LE BOUDDHISME

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Okô janvier 2010

La lune sort des montagnes et les éclaire.

Le malheur sort de notre bouche et détruit notre corps. Le bonheur sort de notre cœur et nous embellit.

(Mushi mochi Gosho)

Aujourd’hui, à l’occasion de cette première cérémonie de Okô, par laquelle nous manifestons notre gratitude envers la bienfaisance de notre fondateur Nichiren Daishônin, je vous remercie d’être venus vous recueillir en dépit des difficultés de déplacement et d’avoir ensemble lu le sutra et récité le Daimoku.

Comme vous le savez, au temple principal, 1 heure de Daimoku est récitée chaque jour tout au long du mois de janvier, sous la direction du Grand Patriarche Nichinyo Shônin. Nous conformant à cette directive, cette heure de Daimoku est pratiquée également au Shingyôji. Même si l’heure est différente, réciter le Daimoku avec la même volonté, représente l’aspect important de l’esprit des corps différents animés d’un cœur identique (itai dôshin). Je souhaite que les personnes ne pouvant pas venir se recueillir au temple accordent leur emploi du temps au cours de la journée pour pouvoir réciter elles aussi 1 heure de Daimoku par jour.

Par ailleurs, une directive du Grand Patriarche, donnée le 6 janvier nous a été communiquée le même jour, demandant aux moines et aux pratiquants de prier sincèrement le Gohonzon dans la perspective de 2015. Cette directive est affichée sur le tableau situé à côté de l’accueil. Je vous prie d’en prendre connaissance. La prière a été imprimée et vous pourrez l’emporter après la cérémonie pour la placer sur votre butsudan pour la pratiquer lors de vos Gongyô du matin et du soir.

Vous avez tous reçu le calendrier de cette année à l’occasion du Gongyô du nouvel an. Chaque mois, une phrase d’or est citée. Je ferai le commentaire de la phrase du mois à chaque cérémonie de Okô. Ce mois-ci, la phrase est extraite du « Mushi mochi Gosho ».

Ce Gosho est une lettre de remerciement adressée à "l’épouse de Messire de Omosu", autrement dit à la femme de Messire Ishikawa no Hyôe, suzerain de la ville de Omosu, située dans le district de Fuji (l’actuel quartier de Kitayama dans la ville de Fujinomiya), qui avait fait l’offrande de "mushi mochi" et de fruits à Nichiren Daishônin retiré au mont Minobu.

L’épouse de Messire de Omosu était la fille de Nanjô Hyôe Shichiro et la sœur ainée de Nanjô Tokimitsu. On suppose qu’elle a commencé la pratique sur les recommandations de sa mère, veuve de Messire Nanjô et de son frère Tokimitsu et que, en outre, elle avait été guidée par Nikkô Shônin.

Au printemps de l’année 1289 (2e année de Shôô), Nikkô Shônin quitta le mont Minobu, lieu dans lequel les offenses au Dharma étaient désormais perpétrées. Il se rendit alors à Fujji Ueno pour répondre à l’invitation de Nanjô Tokimitsu et y fonda le Taisekiji. En outre, en 1298 (6e année de Einin), grâce à la collaboration des gens du Hokkekô de Koizumi et de Ueno, dont Magosaburô Yoshitada, fils de Ishikawa Yoshisuke, un Mieidô, temple dans lequel est enchâssée une statue de Nichiren Daishônin et un séminaire furent construit sur la terre de Omosu, où Nikkô Shônin alla se retirer.

Nikkô Shônin donna des cours d’une extrême profondeur sur la doctrine en ce séminaire où il s’adonna à l’éducation et la formation de ses disciples. La famille Ishikawa de Omosu participa largement à la construction et au développement du séminaire.

Lorsqu’on se rend en autocar au Taisekiji, on passe immanquablement devant ce lieu et vous l’avez sans doute déjà vu. Malheureusement, ce séminaire où vécut Nikkô Shônin s’appelle désormais Honmonji de Kitayama et est devenu un temple de la Nichiren Shû.

La lettre adressée par Nichiren Daishônin est datée du 5 janvier. Toutefois, l’année n’est pas indiquée. Cependant, ce Gosho est estimé avoir été écrit en 1281 (4e année de Kôan). L’orignal est conservé au temple principal Taisekiji.

