LE BOUDDHISME DE L'ECOLE FUJI |
Dernière mise à jour le 04/01/2010 10:04
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Le 11 janvier 2004 Bonjour ! Nous
venons de pratiquer ensemble une heure de Daimoku. Bien que les participants à cette pratique semblent nombreux, en fait, aujourd’hui, deuxième dimanche du mois, peu de gens ont fait Tozan parce que dans la plupart des temples locaux, se déroule actuellement la cérémonie de Okô. Je pense qu’aujourd’hui les membres du chapitre « Myôkankô du Rikyô bô[1] sont cependant nombreux. Je suppose que, par ailleurs, des personnes habitant dans les environs et rattachées aux bô[2] de Tatchû sont également présentes. Le chapitre Myôkankô progresse très rapidement grâce à la transmission de l’enseignement par shakubuku. Ce développement est dû au fait que les directives du Kôtô[3] du Myôkankô, Monsieur Kazuô Ogusa, sont tournées vers shakubuku. On se rappelle qu’en 1991, le problème Soka Gakkai commença à se révéler évident et que, l’année suivante, tous les Tozan organisés par la Soka Gakkai s’interrompirent. Parallèlement, dans chaque temple local du pays, les Tozan par chapitres du Hokkekô commencèrent à être organisés. Ces Tozan permettent ainsi à tous les membres d’un chapitre de venir exprimer leur reconnaissance une fois par an au temple principal. Les Tozan par chapitre se sont donc déroulés à partir de 1992. Normalement, les Hokkekô étant sensé se consacrer à la vaste propagation, on serait en droit de ressentir chaque année une progression. Or, en réalité, ce n’est pas toujours le cas. Je pense que dorénavant, il est important que chaque chapitre du Hokkekô se conforme à l’objectif premier et opère un développement interne significatif. Quant au Myôkankô, le nombre de ses membres a augmenté. En raison des cérémonies spéciales de l’année 2002, il n’y a pas eu de Tozan de chapitre. Toutefois, le Tozan général du Myôkankô de 2001 a réuni trois mille personnes et, en 2003, ce nombre est même passé à plus de quatre mille. Il a donc réalisé une progression de plus de mille personnes. Chaque Hokkekô devrait prendre modèle sur celui-ci. Tenant compte, entre autres, de ces éléments, j’ai nommé Monsieur Kazuô Ogusa, Kôtô du Myôkankô, et Monsieur Sadamoto Watanabe, administrateur laïque du Taisekiji, au poste de Daikôtô du Hokkekô. Jusqu’à présent, existaient des chapitres du Hokkekô dans tout le pays, mais sans aucun centre. La dénomination existait, mais sans toutefois fonctionner. Jusqu’à présent, Monsieur Kisôji Yanagisawa était le Sôkôtô (Directeur général du Hokkekô) et Monsieur Toramatsu Ishige en était le Daikôtô (Directeur). Or, si l’on se réfère aux « statuts de l’école », ceux-ci indiquent « plusieurs » à la rubrique « nombre de Daikôtô ». J’ai donc saisi l’occasion pour nommer six Daikôtô, dont Messieurs Ogusa et Watanabe présents aujourd’hui. Ainsi, conformément aux statuts, il existe désormais un centre du Hokekô, par rapport aux chapitres. Ceci dit, aujourd’hui, onzième jour du mois, correspond à la date de la persécution de Komatsubara, le onze novembre de la première année de Bun’ei (1264). Nichiren Daishônin fut encerclé par plusieurs centaines de guerriers commandés par Tôjô Kagenobu. Kyônin bô, disciple de Nichiren Daishônin, fut tué, ainsi que Kudô Sakon no Jô, un fidèle venu apporter son secours. Nichiren Daishônin ne portait ni arc ni flèches. Il n’avait pour se défendre que son Juzû. Pourtant, il subit seulement une blessure de trois pouces au front et eut un bras entaillé. De manière étrange, il ne perdit pas la vie lors de cette attaque. Cet état de fait est dû à la protection des multiples cieux. C’est véritablement inconcevable. Considérant la noblesse de l’action de Nichiren Daishônin, pratiquant avec justesse le Sutra du Lotus, je pense que nous devons avoir la conviction de pouvoir obtenir la voie de l’éveil véritable, par le fait de recevoir et de garder le Dharma merveilleux, éclairé par la clarté du Bouddha. Cette année a été nommée « Année de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité ». Nous avons toujours dénoncé l’hérésie. Toutefois, je ressens que, cette année, cette action présente une signification particulière. Comparés aux sept cents ans de bouddhisme du temple principal, la Soka Gakkai, possédant tout juste soixante-dix ou quatre-vingts ans d’histoire, et Daisaku Ikeda, ont l’opinion monstrueuse de se prendre pour le fondement du Dharma du Bouddha du passé infini. La racine de cette offense au Dharma persiste encore aujourd’hui. C’est pourquoi, la Soka Gakkai diffame sous divers aspects la Nichiren Shôshû. La véritable signification de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité réside dans la rectification des hérésies de la Soka Gakkai. C’est ce que manifeste concrètement le Myôkankô à travers son développement par shakubuku. Je demande aux membres du Myôkankô de progresser, cette année encore, dans l’ascèse de la pratique personnelle et l’enseignement à autrui, en ayant l’esprit de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité. En outre, des familles de bienfaiteurs sont rattachées depuis le passé à chaque bô de Tatchû. Cependant, en raison de la mauvaise influence persistante de la Soka Gakkai, certains viennent encore au temple principal avec, en tête, des idées hérétiques. Il y a bien sûr des personnes possédant la foi correcte du Hokkekô. Toutefois, en raison des relations précitées, il faut le dire, diverses erreurs sont commises. « Attention ! Prenez garde ! De même que vous ne souhaiteriez pas la venue d’une fille de joie chez vous, fermez votre porte aux offenseurs du Dharma. » Il est important de graver en vous cet enseignement de Nichiren Daishônin, dans la perspective de « l’année de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité ». Autrement dit, il faut réfuter clairement l’offense au Dharma par les trois actes : physique, verbal et mental. « Fermez votre porte aux offenseurs du Dharma » signifie, je pense, « construisez un barrage contre l’offense au Dharma ». Cependant, il est évident que nous devons faire nôtre l’esprit de grande rigueur et compassion de Nichiren Daishônin et réfuter l’esprit erroné des offenseurs du Dharma sous diverses formes, parfois avec gentillesse, parfois avec ouverture. Cette attitude est importante dans le cadre de « l’année de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité ». A l’intérieur du temple principal, plus précisément, les supérieurs de chaque bô sont les personnes aptes à guider les pratiquants de manière appropriée. La signification de cette année est également de guider les familles des temples afin qu’elles ne se laissent pas influencer par le flot de l’offense au Dharma. Selon certains, il y aurait même des personnes qui, tout en étant pratiquantes du Hokkekô, sont abonnées au Seikyô Shinbun[4]. Il ne peut y avoir pire erreur. Je pense que la signification de « l’année de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité » réside dans la réfutation des offenses au Dharma par les moines et les laïques, unis et tournés dans la bonne direction. Je demanderai par conséquent aux supérieurs de bô, présents ici, d’être fermes en ce sens. Si perdure cependant le laisser aller connu jusqu’à présent, c’est-à-dire le ait d’admettre sans rien dire les offenses au Dharma des pratiquants de leur propre bô, cela signifie que les supérieurs eux-mêmes n’ont pas conscience de la nécessité de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité. Toutefois, non seulement les fidèles, mais également les moines, doivent graver profondément en eux-mêmes la signification de la réfutation des erreurs et de l’établissement de la vérité. Ils doivent fermer leur porte aux offenseurs du Dharma et, avec un esprit large, mu par la rigueur et la compassion, corriger les hérésies. Il est important de rectifier ainsi chaque attitude erronée. Je prie pour que chacun d’entre vous progresse dans son propre domaine. Je vous remercie de m’avoir écouté. [1] Rikyô bô : Il fut fondé en 1290 par Nisshû, disciple de Nikkô Shônin, célèbre pour son dévouement lors de la persécution de Hatsuhara. L’actuelle construction date de 1807, époque où il fut reconstruit après un incendie. [2] Bô : petit temple à l’intérieur de l’enceinte d’un temple principal. [3] Kôtô : directeur d’un Hokkekô. [4] Seikyô Shinbun : journal à parution quotidienne, principal organe de presse de la Soka Gakkai.
Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. Nous sommes aujourd’hui le douze janvier. Bien que le mois soit différent, le douze est le jour où Nichiren Daishônin réalisa le rejet de son aspect éphémère pour révéler son aspect originel. Vous avez pris connaissance de cette célèbre phrase du Traité qui ouvre les yeux : Le dénommé Nichiren a eu la tête tranchée à l’heure du rat et du bœuf, le douzième jour du neuvième mois de l’année dernière. Sa vie intérieure est parvenue au pays de Sado. L’année suivante au cours du deuxième mois, dans la neige, il envoya aux disciples avec lesquels il a le lien… Le vingt-sixième Grand Patriarche, Nichikan Shônin, révéla le sens profond de l’expression : « sa vie intérieure est parvenue au pays de Sado », du point de vue de la transmission du Dharma dans notre école. Celle-ci signifie qu’après avoir écarté son aspect éphémère, le corps du passé infini qui, librement reçoit et emploie, exprima son essence originelle et parvint à l’île de Sado. Autrement dit, le dénommé Nichiren a eu la tête tranchée à l’heure du rat et du bœuf, le douzième jour du neuvième mois de l’année dernière, a comme sens que l’homme ordinaire, Nichiren a eu la tête coupée mais que sa vie intérieure, corps du passé infini qui, librement reçoit et emploie, est arrivée au pays de Sado. A partir de là, une fois exilé à Sado, Nichiren Daishônin révéla le Honzon de la doctrine originelle, justification, origine du Daimoku de la doctrine originelle au sein des trois grands Dharma ésotériques, sens ultime de sa venue en ce monde. Dans le Traité qui ouvre les yeux, il révéla la signification du Honzon en tant que Personne. Dans le Traité sur le Honzon, il donna celle du Honzon en tant que Dharma. Il fit découvrir ainsi au monde le grand enseignement permettant à tous les êtres de la Fin du Dharma de devenir Bouddha dès ce corps, en y incorporant de manière exhaustive tous les enseignements. Il existe de nombreux « enseignements ». Nichiren Daishônin dégagea parmi eux le grand Dharma permettant l’éveil dès ce corps. Il y a peut-être parmi vous des personnes capables de répondre immédiatement à la question : « qu’est-ce que l’enseignement ? ». C’est l’aspect le plus important lorsque l’on pratique shakubuku. « On appelle enseignement, ce que le saint communique vers le bas » (Zhiyi). Ensuite, cet enseignement possède un aspect. On l’appelle « aspect doctrinal ». L’aspect est ce qui est visible de l’extérieur. Ainsi, si l’on peut dire d’un individu : « c’est un homme » ou « c’est une femme », si l’on peut nommer une chose ou une autre, c’est grâce à l’aspect extérieur. De plus, on peut « distinguer les similitudes et les dissemblances » d’un aspect à l’autre. Au sein de ces similitudes et dissemblances, il existe d’abord la taille. On distingue en effet ce qui est grand de ce qui est petit. On distingue ensuite ce qui est éminent de ce qui est inférieur. Et puis, au sein de l’ensemble, on distingue l’abondant du parcimonieux. Ainsi, il existe divers jugements de valeur. On peut donc dire d’un contenu qu’il est abondant ou parcimonieux. Il existe ainsi trois critères de distinction des similitudes et des dissemblances. En comparant les multiples enseignements, il apparaît naturellement que certains sont grands et d’autres petits. Cette distinction est à rapprocher du Grand véhicule et du Petit véhicule. On distingue également une différence entre l’enseignement du Bouddha et ce qui en est exclu, ce que l’on nomme les voies extérieures. Existe-t-il une prééminence et une infériorité entre eux ? D’où provient cette différence ? L’aspect doctrinal répond à ces questions. Autrement dit, il établit la distinction entre les similitudes et les dissemblances au sein des enseignements. De par le monde il existe de nombreux enseignements. Ainsi, historiquement, des saints en accord avec leur époque apparurent et donnèrent divers enseignements aux peuples. Ces derniers, grâce à ces enseignements, purent vivre une vie digne et heureuse. De plus, vis-à-vis de l’enseignement, il existe le Dharma. C’est ce qu’on nomme le « Dharma enseigné » (Kyôhô). L’enseignement est ce qui révèle. Autrement dit, il s’agit des mots « que le saint communique vers le bas ». Ce que l’enseignement révèle est le Dharma. Ainsi, l’enseignement révèle le principe dont il tire son origine. L’enseignement est ce qui révèle : « nôken » et le Dharma est ce qui est révélé : « shoken ». Aussi, lorsque Nichiren Daishônin établit son jugement sur les enseignements sous la forme des « cinq éléments essentiels de la religion » : l’enseignement, la prédisposition, le temps, le pays et l’antériorité de l’enseignement, le premier de ces cinq éléments fut l’enseignement. Cet enseignement révèle, dans le cadre du prêche de Nichiren Daishônin, les trois grands Dharma ésotériques, appelés ainsi car le contenu révélé par l’enseignement de Nichiren Daishônin, est le Dharma. Aussi, on ne dit pas « enseignements ésotériques ». En effet, l’enseignement a pour valeur ce qu’il révèle. Ce qui est révélé ici par l’enseignement, est le Dharma. Il s’agit en l’occurrence des trois grands Dharma ésotériques : le Honzon de la doctrine originelle (honmon no honzon), le Kaidan de la doctrine originelle (honmon no kaidan) et le Daimoku de la doctrine originelle (honmon no daimoku). Les cinq et sept idéogrammes de Nam Myôhôrengekyô représentent la substance du Honzon de la doctrine originelle. Le Nam Myôhôrengekyô, récité avec foi en ce Honzon de la doctrine originelle, s’appelle le Daimoku de la doctrine originelle. Ce Daimoku contient toutes les significations des Dharma enseignés, ainsi que les œuvres et vertus en résultant. Aussi, dans la récitation candide de Nam Myôhôrengekyô envers le Gohonzon, toutes les œuvres et vertus viennent s’accumuler en nous. Nous obtenons alors de devenir Bouddha. Si l’on se risque à tenter d’expliquer le contenu du Dharma, il faut alors employer des mots. L’enseignement et les mots expriment donc, ensemble, le Dharma et ses œuvres et vertus. Le mot « Namu » exprime la véritable « félicité » (raku). La sérénité, la joie, par rapport à la souffrance, représentent la signification de Namu au sein de Nam Myôhôrengekyô. Dès lors, lorsque nous récitons sérieusement Nam Myôhôrengekyô, en particulier lorsque nous récitons le Daimoku dans le respect des deux idéogrammes Namu, notre vie atteint alors la véritable quiétude. Si vous pratiquez en ce sens, je suis convaincu que vous ressentirez véritablement de manière aiguë ce phénomène dans votre vie. Quant à « Myôhô », il représente le « soi » (ga). Vous possédez tous un « moi ». Ce dernier contient les notions de permanence de l’ego et d’égoïsme. En fait, beaucoup sont incapables de rejeter leur propre ego et se rendent malheureux en raison de leur cupidité, de leur colère et de leur stupidité. Comment faire pour se libérer de cet ego ? C’est en fait le grand problème auquel sont confrontées les religions du monde entier. Cependant, l’ego s’ouvre à son identité avec Myôhô. Dix mondes sont dès lors mutuellement présents dans notre propre vie, alors dans un état de liberté absolue. Autrement dit, lorsque vous récitez le Daimoku avec foi dans « Myôhô », la substance du Dharma, votre vie devient véritablement la vie de Myôhô. Alors, apparaissent les magnifiques œuvres et vertus de la perfection du soi, c’est-à-dire la transformation du petit moi en grand soi. Ensuite, les deux idéogrammes « Renge » expriment la « pureté » (jô). On ressent la pureté de notre. Je suis sûr et certain que l’on peut immanquablement manifester les œuvres et vertus de cette pureté. Toutefois, notre vie est souillée. Diverses impuretés s’écoulent en effet des neuf orifices de notre corps. Si l’on considère les choses de ce point de vue, notre corps et notre esprit sont impurs. Pourtant, grâce aux œuvres et vertus inconcevables de « renge » (la fleur du lotus) du Dharma merveilleux, simultanément cause et effet, l’illusion et l’éveil sont également simultanés. Ainsi, notre vie impure devient, telle quelle, pure. Enfin, « kyô » contient les vertus de la « permanence » (jô). Notre vie change en permanence et, pour finir, nous mourrons. Vous, comme moi, un jour, nous mourrons. C’est la vie et la mort. Avant de mourir, nous sommes bien entendu vivants. Or, s’il y a vie, il y a inéluctablement mort. Le bouddhisme enseigne ainsi le principe correct des causes conditions et causes effets au cours des trois phases, selon lequel, la mort donne elle-même naissance à la vie suivante. Les autres religions ne saisissent pas ce principe. Les diverses philosophies occidentales ou les universités, explorent des philosophies prétentieuses de la vie, sans toutefois pouvoir énoncer clairement le sens de la vie. Pourtant existe le lien de cause à effet, liant le passé au présent et le présent au futur. Le bouddhisme nomme ce lien le karma (gô). Dans le processus du karma, il explicite que nous sommes nés en ce monde en raison de causes du passé et, lorsque nous mourrons, notre mort engendrera notre vie suivante. Notre vie et notre mort au cours de cette vie, ainsi que notre « une pensée » au moment de la mort, constituent donc la cause. La vie suivante est engendrée par des causes et des conditions. Tel est le cycle des vies et des morts éternel au cours des trois phases. Si, au cours de ce cycle des vies et des morts, nous recevons et gardons en permanence le Dharma merveilleux, les vies et les morts réalisent alors les précieuses œuvres et vertus du Bouddha. Pour cette raison, nous devons établir la profonde conviction que le véritable éveil dès ce corps réside dans la foi profonde envers le Dharma du Bouddha, présent en permanence au cours des trois phases, et dans le fait de recevoir et de garder en permanence, sans régresser, le Dharma merveilleux, ainsi que dans la pratique personnelle et l’enseignement à autrui. Nichiren Daishônin a établi le fondement de ce principe un douzième jour du mois, comme aujourd’hui, en abandonnant son aspect éphémère pour révéler son aspect originel. Afin de rétribuer cette dette de gratitude envers ce bienfait, il est essentiel de progresser dans l’ascèse de la foi. Je me suis montré un peu long, mais je tenais à vous parler de la signification du douzième jour du mois. Merci de vos efforts.
