq souillures, atteigne l’âge de 84000 ans, sachant que cette longévité augmente d’un an tous les 100 ans (le comptage s’effectue également dans le sens décroissant), Eon moyen (chûkô – 中刧) : cycle croissant, puis décroissant d’un éon court, au même rythme et Eon long (daikô – 大刧) : équivalent de 20 éons moyens. [18] Joie conséquente (j. zuiki - 隨喜) : joie se manifestant après avoir vu ou entendu quelque chose de positif. Ici, il s’agit du bon Dharma de Myôhôrengekyô. [19] Notes prises lors des cours (j. onkô kikigaki - 御講聞書) ou Notes de Nikô (j. nikô ki - 日向記) : recueil en 1 fascicule des notes prises par Minbu Nikô (民部日向), composées de 90 articles, lors des cours sur les phrases principales du Sutra du Lotus donnés par Nichiren Daishônin à ses disciples au mont Minobu, pendant trois ans à partir de 1278. [20] Transmission orale de la doctrine (j. ongi kuden - 御義口伝) : recueil en 2 fascicules des notes prises par Nikkô Shônin, lors des cours sur les phrases principales du Sutra du Lotus prodigués par Nichiren Daishônin à ses disciples au mont Minobu, pendant trois ans à partir de 1278.
[21] Obtenir la voie par la racine de l’ouïe : nikon tokudô - 耳根得道. [22] L’écoute (j. mon – 聞) est le premier des sep trésors du Dharma décorant le stupa précieux. [23] Icchantika (j. issendai - 一闡提) : ce mot sanskrit signifie "personne en proies aux désirs". En Inde, il désignait les hédonistes. En bouddhisme, il désigne une personne ayant coupé les racines de bien, dénuée de foi, ne cherchant pas la voie et, par là même, ne pouvant devenir Bouddha. [24] La phrase entière est : "Si certains, même dotés d’un cœur distrait ou perturbé, pénètrent dans une pagode ou un temple et proclament une fois prendre refuge dans l’Eveillé, tous ont obtenu la voie d’Eveillé", (j. nyakunin sanran shin, nyûô tômyô chû, isshô namu butsu, kai i jôbutsu dô - 若人散乱心 入於塔廟中 一称南無仏 皆已成仏道). [25] Eveil dès ce corps ou devenir Bouddha dès ce corps (j. sokushin jôbutsu - 即身 成仏) : grâce aux œuvres et vertus du Sutra du Lotus, les hommes ordinaires peuvent devenir Bouddha dans cette vie, sans changer d’apparence en ayant à accumuler diverses pratiques et, par là même, gravir de nombreux degrés au cours de nombreuses vies successives. [26] En sachant de quoi ils étaient composés. [27] Jivaka : j. giba -耆婆. [28] Eclaircissement de la causalité des dix mondes de dharmas (j. jippôkai myô inga shô - 十法界明因果抄) : écrit par Nichiren Daishônin le 21 avril 1260 (1e année de Bun’nô) ; citant le 19e chapitre du Sutra du Lotus « Œuvres et vertus des Maîtres du Dharmas, Nichiren Daishônin énumère les dix monde et, pour chacun d’eux, sa causalité détaillée. En particulier, pour le monde du Bouddha, il argumente sur la différence dans la notion de précepte au sein du Sutra du Lotus et des autres sutras, démontrant que seul le Sutra du Lotus permet de devenir Bouddha dès ce corps. [29] Yojana (j. yujun - 由旬) : 1 yojana représente la distance couverte par l’armée royale en un jour, équivalente à quarante Ri (lieue chinoise = 4 km), soit 160 km. [30] Cinq crimes de rébellion (j. go gyaku zai -五逆罪) : tuer son père, tuer sa mère, briser l’union harmonieuse de la congrégation, tuer un arhat, et faire couler le sang du corps du Bouddha. [31] Sur la récitation du Daimoku de la Fleur du Dharma (j. shô hokke daimoku shô - 唱法華題目抄) : écrit par Nichiren Daishônin le 28 mai 1260 (1e année de Bun’nô), fait partie de ses dix écrits majeurs. A travers quinze questions et réponses, Nichiren Daishônin y développe la comparaison entre le véritable et le provisoire et démontre ainsi que le Sutra du Lotus est le bon Dharma. Il énonce également les œuvres et vertus inhérentes à la récitation du Daimoku du Sutra du Lotus. [32] Dénués du bien à l’origine (j. honmi uzen - 本未有善) : le bien désigne les "racines de bien" obtenues à travers l’accumulation de multiples pratiques effectuées au cours de nombreuses vies, chose dont sont complètement dénués les êtres de la Fin du Dharma, qui n’ont aucune relation avec l’enseignement du vénéré Shakya. Pour cette raison, ils doivent bénéficier du premier ensemencement. [33] Shôju (摂受) : littéralement "attirer et recevoir". Méthode de diffusion antinomique de shakubuku, puisqu’elle consiste à ne pas faire remarquer à l’autre ses erreurs et, progressivement, le guider sur la bonne voie. [34] Phrase extraire du Sutra de la Grande extinction (Nirvana Sutra). |