Je vais à présent parler du sens général de ce Gosho.

Au début de la lettre, Nichiren Daishônin loue la foi de l’épouse de Messire de Omosu lui ayant fait des offrandes au début de l’année. Il souligne l’importance de prendre soin de passer dignement ce jour, commencement de toute l’année et qui est "le début du jour, le commencement du mois, le point de départ de l’année et l’aube du printemps" et précise que l’attitude spirituelle de celui qui agit ainsi lui permettra d’enrichir ses propres vertus et de vivre aimé des autres.

Nichiren Daishônin indique ensuite où se trouvent l’enfer et le Bouddha. Il révèle qu’ils se situent "dans notre corps haut de cinq pieds". L’enfer ou le Bouddha existent à l’état latent dans notre vie et apparaissent en fonction des conditions.

De plus, il soulève une question : notre vie est issue des mauvaises passions, désir charnel de nos parents et il semble donc impossible que le Bouddha existe à l’intérieur de la vie des êtres ordinaires en proie aux trois poisons de la cupidité, de la colère et de la stupidité. A cette question, Nichiren Daishônin répond par des exemples. De la même manière que la fleur du lotus pousse dans des étangs boueux, que le santal sort de la terre et que la belle princesse Yang Guifei est née du ventre d’une femme de basse extraction, le monde du Bouddha jaillit de notre vie d’êtres ordinaires.

Par ailleurs, Nichiren Daishônin souligne que le bien ou le mal contenus dans notre cœur se manifestent par le biais de nos paroles et de nos actes et invitent le bonheur ou les catastrophes en nous.

C’est justement le passage cité aujourd’hui.

Nichiren Daishônin termine ce Gosho en louant de nouveau l’esprit de faire l’offrande au « Sutra du Lotus » (le Gohonzon) et compare celui qui a foi dans le « Sutra du Lotus » et celui qui s’y oppose. Celui qui, commettant l’offense au Dharma, s’oppose au « Sutra du Lotus » invite le malheur de plus de mille lieues alors que, à l’inverse, celui qui y a foi attire le bonheur de plus de dix mille lieus. En outre, celui qui a foi dans le « Sutra du Lotus » exhale la bonne fortune de la foi comme le santal dégage un subtil parfum.

Je vais à présent parler de la phrase nous intéressant plus particulièrement aujourd’hui.

Comme je l’ai dit à l’instant, Nichiren Daishônin indique par des exemples que "le bien ou le mal contenus dans notre cœur se manifestent par le biais de nos paroles et de nos actes et invitent le bonheur ou les catastrophes en nous".

La lune sortant de derrière la montagne éclaire alors la montagne. Ici, la montagne nous désigne "nous-mêmes" et la lune désigne "les paroles et les actes fondés sur le bien ou le mal contenus dans notre cœur". Ainsi, si l’on critique les autres par un mauvais sentiment, cette attitude nous revient directement et tel quel.

Le bouddhisme parle du principe de "rétribution répondant au causes et aux effets". Ce principe n’est autre que le processus de "à mauvaise cause mauvais effet, à bonne cause, bon effet". Si l’on commet de mauvaises actions, on reçoit de mauvais effets. Il existe cependant des personnes en ce monde qui, malgré leurs mauvaises actions n’en subissent pas la preuve actuelle. Ces personnes sont les pires. En effet, elles n’ont pas conscience de faire le mal et réitèrent sans cesse les mêmes choses. Dès lors, où, ou bien quand, les effets apparaissent-ils ? Ils se manifestent en fait dans la vie suivante, après la mort, par des souffrances provoquées par les mauvaises causes.

A l’inverse, admettons que quelqu’un pense faire quelque chose pour autrui et agisse sans penser à son profit ou à ses pertes, ni attendre un retour. Là encore, il recevra la rétribution sous la forme, cette fois, d’œuvres et de vertus personnelles.

Nichiren Daishônin dit dans un Gosho que "lorsque dans l’obscurité, on éclaire les pas des autres, finalement, on s’éclaire soi-même".

Dans le « Sutra du Lotus » également, on trouve l’expression : "cela se retournera contre l’instigateur". Cette phrase possède la même signification.