Bonjour ! J’ai récité le Daimoku envers le Gohonzon en votre compagnie. Cette pratique étant quotidienne, je n’avais pas l’intention de prendre le micro ce matin pour vous parler. Or, aujourd’hui, nous sommes le treizième jour, correspondant au jour de l’extinction de Nichiren Daishônin. En conséquence, par expression de notre gratitude, j’ai pratiqué la récitation du Daimoku pendant une heure. Je voudrais à présent vous faire part de ce que j’ai ressenti à ce sujet. Ce matin, à sept heures, dans le Mieidô, j’ai officié au rite mensuel de Okô pour exprimer notre gratitude envers la bienfaisance de Nichiren Daishônin. Je pense que, parmi vous, certaines personnes ont assisté à cette cérémonie. Or, le 13 est célébré de la sorte car le 13 octobre de la cinquième année de Kôan, Nichiren Daishônin s’éteignit dans le manoir de Ikegami Saemon no Tayû Munenaka, pays de Musashi. Le corps physique de Nichiren Daishônin entra ainsi en extinction après soixante et un ans de vie. Toutefois, lors de la récitation du Daimoku, nous devons ressentir la présence permanente de Nichiren Daishônin, sensible à l’aspect de notre foi et de notre pratique, nous insufflant sa grande rigueur et compassion. Chaque être humain est doté d’un caractère respectable. Vous-mêmes, dans la mesure où vos vivez, agissez. Les vertus bénéfiques, ou, au contraire, les rétributions négatives de ces actes, auront des répercussions variables sur de nombreuses personnes, ou une partie des personnes rencontrées. Par exemple, de manière différente du monde séculier où il est dit de tel homme « quel horrible individu c’était » ou « quel homme remarquable il était devenu », l’homme ayant manifesté les vertus du Dharma merveilleux du point de vue de la foi, verra ses vertus contées et transmises. Le corps physique de Nichiren Daishônin est entré dans l’extinction. Toutefois, dans la mesure où ses immenses vertus expriment telles quelles le grand Dharma fondamental du bouddhisme, il est lui-même éternel et indestructible. La substance du Dharma a été révélée sous la forme du Gohonzon de Nam Myôhôrengekyô, Honzon de la doctrine originelle. Ce dernier contient l’intégralité du monde des dharma. Au gré de nos vies quotidiennes, nous concevons diverses pensées ou inquiétudes. Si, dans le sens négatif, nous avons des sentiments blessant pour nous-mêmes ou pour autrui, sentiments fondés sur la cupidité, la colère et la sottise, nous possédons également la vie des bodhisattva et du Bouddha. Tel est le principe fondamental du Dharma merveilleux. Ces états demeurent latents et, en général, un seul des dix mondes se manifeste. Comme dans le sommeil, les dix états de vie sont latents, ou, comme les végétaux, nous pouvons être également dans un état dénué de sentiments. En tout état de cause, la substance de notre vie, comme la manière d’être de l’ensemble du monde des dharma de l’univers, est la substance de Myôhôrengekyô. En ce sens, diverses activités prennent forme en raison de la fusion ou de la dispersion de la terre, de l’eau, du feu, du vent et de l’espace. Toutefois, en définitive, tout est la substance du Dharma merveilleux. Je pense que lorsque vous lisez le chapitre des « Moyens » (hôbenpon), vous répétez trois fois les dix ainsi situés à la fin du passage lu. En fait, il y a trois manières distinctes de les lire. La première est « Nyoze sô… », la deuxième est « Ze sô nyo… » et la troisième est « Sô nyoze… ». Bien entendu, il n’est pas nécessaire de lire explicitement de cette manière. On ne parviendrait plus à lire correctement, on s’y perdrait. Il est donc préférable de lire comme vous l’avez fait jusqu’à présent : « Nyoze sô, nyoze shô... ». Toutefois, sachez que dans leur signification, les trois lectures sont « Nyoze sô… », « Ze sô nyo… » et « Sô nyoze… ». « Nyoze sô… » (Ainsi est l’aspect) exprime ce qui apparaît sous une forme visible. L’enfer se montre sous l’aspect de l’enfer, les esprits affamés sous celui des esprits affamés, les animaux sous celui des animaux. Intérieurement, également, lorsque nous entrons en colère, le cœur de l’enfer se manifeste alors. Bien sûr, notre visage également apparaît sous l’aspect du visage de l’enfer. Finalement, en ce sens, dans « Ainsi est l’aspect », il y a la manifestation visible d’un état de vie, c’est pourquoi cette manière de lire exprime la vérité de la conditionnalité. Les choses apparaissent en fonction de causes et de conditions. On dit également « existence ». « Nyoze sô » exprime l’aspect de ce qui se manifeste sous diverses formes. La deuxième lecture est « Ze sô nyo » (Cet aspect est ainsi). Le sens de « nyo » est l’égalité. Cette lecture exprime donc la vérité de la vacuité. Cette dernière implique la virtualité de tout et le fait que tout contient tout. De plus, la vacuité est la négation de la conditionnalité. Cette dernière elle-même est la négation de la vacuité. On arrive alors à la notion de « ni être, ni vacuité » (hi-u hi kû). En outre, la vacuité contenant la conditionnalité et la conditionnalité contenant la vacuité, il y a alors « Et existence et vacuité » (yaku u yakkû). La substance de « ni existence ni vacuité » et de « et existence et vacuité » est la voie du milieu, autrement dit la lecture « Sô nyoze » (l’aspect est « indifférent ») exprime la voie du milieu. Lorsque nous lisons trois fois ces dix ainsi, sans sentiments particuliers, toutes les profondes vérités du monde des dharma dans leur ensemble, ou de la vie de chacun, sont incluses. Et puis, Nichiren Daishônin, mû par sa grande rigueur et compassion, révéla le grand mandala. Lorsqu’on lit Nam Myôhôrengekyô, inscrit au centre de ce mandala, du point de vue de la doctrine de la vacuité, de la conditionnalité et de la vacuité, ce Daimoku représente la vérité de la vacuité. Nam Myôhôrengekyô est en effet la substance des dix mondes, inscrits de part et d’autre. Les dix mondes, inscrits de part et d’autre de la vérité de la vacuité (Nam Myôhôrengekyô), représentés par le Bouddha Shakyamuni, les bodhisattva de l’enseignement originel et de l’enseignement éphémère, et les six voies, dont les divinités des multiples cieux (shoten zenjin), représentent les dix états de vies, présents dans le corps qui, librement, reçoit et emploie depuis le passé infini est également inclus. L’aspect des dix mondes, indiqués en fonction de l’enseignement du vénéré Shakya, en tant que manifestation provisoire. Tous représentent la vérité de la conditionnalité. Est voie du milieu quand la vérité de la conditionnalité est identique à la vérité de la vacuité et la vérité de la vacuité identique à la conditionnalité. Ces trois vérités sont la substance du Gohonzon. Toutefois, le plus important est que, dans cet ensemble, la Personne est identique au Dharma et le Dharma est identique à la Personne, ce qui exprime la manière d’être concrète du Bouddha. Cette substance du Gohonzon est exprimée par les idéogrammes « Nichiren », situés juste en dessous de « Nam Myôhôrengekyô ». Aussi, ces deux idéogrammes « Nichiren » sont très importants. Depuis les cinq moines aînés dont Nisshô et Nichirô, les fondateurs du courant hérétique de Minobu, la plupart ont jusqu’à maintenant inscrit leur propre nom en dessous de « Nam Myôhôrengekyô ». Ils écrivaient ainsi « Nam Myôhôrengekyô Nisshô », ou « Nam Myôhôrengekyô Nichirô », car, en fait, ils n’avaient pas véritablement compris la signification du Gohonzon de Nichiren Daishônin. Ils n’avaient donc pas compris en quel lieu se situe le grand Dharma de Nam Myôhôrengekyô de l’ensemencement du profond des phrases. Nikkô Shônin, lui, comprit clairement la substance du Dharma, propagé par Nichiren Daishônin, et fut le seul à réaliser l’unicité du maître et du disciple. Là réside la transmission à la personne unique. Le Gohonzon, enchâssé en ce Kyakuden, est un Gohonzon important, inscrit à l’époque de la fondation du Taisekiji. Il comporte la signification de la passation du Dharma de Nikkô Shônin à Nichimoku Shônin. De nombreux Gohonzon retranscrits par Nikkô Shônin au cours de sa vie subsistent encore de nos jours. Tous présentent les deux caractères « Nichiren » inscrits juste en dessous de « Nam Myôhôrengekyô ». Nam Myôhôrengekyô et l’intégralité du monde des Dharma sont alors présents dans les deux caractères « Nichiren » en tant que substance de Nichiren Daishônin. Telle est la signification profonde de l’unicité de la Personne et du Dharma. Dès lors, lorsque nous avons foi en ce Gohonzon, Nichiren Daishônin est sensible en permanence à notre foi et notre pratique. Soyez convaincus que vous pouvez bénéficier des œuvres et vertus de ce Dharma sur la base de cette foi. Aujourd’hui est le jour de l’extinction de Nichiren Daishônin. Toutefois, ce dernier nous guide sans cesse, à titre de Bouddha originel de l’ensemencement, présent à l’origine et éternel, en tant que substance du Gohonzon. Tout en possédant cette conviction, il est nécessaire de progresser dans la foi et la pratique. Tels sont les éléments que j’ai ressentis et que je tenais à partager avec vous à l’occasion de ce treizième jour du mois. Je n’avais pas l’intention de prendre le micro aujourd’hui, mais puisque je l’ai entre les mains et que vous êtes tous rassemblés, je vais saisir cette opportunité pour vous dire quelques mots. Nous sommes aujourd’hui le quinze janvier. La première moitié du mois s’est donc achevée. Les rites prévus au temple principal pour le mois de janvier sont pour la plupart également terminés, après les cérémonies de Okô de gratitude envers Nikkô Shônin, fondateur du temple le 7, Nichiren Daishônin le 13 et Nichimoku Shônin aujourd’hui. Bien entendu, la pratique du Daimoku se poursuivra jusqu’à la fin du mois et, le 25, aura lieu l’examen d’étude du premier degré. Toutefois, à part cela, aucun rite particulier n’est prévu. De ce fait, les personnes venues de loin vont, je pense, retourner chez elles dès la fin de cette pratique d’aujourd’hui. Bien sûr, si elles en ont le temps, les personnes de la région pourront continuer à venir participer à cette pratique du Daimoku jusqu’à la fin du mois de janvier. Je n’avais donc pas l’intention de parler aujourd’hui. Or, au cours de la pratique, j’ai eu cependant envie de m’adresser à vous sur la base de mon état de vie. Une infinité d’œuvres et vertus, de diverses natures, sont présentes dans Nam Myôhôrengekyô. Nichiren Daishônin les enseigne constamment dans ses écrits. Comme je l’ai dit il y a encore peu de temps, « Namu » représente la perfection (s. pāramitā) de la félicité, « Myôhô » la perfection du soi, « Renge » la perfection de la pureté et « Kyô », la perfection de la permanence. Les vertus de l’Eveillé, exprimées à travers ces quatre perfections, sont matérialisées telles quelles par les sept idéogrammes de Nam Myôhôrengekyô. Je l’ai déjà dit l’autre jour. Au sein de ces sept idéogrammes, Myôhô est l’élément central. Dans le processus de la perfection du soi, il faut d’abord y voir le grand moi du monde des dharma du Bouddha. Dans cette acception, le Gosho stipule : « Myô signifie “parfaitement doté” ». Il dit encore : « Myô possède le sens de “revenir à la vie” ». Ainsi, Myô possède diverses significations, mais, aujourd’hui, j’aimerais vous faire ressentir la manière adéquate pour comprendre Myô, dans le cadre de la foi et de la pratique, du point de vue de la doctrine de « la merveille issue de la comparaison relative » et de « la merveille au-delà des comparaisons ». En un mot, la merveille au-delà des comparaisons (j. zettai myô -絶対妙) est l’état de vie de l’Eveillé, unique au sein du monde des dharma. Dans le Gosho intitulé les Sept points de transmission du Gohonzon, il est écrit : « Le monde des dharma est Nichiren, Nichiren est le monde des Dharma ». Quand vous lisez : « Nichiren est le monde des dharma », il y a certainement des personnes se demandant « mais qu’est-ce que cela veut-il bien dire ? » L’état de vie du Dharma merveilleux (Myôhô) de Nichiren Daishônin s’étend à l’univers entier et l’englobe. Là, réside le sens de l’état de vie au-delà des comparaisons, c’est-à-dire de Myôhô. Lorsque nous récitons le Daimoku, incidemment, Myô, au-delà des comparaisons au sein du monde des dharma se révèle en nous. Le monde des dharma dans son ensemble, autrement dit, en l’interprétant selon la signification du monde des dharma de l’univers, de notre planète, même du soleil, on peut y voir l’état de vie de Myô, état de vie du Bouddha, unique au sein du monde des dharma. Il inclut dès lors les dix mondes et les englobe. Autour de nous, il existe des animaux rebutant les êtres humains, tels les mille-pattes ou les serpents. Or, parmi les êtres humains également, il existe diverses sortes de causalités, tels nos pires ennemis qui, sans cesse nous critiquent, nous diffament, nous persécutent. Tous sont des existences faisant partie du monde des dharma et donc, à ce titre, sont tous Myô. Ils sont tous contenus dans notre esprit lors de la pratique de la récitation du Daimoku. Ainsi, la Soka Gakkai, qui profère à mon encontre toutes sortes de mensonges ou médit de moi, si je prends l’optique de l’état de vie du Dharma merveilleux, je ressens que toutes les formes prises par cette organisation sont englobées à l’intérieur de ma récitation du Daimoku. Vous-mêmes, en fonction de vos positions, êtes en toutes sortes d’interlocuteurs. S’il y en a d’aimables, il doit également y en avoir de détestables. Il y en a peut-être également qui disent du mal de vous. Toutefois, ils sont tous contenus dans notre récitation du Daimoku. C’est à partir de là que vous pouvez générer en vous une immense personnalité. Si l’on considère les choses de ce point de vue, alors, quoi que l’on puisse dire de vous vous semble une affaire insignifiante lorsque vous savez qu’elle fait partie intégrante de votre état de vie du Dharma merveilleux. Il n’est dès lors plus nécessaire de s’énerver, ni de s’effrayer, ni de se fâcher. Là réside, je pense, la profondeur de recevoir et de garder le Dharma merveilleux. Toutefois, la doctrine en question ne se limite pas à la merveille au-delà des comparaisons. Elle comprend également le binôme de la merveille issue de la comparaison relative (j. sôtai myô -相対妙). Cette dernière signifie que, du point de vue des causes et des conditions, toutes les choses existent individuellement. Là, elles se séparent en dix mondes. Alors, dans vos vies quotidiennes, dans vos existences, vous rencontrez des gens que, c’est irrémédiable vous n’aimez pas, vous détestez. Et d’autres encore... Vous devez vivre au quotidien parmi toutes ces personnes. Dans cette perspective de vie quotidienne, nombreux se heurtent les uns aux autres et souffrent, physiquement ou moralement. Toutefois, le Dharma merveilleux, que nous récitons, génère tel quel les œuvres et vertus du Myô issu de la comparaison relative. La notion opposée à Myô est « So ». « So » signifie vague, imparfait. Ainsi, l’état de vie du Bouddha est défini par « Myô » (merveilleux), l’état de vie des bodhisattva est « So » (imparfait). Il va de soi que l’état de vie des auditeurs et des Bouddha pour soi est également « So ». Quant aux enfers, aux esprits affamés, aux animaux, aux asura, aux êtres humains, aux cieux, autrement dit les six voies, ils endurent en raison de leurs actes karmiques entrepris sur la base de leur attachement à des choses insignifiantes, attachement dû à leur manière de penser imparfaite, diverses souffrances dans les mondes misérables des enfers, des esprits affamés, des animaux, voire des êtres humains. Rien ne peut être changé en raison de cette imperfection. Toutefois, ce qui les sauve, c’est l’attitude de Myô. Réciter de tout son cœur Nam Myôhôrengekyô. Dans cet état de vie, nous pouvons faire face et traiter toutes les situations. Au sein de ces prises de mesures, la plus importante est shakubuku. Les conceptions erronées sur la vie, sur le monde et plus fondamentalement sur la religion, étant des situations imparfaites, il faut inclure ces petites religions imparfaites, ces religions erronées dans Myô. Pour cela, il est important de faire shakubuku, là où nous avons un lien. Par ailleurs, dans notre vie quotidienne, nous rencontrons divers problèmes. Toutefois, en les observant d’un point de vue plus large, celui de Myô, avec un état de vie plus élevé, on peut alors faire face de la manière la plus appropriée à toutes sortes de personnes. A présent, chaque mois, je donne un cours de Gosho aux femmes du temple principal. Je traite en ce moment une lettre adressée à Messire Shijô Kingo. Dans cette lettre, Nichiren Daishônin explique, sous divers angles, à Messire Shijô comment, par la foi et la pratique correctes de l’enseignement, se protéger et traiter de manière appropriée les diverses persécutions et jalousies dont il ests l’objet. Ema Mitsutoki était le suzerain de Messire Shijô. Pendant un temps, il détesta véritablement la foi de ce dernier dans le Sutra du Lotus. Il tenta, par une attitude et des paroles coercitives, de lui faire cesser sa pratique. Afin de faire face de manière appropriée à cette situation, Shijô Kingo dut pratiquer Myô en s’y confrontant du point de vue de la relativité (sôtai) de Myôhôrengekyô. Et ce, vis-à-vis de ses supérieurs, de ses collègues, comme de ses subalternes. Je pense que si l’on réagit ainsi, alors, la véritable rigueur et compassion se manifestent et, naturellement, l’attitude correcte apparaît également. Je suis véritablement un homme imparfait. Aussi, j’ai le désir incessant d’avoir cette attitude vis-à-vis de toute hiérarchie. Pourtant, parmi les moines présents ici aujourd’hui, certains me critiquent peut-être ? Cela provient sans doute de mon manque de qualités. Pourtant, si quelqu’un progresse inlassablement dans la foi et la pratique, du point de vue de la signification de la merveille issue de la comparaison et de la merveille au-delà des comparaisons, immanquablement, l’attitude de cette personne se manifeste sous la forme de l’attitude du Dharma merveilleux, grâce à la grande rigueur et compassion du Bouddha. Il n’y a rien à dire sur l’état de vie de la merveille au-delà des comparaisons. Notre cœur devenant l’ensemble du monde des dharma, il est alors très vaste. De là, plus rien n’est effrayant, il n’y a plus de motifs d’inquiétude. De plus, c’est éternel. Le « Kyô » de Nam Myôhôrengekyô étant, comme je vous l’ai dit, la perfection de la permanence, même après la mort, nous continuons, sporadiquement à avoir une activité du point de vue du Dharma merveilleux. Aussi, la véritable paix spirituelle existe par la foi et la pratique de recevoir et de garder les cinq, sept caractères de Nam Myôhôrengekyô. Je pense que nous devons ressentir profondément ce point. Aujourd’hui, quinze janvier, correspond exactement à la moitié du mois. Certains d’entre vous vont certainement rentrer chez eux. C’est pourquoi je vous ai adressé ces quelques paroles. Je prie de tout mon cœur pour que tous les participants progressent en gravant profondément dans leur esprit la nécessité de pratiquer la foi dans le Dharma merveilleux à travers la pratique personnelle et l’enseignement à autrui. Merci de vos efforts.