C’est pourquoi, il ne faut absolument pas dire du mal des autres. Cette attitude nous détruit nous-mêmes et est la source de corps identiques animés d’un cœur différent.

Lorsque l’on s’adresse à quelqu’un, il convient de faire attention à ce que l’on dit. Une même parole peut être interprétée différemment en fonction des personnes. Par exemple si quelqu’un que l’on apprécie nous dit "tu es beau aujourd’hui", on est content. Si par contre, quelqu’un que l’on déteste nous dit la même chose, on peut penser "il me nargue".

Ce Gosho est souvent lu au début de l’année. Toutefois, puisqu’il contient des éléments auxquels nous devons faire attention en tant que pratiquants, je voudrais le lire encore une fois.

Je voudrais à présent parler succinctement des trois piliers de la foi et de la pratique du Shingyôji dont j’ai parlés dans mon message du nouvel an.

1.    Pratiquons une heure de Daimoku chaque jour

La pratique personnelle est constituée de deux éléments : la pratique principale et la pratique auxiliaire. La récitation du Daimoku constitue la pratique principale. La pratique auxiliaire, elle est constituée du Gongyô et des autres ascèses de la voie du Bouddha. Bien entendu, ce n’est pas parce que nous faisons la pratique principale qu’il n’est pas nécessaire de faire la pratique auxiliaire du Gongyô. Les œuvres et vertus s’accroissent par la pratique des deux.

Toutefois, la pratique importante reste la récitation du Daimoku. Je pense que vous connaissez tous les œuvres et vertus inhérentes à la pratique de la récitation du Daimoku, par le biais de nombreux Gosho, des orientations du Grand Patriarche ou des sermons de mon prédécesseur.

Lorsqu’un problème, une difficulté, une souffrance apparaissent, le chemin s’ouvre immanquablement par la récitation du Daimoku. Il est donc essentiel de réciter le plus possible de Daimoku et de les réciter sincèrement. Cette année, dans le cadre du Shingyôji, récitons donc au moins 1 heure de Daimoku par jour au cours de cette année.

2.    Parlons au plus grand nombre des œuvres et vertus du Daimoku

La pratique de la Nichiren Shôshû est la religion de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui. Le premier pilier est la pratique personnelle. Le second est la conversion d’autrui. La pratique personnelle et de la conversion d’autrui représentent les deux roues d’une charrette. S’il en manque une, la charrette ne bouge pas. De la même manière, la conjonction de ces deux éléments constitue la pratique correcte.

La Fin du Dharma est la période de l’obtention de la voie par la racine de l’ouïe. On entend d’abord le Dharma, puis la foi apparaît. Personne d’autres que nous, qui pratiquons la religion correcte, ne peut faire entendre le Dharma à ceux qui ne le connaissent pas encore.

Le Dharma ne se propage pas de lui-même. C’est pourquoi, Nichiren Daishônin écrivait : "Le Dharma ne se propage pas de lui-même. C’est parce que les hommes propagent le Dharma que les hommes et le Dharma, sont respectables".

Nichiren Daishônin nous encourage disant que parce que les hommes propagent le bon Dharma, ils sont pareillement respectables.

Je vous demande de mettre ces paroles en pratique sérieusement.

3.    Prenons soins d’être un pour tous, tous pour un.

Cette expression est extraite du roman d’Alexandre Dumas, père « Les Trois Mousquetaires ». J’ai lu ce roman dans mon enfance. Je n’ai malheureusement pas encore lu en entier la légende de D’Artagnan.

Je suppose que cette expression vous est très familière.

J’ai bien entendu cité cette phrase dans le sens "prenons soins de réaliser l’esprit des corps différents animés d’un cœur identique".

Dans le bouddhisme du Grand véhicule, en particulier dans l’enseignement de Nichiren Daishônin, il n’est enseigné nulle part qu’il faut uniquement rechercher sa propre bodhhéité. C’est pour cette raison qu’il enseigne la foi de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui.

En même temps, chacun, en tant que fidèle du Shingyôji, en tant que pratiquant de la Nichiren Shôshû, doit prendre conscience de ce qu’il peut faire pour la vaste propagation. Lorsqu’une personne agit pour la vaste propagation, elle agit en fait pour l’ensemble de pratiquants du Shingyôji et pour la Nichiren Shôshû. Cette attitude se lie en outre au profit de la France entière.