A l’occasion de la cérémonie célébrant la naissance du fondateur le 16 février 1997
Bonjour,
Mesdames et Messieurs. Aujourd’hui, conformément à la coutume établie, nous
venons de célébrer la Vous êtes présents en ce lieu depuis plus d’une heure et êtes trempés par la pluie. J’espère cependant que vous pourrez encore patienter encore un peu en me permettant de prononcer quelques paroles. Comme vous le savez, Nichiren Daishônin est dit avoir subi quatre persécutions majeures, ainsi que d’innombrables persécutions mineures au cours de sa vie. Comme il est aussi indiqué dans les sutra, “banni encore et encore”, Nichiren Daishônin fut exilé en deux occasions, rencontrant de sévères persécutions dans sa protection du Sutra du lotus. Ce fut d’abord l’exil sur la péninsule d’Izu en 1261, puis celui sur l’île de Sado en 1271. De la fin de 1271, au cours de la deuxième année de Bun’ei, jusqu’au printemps de l’année suivante, Nichiren Daishônin fut forcé de vivre dans une hutte délabrée à Tsukahara où une neige épaisse tombait continuellement, portant un manteau de paille comme seul vêtement. En endurant entièrement ces conditions extrêmes, Nichiren Daishônin a, par lui-même, fait la preuve des persécutions majeures dues aux trois grands ennemis du Sutra du lotus. Quand je réfléchis à ce fait, je ne peux m’empêcher de penser au fort lien et à la signification de votre rassemblement, ici aujourd’hui sous la pluie, en souvenir des épreuves subies par Nichiren Daishônin et de ses éminentes vertus. Chacune des persécutions endurées par Nichiren Daishônin reflète son comportement de pratiquant du Sutra du lotus. Sans sa venue en ce monde, du jour de sa naissance le 16 février 1222 jusqu’à son extinction, s’il n’avait vécu sa vie en attestant de la validité du Sutra du lotus, ce sutra de Shakyamuni n’aurait abouti à rien. Si le Sutra du lotus s’était avéré être une pure invention, le bouddhisme enseigné par Shakyamuni au cours de sa vie aurait été totalement discrédité puis abandonné. Avec la naissance de Nichiren Daishônin, au cours de la période de la Fin du Dharma, ont été vérifiées toutes les prédictions faites par Shakyamuni dans son enseignement principal des vingt lignes versifiées du treizième chapitre du Sutra du lotus (chapitre de l’Exhortation à garder). Par là a été révélée l’entière validité du Sutra du lotus. De plus, à travers cette attestation, a été tracé le chemin de la salvation de l’humanité. L’attitude de Nichiren Daishônin, en tant que pratiquant du Sutra du lotus, est fondée sur les prédictions des sutra indiquant l’apparition dans la période de la Fin du Dharma du bodhisattva Jôgyô et des autres bodhisattva à qui fut confié le Sutra du lotus. La personne endurant, à travers ses actes, les diverses grandes persécutions prédites par le Sutra du lotus, sera révérée comme la manifestation du bodhisattva Jôgyô. Dans la Nichiren Shôshû, du point de vue de la transmission du Dharma, cette manifestation du bodhisattva Jôgyô est regardée comme le Bouddha de la cause originelle. Le Bouddha Shakyamuni a manifesté les trente-deux aspects caractéristiques du Bouddha de l’effet originel, alors que Nichiren Daishônin, sous la forme d’un homme ordinaire, a pratiqué la cause originelle, qui constitue l’ascèse fondamentale du Sutra du lotus depuis le passé infini. C’est pourquoi, sur le fondement du sens de la transmission du Dharma, Nichiren Daishônin est vénéré, dans la Nichiren Shôshû, en tant que Bouddha de la cause originelle. Telle est la raison pour laquelle nous proclamons que Nichiren Daishônin a précédé le Bouddha Shakyamuni et qu’il est le Bouddha de la cause originelle du passé infini. Cette pagode à cinq étages a été construite de telle sorte qu’elle soit face à l’ouest. Avec l’apparition de Nichiren Daishônin dans la période de la Fin du Dharma, en tant que Bouddha de la cause originelle, l’ouverture de ses portes symbolise la diffusion de ce grand Dharma au Japon, puis au reste du monde. Cette prédiction concernant la propagation du grand Dharma est décrite dans le Gosho intitulé Réprimande à Hachiman (Kangyô Hachiman-shô), conservé et protégé ici même au Temple principal. Vers la fin de ce Gosho, on trouve le passage suivant : “L’Inde est aussi appelée le pays de la lune. C’est un nom qui désigne un pays où un Bouddha apparaîtra. Le Japon est aussi appelé le pays du soleil. Dès lors, un grand saint ne devrait-il pas y apparaître ? La lune se déplace de l’ouest vers l’est. C’est un signe que le bouddhisme de l’Inde se propagerait vers l’est. Le soleil se lève à l’est. C’est un bon présage que le bouddhisme du Japon retournera vers l’Inde. La lumière de la lune n’est pas claire. En conséquence, durant sa vie, le Bouddha enseigna le Sutra du lotus pendant seulement huit ans. La vive lumière du soleil est supérieure à celle de la lune. C’est un bon présage que le bouddhisme du Japon éclairera la longue obscurité de la cinquième période de cinq cent ans.”. Cet extrait contient deux points importants. En premier lieu, Shakyamuni est le Bouddha de la lune qui devait apparaître dans le pays de la lune pour illuminer le monde en guidant les êtres vers le bouddhisme de la récolte. Par contraste, c’est Nichiren Daishônin qui propagera le bouddhisme du Japon dans la période de la Fin du Dharma. Cela, en tant que Bouddha de la cause originelle révélant le bouddhisme de l’ensemencement pour sauver les êtres de la “dernière période de cinq cent ans”, autrement dit pour l’éternité. Le second point, comme je l’ai indiqué précédemment, est que le bouddhisme de Shakyamuni se diffuserait vers l’est ; c’est-à-dire de l’Inde au Japon, via le Tibet, la Chine et la péninsule coréenne. Toutefois, il est clairement indiqué que le Dharma de Nichiren Daishônin retournera de ce Temple principal jusqu’en Inde. Tout particulièrement au cours des années récentes, des preuves attestant cette prédiction ont commencé à se manifester avec une netteté croissante. Sur la route menant du Japon à l’Inde, se situe Taiwan et, plus au sud, l’Indonésie. Dans chacun de ces pays, il y a le projet d’établir un temple cette année. A l’occasion de l’achèvement des travaux de construction de ces temples, il est prévu que je me rende dans ces pays en tant qu’envoyé de Nichiren Daishônin. J’insiste sur le fait que tous ces développements démontrent clairement la justesse des prédictions de Nichiren Daishônin annonçant que, pour sauver tous les êtres de la période de la Fin du Dharma, le grand Dharma, dans un premier temps, retournera vers l’Inde en promouvant, en chemin, des avancées positives pour la vaste propagation. Nichiren Daishônin conclut ce passage du Gosho de la manière suivante : “La période de la Fin du Dharma est envahie par les grands ennemis du Sutra du lotus. C’est le bienfait du bodhisattva Fugyô. Chacun de mes disciples devrait déployer de grands efforts.” Finalement, quels que soient les grands ennemis susceptibles de surgir ou les grandes difficultés qui pourraient survenir, il est essentiel de continuer à expliquer les raisons pour lesquelles le bouddhisme de la Nichiren Shôshû constitue l’enseignement correct, en parlant avec conviction, sincérité et honnêteté. De plus, nous devons exposer les erreurs des fausses conceptions des doctrines erronées et révéler les causes du malheur des êtres en réfutant leurs attachements aveugles et leurs incompréhensions. Cette manière de guider les êtres sur la voie de l’éveil s’avère extrêmement importante. C’est en cela que consiste le véritable esprit du bouddhisme de Nichiren Daishônin, avec comme point central shakubuku. C’est l’esprit conservé et transmis, sans altération, pendant sept cent ans dans la Nichiren Shôshû. Maintenant, pour la première fois, le temps est mûr pour que la forme authentique de la vaste propagation apparaisse. Si nous devions manquer cette occasion opportune, le Gosho précité nous met en garde contre la réelle possibilité que cet esprit de Nichiren Daishônin soit perdu à jamais au fin fond boueux de l’obscurité. Parmi les “grands ennemis du Sutra du lotus” figurent ceux qui pratiquent les doctrines erronées, ainsi que les sectes hérétiques opposées au bon Dharma. Toutefois, même vis-à-vis de ces personnes, il est nécessaire de se comporter avec la grande compassion de Nichiren Daishônin, en réfutant leurs vues erronées et en les guidant sur le chemin correct. En particulier, aujourd’hui, “les grands ennemis du Sutra du lotus” ont pris l’apparence de la Soka Gakkai dirigée par Daisaku Ikeda, qui continue de commettre de grandes offenses au Dharma avec sa compréhension superficielle et ses mésinterprétations, et qui entretient l’illusion d’être le pratiquant du Dharma authentique. Son soi-disant “deuxième chapitre de la vaste propagation”, de même que ses autres approches, reflètent son désir de base, fondé sur son obsession du pouvoir et de la renommée, pour lui-même et la Soka Gakkai. Il est devenu très apparent, au cours des récentes années, que sa véritable intention ne consiste pas à transmettre les enseignements de Nichiren Daishônin tels qu’ils sont, honnêtement et sincèrement, au plus de gens possibles. Pour ces raisons, aujourd’hui, la Nichiren Shôshû déploie d’immenses efforts pour retrouver la voie de notre fondateur, en d’autres termes pour revenir au véritable esprit de Nichiren Daishônin, dans l’unité des religieux et des laïcs en vue de progresser dans les activités de shakubuku et de protéger le Dharma merveilleux. A titre d’exemple, certains chapitres du Hokkekô, ayant clairement perçu les manières erronées de la Soka Gakkai, mènent actuellement une pratique de shakubuku tout à fait remarquable. Je pense que beaucoup de croyants de ces chapitres sont présents ici aujourd’hui. En ce jour favorable de la naissance de Nichiren Daishônin, il est essentiel de nous imprégner à nouveau profondément de la signification de ses vastes vertus avec un grand respect, en étant absolument convaincus du grand bienfait du Dharma merveilleux qui permet à chacun d’atteindre l’éveil sous la forme de l’homme ordinaire. Il est également important de consacrer notre vie à la propagation du bon Dharma avec un sentiment de bonheur, en appréciant sincèrement d’avoir pu le rencontrer au cours de notre présente vie. Je veux vous exprimer du fond du coeur mes remerciements pour avoir participé ce jour, malgré la pluie, à la cérémonie louant les vertus et les mérites de Nichiren Daishônin en tant que Bouddha originel. Je souhaite conclure mes remarques d’aujourd’hui en priant pour votre bonne santé et vos nouveaux succès.
Paroles prononcées le 8 novembre 1995 au Temple Shinjôji de Ina Mesdames et Messieurs, je me permets de vous rendre visite aujourd’hui à l’occasion du rite de l’enseignement dans le secteur de propagation de la région du Kôshin. Je ressens une grande joie en constatant le succès de cette cérémonie, en ce temple Shinjôji, obtenu grâce à vous. Le rituel de l’enseignement célébré aujourd’hui représente le trentième auquel j’officie, depuis que je me déplace de part et d’autre dans le pays. Il ne reste pratiquement plus aucun secteur de propagation où je ne sois allé. À l’origine, j’avais l’intention de vous rendre visite plus tôt. Cependant, quelques légers problèmes de santé, au moment de mon départ, ont fait que j’ai dû reporter ce voyage. Je vous prie profondément de bien vouloir m’en excuser. Quoi qu’il en soit, l’essentiel est que les prêtres de la Nichiren Shôshû, héritiers de l’enseignement de Nichiren Daishônin, ceux qui ont su garder la flamme du Dharma pendant sept siècles et les croyants de bonne volonté unis dans une harmonie sincère, ouvrent désormais la voie de la Vaste propagation. C’est en ce sens que je viens vous rendre visite aujourd’hui. Le Dharma du Bouddha est extrêmement vaste et profond. La plupart le considèrent d’une façon trop simpliste, en ne retenant que ce qui convient à leur propre individualité. Les opinions erronées, les interprétations fallacieuses du bouddhisme surviennent alors et provoquent diverses formes de malheur. Récemment, les média ont beaucoup parlé de la secte Aume. Cependant, je crois qu’il n’est pas exagéré de dire que les personnes autorisées, ne comprenant pas véritablement le bouddhisme, n’ont su réellement saisir la cause fondamentale de ce problème. De ce fait également, je pense qu’il est extrêmement important de propager de manière correcte l’enseignement orthodoxe afin que chacun puisse recevoir correctement les bienfaits inhérents à ce vaste et profond enseignement. “Le nom possède infailliblement des vertus qui touchent la substance”. Ces paroles ont pour auteur Nichiren Daishônin. Elles sont l’expression de son état de vie de Bouddha originel. Les cinq, sept caractères de Nam Myôhôrengekyô contiennent le principe même de l’éveil, fondé sur la vraie relation de cause à effet enfouie dans l’infini de notre cœur. Le fondement de cet éveil est indiqué dans le chapitre « Durée de la vie », révélant que l’éveil du Bouddha du Sutra du lotus, opéré dans le passé infini, est présent en permanence. C’est pourquoi, même sans le savoir, celui qui récite Nam Myôhôrengekyô devant l’objet correct de la sagesse qu’est le Gohonzon voit les vertus qu’il contient imprégner infailliblement sa vie. Alors, les œuvres et vertus inconcevables du Dharma merveilleux se manifestent sous forme de vertus chez cette personne, l’emmenant ainsi vers l’éveil. Dès lors, les personnes, pratiquant de la sorte, peuvent saisir de manière juste l’aspect des divers phénomènes et manifester les vertus du Dharma dans leur vie quotidienne. Là existe la cause du salut de tous. Fait inconcevable, dans le Sutra du lotus, Devadatta reçoit l’annonciation de son nom futur, “l’Ainsi-venant Souverain des cieux”. Le dénommé Devadatta tenta de tuer le vénéré Shakya en faisant tomber sur lui un rocher du haut d’une montagne. Or, il est absolument impossible de tuer le Bouddha. Hei no Saemon et bien d’autres offenseurs du Dharma tentèrent également, à maintes reprises de tuer le pratiquant du Sutra du lotus, Nichiren Daishônin, qu’ils détestaient. Finalement, toutes leurs tentatives échouèrent car Nichiren Daishônin est le Bouddha. Shakyamuni également est le Bouddha. Aussi, Devadatta ne put le tuer; le rocher blessa seulement l’orteil de Shakyamuni. Ce faisant Devadatta commit l’une des cinq fautes de rébellion qui est “faire couler le sang du corps du Bouddha”. Par ailleurs, il roua de coups de poings la nonne Fleur de lotus, jusqu’à la tuer, alors qu’elle enseignait le Dharma. Il commit ainsi une deuxième des cinq fautes de rébellion : tuer un arhat. De plus, il accomplit la plus grave des fautes cardinales, la “destruction de l’harmonie de la communauté”, en déversant des calomnies parmi les disciples et bienfaiteurs de Shakyamuni, alors que ceux-ci propageaient le Dharma. Devadatta fut responsable de ces trois crimes de rébellion. Il les commit touts en se rendant complice de fautes pouvant être assimilées aux deux dernières, qui sont le parricide et le matricide. Il subit donc la rétribution immédiate qui est la chute de son vivant en enfer. Cependant, un misérable tel Devadatta fut sauvé par le Sutra du lotus, recevant le nom d’Ainsi-venant Souverain des cieux. Je pense que ce prodige réclame toute notre réflexion. En effet, le Sutra du lotus enseigne “la nature du bien et la nature du mal”, c’est-à-dire que toute forme de vie possède à la fois la nature du bien et la nature du mal. Ce principe est vrai, même pour le Bouddha. Le Sutra du lotus énonce clairement que le mal existe même dans la vie du Bouddha. Or, pour les gens de ce monde, le Bouddha est l’être le plus respectable et ne peut posséder que la nature du bien, être en fait le bien lui-même. Récemment, un des principaux personnages du gouvernement actuel à répondu à une question en disant “la religion est l’enseignement de la nature du bien”. Ainsi pensent en effet les hommes de valeur d’aujourd’hui. Toutefois leur approche est superficielle quant à l’aspect véritable de la vie et à la religion qui enseigne cet aspect véritable. Ils sont donc dans l’impossibilité d’ouvrir les yeux sur l’enseignement révélant la véritable nature des choses. Ils ne peuvent donc trouver le moyen de salut fondamental voire de simple amélioration. Zéro multiplié par zéro fera toujours zéro. De même, le seul fait d’accepter un enseignement imparfait ne montrera jamais le chemin correct. Quoi qu’il en soit, la vie du Bouddha est dotée de chacun des dix mondes. Ce qui revient à dire que les états de vies malheureux tels le monde de l’enfer, ceux des esprits affamés et des animaux sont présents, tels quels, dans la vie du Bouddha. Le Sutra du lotus l’indique très clairement. Par contre, les êtres, plongés dans le malheur du monde de l’enfer, sont aussi dotés des états de vie respectables du monde du Bouddha ou du monde des bodhisattva. Nichiren Daishônin également, citant Zhanran, en fait état : “Le principal et le support[i] d’Avici[ii] sont présents dans le cœur même du saint ultime. Le corps et la terre de Vairocana ne dépassent pas la Une pensée de l’homme ordinaire”. Lorsque l’on considère les phénomènes de cette manière, toute chose possède la nature du mal et la nature du bien. On parle de “présence parfaite de la nature du bien et de la nature du mal”. Ici, “présence” a le sens de “merveilleux” (Myô). Par conséquent, si l’on parvient à définir clairement les choses de ce point de vue, on peut faire apparaître la totalité des œuvres et vertus inhérentes à cette présence parfaite. Dans cet objectif, il est primordial de croire de manière correcte à l’enseignement du Dharma merveilleux, qui développe et indique la présence parfaite. Celui qui n’y croit pas ne peut posséder qu’une vue partiale des phénomènes. Il se contente de telle vision car autrement, les événements ne peuvent le satisfaire. La simple vue partiale constitue alors l’offense au Dharma. En définitive, lorsqu’on s’oppose à l’enseignement du Sutra du lotus, divers éléments viennent constituer des causes amenant l’incertitude dans notre cœur. C’est de là que naissent les obstacles. La suite d’attentats provoqués par la secte Aume en est l’illustration, tout en possédant également une autre signification, moins facile. En effet, fondamentalement, c’est parce que les œuvres et vertus inhérentes au Dharma merveilleux, exprimées par la présence mutuelle des dix mondes, n’apparaissent pas, que l’incertitude provoquée par les souffrances et les tourments de notre cœur devient l’aspect du démon. Nichiren Daishônin exprime clairement cela dans le Gosho intitulé Différence entre le grand, le petit, le provisoire et le véritable, dans la guérison des maladies[iii]. C’est pourquoi, nous devons dès à présent prendre conscience que le salut de l’humanité repose sur l’enseignement des trois grands Dharma ésotériques de Nichiren Daishônin. Il dépend donc de ceux qui l’ont reçu et gardé correctement, à savoir, les prêtres et croyants de la Nichiren Shôshû. Chacun doit créer la véritable harmonie entre les prêtres et les croyants et transmettre sérieusement le Dharma. Je voudrais terminer en précisant que, du point de vue de la causalité, il n’est pas forcément nécessaire de s’attacher aux résultats chiffrés. Plutôt que de penser “Il faut propager le Dharma au plus grand nombre de personnes à la fois…” et ne pas avancer d’un pas, il est préférable de réciter le Daimoku et de travailler dans la limite de ses propres possibilités à la Vaste propagation. Là réside la pérennité du Dharma et, de là, le salut de nombreuses personnes. Je vous remercie de votre attention.