Lorsque, parmi les pratiquants, certains souffrent, ont de la peine, penser à ces personnes et les soutenir est aussi l’une des expressions de l’esprit des corps différents animés d’un cœur identique.

Dans une lettre adressée aux gens du Hokkekô de Kanazawa, le 31e Grand Patriarche, Nichi-in Shônin écrivait :

"Il faut en aucun cas que le Hokkekô uni brise le lien des corps différents animés d’un cœur identique et ce, même dans le futur. Si l’un d’entre vous tombe en enfer, il faut que tous les membres du Hokkekô s’allient pour le sauver. Si l’un d’entre vous devient Bouddha, il doit prendre les membres du Hokkekô par la main et les guider vers le mont sacré".

Le Grand Patriarche décrit ici parfaitement l’attitude qui doit être la nôtre.

Bien sûr, l’important est naturellement la foi de chacun. Je termine ce premier sermon de l’année en souhaitant du fond du cœur que chacun pratique sans faille la pratique personnelle que sont le Gongyô et la récitation du Daimoku et s’efforce dans la conversion d’autrui et décuple sa foi et sa pratique, d’une manière appropriée au nom du Shingyôji (shin = foi, gyô = pratique).

Je vous remercie de votre participation.

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Okô février 2010

Dans ce courant, il convient d’imprégner son cœur du Gosho et d’en recevoir la transmission du principe ultime par le maître. S’il reste du temps, il faut écouter (ce qui concerne) le Tendai.

(Exhortations testamentaires de Nikkô Shônin)

 Bonsoir Mesdames et Messieurs.

Je remercie les nombreuses personnes venues, malgré le froid, participer à la cérémonie de Okô par laquelle nous avons ensemble exprimé notre gratitude envers la bienfaisance de notre fondateur Nichiren Daishônin, par le biais de la lecture du sutra et la récitation du Daimoku.

Aujourd’hui, outre Okô, a lieu la cérémonie de "Otanjô é" célébrant la naissance de Nichiren Daishônin le 16 février. Par ailleurs, le 16, une pratique de Daimoku à titre de reconnaissance aura lieu au temple. Je souhaite que les personnes pouvant venir participent à cette pratique et que celles qui ne peuvent pratiquent chez elles ce Daimoku de gratitude.

La phrase du mois sur le calendrier est extraite des « Préceptes testamentaires de Nikkô ».

Nikkô Shônin s’est éteint le 7 février 1333. Un mois plus tôt, le 13 janvier, il écrivit ces « Préceptes testamentaires de Nikkô ». Ils représentent ses dernières exhortations vis-à-vis de tous les disciples futurs, concernant la vaste propagation et la pérennité éternelle du Dharma. Autrement dit, ce sont les dernières volontés de Nikkô Shônin.

J’ai dit à l’instant que ces préceptes s’adressaient à "tous les disciples futurs". Toutefois, il convient de bien comprendre que Nikkô Shônin ayant écrit lui-même à la fin de ce texte : "je laisse vingt-six articles pour le salut et la protection à travers l’éternité", il s’agit donc d’éléments s’adressant non seulement aux moines, mais que doivent respecter strictement aussi bien les moines que tous les pratiquants de la Nichiren Shôshû tout au long de l’éternité du futur.

Evoquant en particulier l’importance des instructions de Nikkô Shônin, le soixante-sixième Grand Patriarche Nittatsu Shônin donnait la directive suivante :

"Le deuxième fondateur, Nikkô Shônin, a hérité de la transmission légitime de Nichiren Daishônin. Puis, en tant que grand guide, il a indiqué la direction à suivre après l’extinction de Nichiren Daishônin. Aussi, lorsque l’on considère Nichiren Daishônin et son enseignement, c’est uniquement à travers l’intégralité des instructions et actions de Nikkô Shônin que l’on peut comprendre le véritable Dharma du Bouddha".

Les « Préceptes testamentaires de Nikkô » sont constitués de vingt-six articles. Chacun d’eux est très important. Il conviendrait, dans la mesure du possible, de tous les traduire. Toutefois, aujourd’hui, je vous ai fait distribuer la partie du début, qui est en quelque sorte le préambule et, également l’article publié dans le calendrier ainsi que l’article précédent.