Bonjours, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs. Nous venons d’effectuer la pratique du Daimoku en prière pour la réalisation de la vaste propagation. Bénéficiant de la participation de nombreuses personnes effectuant leur Tozan de chapitre, nous avons fais cette pratique pendant une heure, ensemble, moines et laïques. Dans le chapitre «Durée de la vie», il est écrit : «Je pose ici ce remède, bon et efficace. Vous pouvez le prendre et l’absorber. Ne vous plaignez pas de ne pas guérir». Le fondement de ce «bon remède» du chapitre «Durée de la vie», repose sur le Gohonzon de l’unicité de la Personne et du Dharma, Myôhôrengekyô au niveau de dénomination du passé infini, auquel s’éveilla le Bouddha originel du passé infini (kuon ganjo). Pendant sept cents ans, nous avons reçu et transmis correctement ce bon remède, jusqu’à aujourd’hui où la Nichiren Shôshû progresse vers la vaste propagation, tout en établissant le Dharma correct. Nous avons tous une maladie dans notre cœur. C’est la maladie de l’offense au Dharma. Elle provoque diverses peines et souffrances, manifestées par notre obstination, notre égocentrisme et nos vues erronées. Il est dès lors des plus important de soigner et de guérir la maladie de notre cœur, grâce au bon remède. Quant aux maladies physiques, de nombreuses personnes en sont affectées. Vous tous, qui êtes venus jusqu’ici, avez certainement, quelque désagrément d’ordre physique, comme, peut-être mal aux reins. Là encore, ces maladies proviennent de causes et de conditions accumulées depuis le passé. L’un a mal un peu partout, l’autre a mal à l’un ou l’autre des cinq organes (foie, poumon, cœur, reins, rate) ou des six viscères (intestin grêle, colon, estomac, vésicule biliaire, vessie, artères). Les causes et conditions du passé apparaissent sous forme de ces maladies minant notre corps. Toutefois, grâce aux œuvres et vertus de la récitation du Daimoku des trois grands Dharmas ésotériques devant le Gohonzon de Nam Myôhôrengekyô, nous pouvons guérir physiquement et spirituellement. Aujourd’hui, on parle du contrôle de la respiration en tant que technique de santé. Il faut, par exemple, «inspirer et expirer un certain nombre de fois». Il faut «forcer sur l’abdomen». Toutefois, je pense que toutes ces choses sont inutiles. L’enseignement de Nam Myôhôrengekyô est dit «sans artifice». Les idéogrammes de ces mots signifient littéralement : «non fabriqué». A l’instant même, nous venons de réciter le Daimoku pendant une heure, avec la Une pensée de la foi envers le Gohonzon et en inspirant à chaque fois à pleins poumons. Je suis certain que vous êtes nombreux à avoir sincèrement ressenti l’aspect de votre corps et de votre esprit devenant dociles, ainsi que l’aspect de la joie parfaite et de la santé. Qu’en est-il ? Si vous me dites ne pas avoir réellement ressenti quelque chose, c’est que la véritable foi est encore insuffisante chez vous. Lorsqu’on pratique avec la Une pensée de la foi, infailliblement, les œuvres et vertus se réalisent. Notre vie est dotée de nos fautes d’offenses au Dharma depuis une infinité d’éons dans le passé. Pour la purifier également, il est important de respecter, d’accepter et d’absorber le «remède bon et efficace», autrement dit, de pratiquer la récitation du Daimoku. Je change de sujet. Ce mois ci auront lieu les cérémonies de Ontaié au temple principal. Selon le calendrier lunaire, Nichiren Daishônin s’est éteint le 13 octobre de la cinquième année de Kôan. Selon le calendrier actuel, cette date correspond au 21 novembre. Pour cette raison, la veillée et la cérémonie du jour même ont lieu respectivement les 20 et 21 novembre. Vous le savez, cette cérémonie a pour but de louer la bienfaisance de Nichiren Daishônin, le Bouddha doté des trois vertus de souverain, maître et parents. Il y a sept cents ans, Nichiren Daishônin, abandonnant sa vie et son corps, révéla le bon Dharma, à l’instar de : «Je pose ici ce remède, bon et efficace », disant : «La rigueur et compassion de Nichiren étant immense, Nam Myôhôrengekyô s’écoulera plus de dix mille ans, jusque dans le futur, apportant les œuvres et vertus d’ouvrir les yeux aveugles de tous les êtres du Japon et d’obstruer le chemin vers l’enfer sans intermittence». Lorsque nous récitons Nam Myôhôrengekyô avec foi dans le Bouddha originel et ses paroles empreintes de conviction, non seulement nous nous sauvons nous-mêmes de l’enfer aux souffrances sans intermittence, de plus, par shakubuku, nous sauvons également les autres de cet enfer. En d’autres termes, grâce à la pratique de la récitation du Daimoku, nous pouvons purifier toutes les fautes du passé. Pour cette raison, louant la grande rigueur et compassion du Bouddha originel doté des trois vertus, nous procédons au rite de Oéshiki, afin de témoigner notre gratitude pour sa bienfaisance. La cérémonie de Oéshiki se déroule aux mois d’octobre et de novembre dans les temples locaux. De nombreux temples l’ont déjà célébrée. Peut-être avez-vous déjà tous participé à Oéshiki, cette année, dans vos temples respectifs. Si parmi vous, certaines personnes n’y ont pas participé, je leur demanderai de profondément méditer sur leur indolence et l’insuffisance de leur foi, les empêchant d’exprimer leur gratitude et, à partir de l’année prochaine, d’assister, coûte que coûte, à Oéshiki dans le temple auquel elles sont rattachées. En tout état de cause, lorsque, tout en vénérant sans cesse les trois vertus du Bouddha, nous exprimons notre reconnaissance envers sa bienfaisance, alors, les diverses fautes d’offenses au Dharma perpétrées depuis le passé en raison de diverses causes et conditions, sont purifiées. Purifier signifie apurer les fautes d’offenses au Dharma et réaliser, pour nous, êtres ordinaires, les œuvres et vertus du triple corps sans artifice, comme le Bouddha originel de l’ensemencement dans la Fin du Dharma, au triple corps sans artifice. Permettez-moi un aparté. Il existe aujourd’hui au Japon diverses universités. Certaines sont grandes, d’autres petites, il en existe de toutes sortes. A Tokyo, l’une d’entre elle s’appelle Université de Méjiro. Avant la seconde guerre mondiale, c’était une école de commerce, appelée Ecole de commerce Méjiro. Après la guerre, elle s’est agrandie, a obtenu les certifications nécessaires et est devenu aujourd’hui une université. Je ne suis jamais allé dans cette université. J’en ai simplement entendu parler. Il paraît que, dans chaque salle, il y a un cadre, accroché au mur. Dans ce cadre, il est écrit : «souverain, maître et parents». Autrement dit, l’objectif, en quelque sorte, pour l’éducation dans cette université, est manifesté ainsi. Les fondements de l’éducation de cet établissement sont «le souverain, le maître let les parents». Bien sûr, cette université enseigne diverses matières et programmes d’études. A divers titre, elle n’est en rien différente des autres universités. Cependant, du fait de cette présence des «souverain, maître et parents», on comprend que, fondamentalement, elle a reçu l’enseignement de Nichiren Daishônin. De toute façon, il ne pourrait en être autrement, puisque, d’après ce que j’ai entendu, des moines et des pratiquants de la Nichiren Shôshû, en particulier Monsieur Sôkei Mitani, étaient concernés dans la fondation, puis dans l’éducation de cette école. Il y avait également, à l’époque, Monsieur Shunnosuke Fujimoto, fondateur de la délégation appelée Danshô Kyôkai. Aujourd’hui, il existe le temple Danshôji, dans la préfecture de Chiba, dont cette délégation est à l’origine. Par ailleurs, Monsieur Sôkei Mitani initia dans la pratique Messieurs Tsunesaburô Makiguchi et Jôsei Toda (1e et 2e présidents), de la Soka Gakkai. Ainsi, ces personnages furent à l’origine de l’école de commerce de Méjirô, devenue aujourd’hui université, dont la devise est «souverain, maître et parents». En ce sens également, je suis parfaitement convaincu que, si nous récitons le Daimoku en ayant en permanence une profonde foi et vénération envers le souverain, le maître et les parents, sans oublier de rétribuer notre dette de gratitude envers eux, alors, naturellement, nous accompliront la pratique personnelle et la conversion d’autrui, ainsi que notre purification physique et spirituelle. Je termine en priant pour que vous ressentiez, en votre corps et votre âme, les œuvres et vertus d’être venus vous recueillir au temple principal aujourd’hui et que, dès demain, grâce à votre progression, vous réalisiez de grandes œuvres et vertus dans la vaste propagation du bon Dharma. Je vous remercie. Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs. Cette année entre déjà en son dernier mois. Nous avons ensemble effectuée la pratique traditionnelle du premier dimanche du mois, de une heure de Daimoku pour la vaste propagation. Aujourd’hui, neuf cents personnes effectuant leur Tozan mensuel et des personnes venues pour leur Tozan de chapitre on participé à cette pratique. Aussi, ce grand Kyakuden est-il pratiquement rempli. Il fut un temps où j’ai eu un entretien avec Monsieur Kisôji Yanagisawa, secrétaire général de la Fédération des Hokkekô, au sujet de la fréquentation du temple principal par les pratiquants de la Nichiren Shôshû et l’élévation de leur foi. Nous avions pris des décisions et les avons mises en application. Toutefois, serait-ce du fait du manque de clarté des objectifs, peu de gens se sont rassemblés. Au plus faible, le nombre des participants était de quatre cents, voire cinq ou six cents. Aujourd’hui, vous êtes plus de neuf cents, approchant peu à peu le millier de participants. Il n’y a pas de Tozan mensuel les mois où se déroulent des grandes cérémonies au temple principal. Par contre, il a lieu immanquablement les autres mois. Lors de ces Tozan, des moines donnent des sermons et, parallèlement, Monsieur Yanagisawa, fort de sa longue accumulation de foi et d’expériences, parle de manière très appropriée, procurant de précieux encouragements aux pratiquants. Je suis personnellement très heureux que, de son état de vie de progression courageuse, il aie pu ainsi encourager tant de personnes. Monsieur Yanagisawa a un an de moins que moi. Il a donc dépassé l’âge de quatre-vingts ans. Toutefois, je souhaite que tant que sa santé le lui permettra, il poursuive ses efforts pour la progression de la vaste propagation, en tant que secrétaire général (sôkôtô) du Hokkekô. Je souhaite également que les dai kôtô, qui ont travaillé assidûment avec Monsieur Yanagisawa et les cadres de la fédération des Hokkeô, réfléchissent à l’année écoulée, du point de vue des œuvres et vertus de cette dernière pratique du Daimoku et progressent encore l’année prochaine. Quant aux œuvres et vertus de la pratique du Daimoku, Nichiren Daishônin en parle presque tout au long de ses plus de quatre cents écrits. Il nous a donné tout au long de sa vie, la pratique de la récitation du Daimoku Nam Myôhôrengekyô, du point de vue de la profonde signification du Dharma, en tant que voie fondamentale, voie unique, délivrant des souffrances et peines relatives aux divers états de vis de tous les êtres. La source se situe dans le passé infini de kuon ganjo. A présent, le Bouddha originel, apparu sous l’aspect d’un homme ordinaire dans la période de la Fin du Dharma, eut à faire face à de multiples épreuves. Son action correspondait complètement à l’enseignement du Sutra du Lotus. Aussi, Nichiren Daishônin a ouvert pour nous, hommes ordinaires, quelle que soit notre position, quelles que soient nos difficultés, la voie vers le bonheur, libératrice des souffrance. Nous devons véritablement en avoir conscience. Nous pratiquons tous. Toutefois, certains ne peuvent s’empêcher d’être indulgent envers eux-mêmes. Je pense que l’indulgence envers soi-même est l’origine du malheur des hommes. En bouddhisme, on appelle cette attitude «attachement au moi» (gashû). Cet attachement déraisonnable envers soi-même existe en chacun. Il existe, par exemple, les doctrines du don, du respect des préceptes, de la patience, de la progression, de la concentration et de la sagesse. Chacune de ces perfection est, en réalité, extrêmement vaste et profonde. L’étude de ces éléments montre que, tant pour la pratique du don que pour celle de la concentration, ou encore celles de la patience ou de la sagesse, l’ampleur de leur contenu demande plus d’une vie d’étude. Il est pratiquement impossible de les expérimenter. Toutefois, leurs contenus sont tous présents dans les cinq, sept caractères de Myôhôrengekyô. Nous-mêmes, êtres ordinaires plongés dans l’illusion, vivons dans les six voies de l’enfer, des esprits affamés, des animaux, des ashuras, des hommes et des cieux. Nous manifestons divers esprits pervertis dans notre vie quotidienne. L’attachement à ces sentiments relève également de l’attachement au moi. Même les bodhisattvas pratiquants les six perfections possèdent encore une parcelle d’attachement au moi, c’est-à-dire de l’indulgence envers eux-mêmes. Si nous nous arrachons de tous ces attachements et parvenons au véritable Dharma merveilleux, nous, hommes ordinaires tels que nous sommes, pouvons obtenir les œuvres et vertus de devenir Bouddha dès ce corps. Le Gosho nous l’enseigne sans cesse. En fait, il s’agit de l’état de vie de «isshin yokken butsu, fujishaku shinmyô» : désirant de tout leur cœur voir le Bouddha, ils ne ménagent ni leur corps, ni leur vie. En ce sens, il est important que, dorénavant, sur la voie du véritable éveil, jusqu’au soir de notre instant suprême, ou plutôt, tournés vers le futur ultérieur à notre instant suprême, tout en recevant les bienfaits immenses et précieux traversant les trois phases, nous ouvrions un état de vie calme, jouissant de la félicité du monde des dharmas. Par ailleurs, le bouddhisme donne une très grande importance au «temps». Le temps de temps en temps, existe en fonction de l’état de vie et de la position sociale. Je pense qu’il est important, du point de vue de l’ascèse du Dharma merveilleux, de bien appréhender le temps. Cela fait à présent vingt-sept ans que j’ai accédé à ma charge. Je pense avoir fais les choses du mieux que j’ai pu. Toutefois, vu des yeux du Gohonzon, vu des yeux de Nichiren Daishônin, ce ne furent qu’imperfections. J’en suis sincèrement confus. Pourtant, à divers titres, la Nichiren Shôshû a détruit les doctrines erronées et a défait le démon. Aujourd’hui, elle a progressé, sur la base de la véritable harmonie entre les moines et les laïcs, en réalisant le «Tozan des trente milles» en 1990, le «Tozan des soixante milles» en 1994, le «Tozan des cent milles» en 1998, année où par une relation de causalité inouïe, ce Kyakuden fut achevé et, enfin, le «Tozan des trois cent milles» en 2002. A présent, la Nichiren Shôshû progresse encore vers l’année 2009, année commémorative du «750e anniversaire de la présentation de la bonne doctrine du Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude». Toutefois, après ces vingt-sept années, je pense qu’il est nécessaire de rénover l’esprit de la Nichiren Shôshû. Aussi, ai-je décidé de me retirer au terme de cette année et ai l’intention de faire le nécessaire au cours du mois de décembre. Mesdames et Messieurs, je vous remercie vivement de tout ce que vous avez fait pour moi au cours de ces nombreuses années. Je remercie en particulier le Secrétaire général, les cadres de la fédération, ainsi que les Kôtô de chaque temple pour leur dévouement à mon égard. Cependant, mon aspiration est uniquement de servir la Nichiren Shôshû, tant que je le pourrai, afin d’assurer sa protection et sa pérennité, jusqu’au soir de mon instant suprême. La personne que j’ai choisi pour me succéder a en fait longtemps travaillé à l’administration de la Nichiren Shôshû. C’est par ailleurs un homme remarquable, prééminent dans la foi, la pratique et l’étude. Je suis convaincu que son talent et sa personnalité ne cèdent en rien aux miens. Je prie du fond du cœur pour que vous progressiez dans la véritable harmonie des moines et des laïcs, sur la base des directives du nouveau Surintendant, Souverain du Dharma de la Nichiren Shôshû. Je termine mes paroles de ce jour en priant du fond du cœur pour votre progression et votre santé. Merci.
[i] Le principal et le support : Eshô) : abréviation de “la rétribution pour le principal et son support (Ehô shôhô); suivant les actes du passé, la rétribution touche à la fois le sujet principal et ce qui constitue son support inséparable, c’est-à-dire le lieu où il existe et les êtres qui lui sont liés. [ii] Avici : Mot sankrit signifiant “sans intervalle”, dont la translittération japonaise est “Abi” ; il désigne l’Enfer sans intervalle, le plus profond des seize enfers, celui d’où l’on ne sort jamais. Lorsque le Bouddha expliqua la souffrance endurée dans les différents enfers, il refusa de parler de l’Enfer sans intervalle car “l’auditoire, effrayé, aurait vomit du sang”. Dans les autres enfers, la souffrance se termine par l’anéantissement du “patient”, soit une mort dans la mort. Il a alors un répit jusqu’à sa prochaine réincarnation en enfer. Ce répit n’existe pas dans l’Enfer Avici, c’est pourquoi, il est qualifié de “sans intervalle” ou “sans intermitence” (NdT). [iii] Différence entre le grand, le petit, le provisoire et le véritable, dans la guérison des maladies (Jibyô daishô gonjitsu imoku) : lettre adressée par Nichiren Daishônin, le 26 juin 1286 à Toki Jônin. Ce dernier avait posé une question sur la cause des épidémies alors fréquentes. Dans les grandes lignes, le Sage suprême répond qu’il existe des maladies du corps et des maladies de l’esprit. Si les premières peuvent être guéries par la médecine, les secondes ne peuvent être soignées que par la doctrine du Bouddha. Or, bien que l’on voit une hiérarchie de valeur au sein de l’enseignement du Bouddha, entre le petit et le grand véhicules, entre les enseignements provisoires et l’enseignement véritable, les diverses écoles bouddhiques, s’attachant à leur propre enseignement, ne font pas cette distinction. Elles accroissent ainsi le mal spirituel et provoquent l’apparition des catastrophes dans le pays.
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