La semaine dernière, lors de la cérémonie de Kôshi é, je vous disais que l’on pourrait ramener la vie entière de Nikkô Shônin à l’expression "suivre et servir en permanence". J’ai également abordé succinctement l’importance de la foi dans la relation de maître à disciple. A la lecture des « Préceptes testamentaires de Nikkô », on réalise que Nikkô Shônin s’est véritablement évertué à "protéger sincèrement jusqu’au bout le Dharma de Nichiren Daishônin".

Je vais à présent aborder le préambule.

Après mure réflexion, le soleil de sagesse diffusée dans la Fin du Dharma éclaire l’obscurité des offenses au Dharma extrêmement mauvaises et le vent merveilleux de la durée de la vie du passé lointain souffle et emporte la doctrine provisoire de l’éveil premier à Gayâ.

Nous avons ici l’expression "soleil de sagesse". Le Dharma de Nichiren Daishônin est comparé à la lumière du soleil ou encore à la lueur de la sagesse du Bouddha, grande lumière éclairant la Fin du Dharma, ère mauvaise en proie aux cinq souillures.

Dans le chapitre de la « Porte universelle » du « Sutra du Lotus », nous lisons :

"Soleil de sagesse supprimant les ténèbres".

Nichiren Daishônin, lui-même, dans le « Transmission orale de la doctrine » disait :

"Le soleil de sagesse est Nam Myôhôrengekyô que Nichiren diffuse à présent dans la Fin du Dharma. Le soleil de sagesse se résume au Bouddha, se résume au Dharma".

Ensuite, le passage : "le vent merveilleux de la durée de la vie du passé lointain souffle et emporte la doctrine provisoire de l’éveil premier à Gayâ" signifie que Nam Myôhôrengekyô, Dharma véritable du passé hors le temps, surpasse tous les enseignements du vénéré Śākya, y compris la doctrine éphémère du « Sutra du Lotus ».

Le vénéré Śākya lui-même, dans le chapitre des « Pouvoirs transcendantaux » enseigne : "Comme la clarté du soleil et de la lune est capable d’éliminer les ténèbres, cette personne, parcourant le monde, pourra dissiper l’obscurité des êtres". Il prédit ainsi l’apparition dans la Fin du Dharma du Bouddha originel, ultime identique à un homme ordinaire. Conformément à cette phrase du sutra, Nichiren Daishônin est apparu, révéla Nam Myôhôrengekyô, gardé par le Bouddha originel du passé hors le temps et établit le Dai Gohonzon des trois grands Dharmas ésotériques pour le salut de tous les êtres de la Fin du Dharma.

Dans les « Difficultés du Saint », il définit la signification de son apparition au monde :

"Si je n’étais pas apparu dans la Fin du Dharma, le Bouddha aurait été un grand menteur et Nombreux Trésors, ainsi que les Bouddhas des dix directions auraient attesté d’un grand mensonge. Pendant plus de deux mille deux cent trente ans après l’extinction du Bouddha, je suis le seul dans le Janbudvipa à sauver sa parole"

Ah ! Rencontrer le Dharma du Bouddha est rare. Même les exemples de la fleur Udumbara ou du creux du bois flottant sont encore insuffisants.

Ce passage souligne la difficulté de rencontrer le Dharma du Bouddha. La fleur Udumbara est une plante imaginaire fleurissant une fois tous les trois mille ans. On dit que lorsque cette fleure s’épanouit, un Bouddha apparaît. Quant au "creux du bois flottant", il s’agit de la parabole de la tortue borgne.

Dans le « Dialogue du Saint et du sot », Nichiren Daishônin écrit :

"Ainsi, rencontrer ce sutra est comparable à la fleur Udumbara ne s’épanouissant qu’une fois tous les trois mille ans ou à la rencontre de la tortue borgne n’ayant lieu qu’une fois par infinités incommensurables d’éons. Plantez une aiguille dans la terre et lancez une graine de moutarde depuis le palais du roi Dai Bonten. Il est plus difficile de rencontrer le Daimoku du Sutra du Lotus que de parvenir à planter la graine de moutarde sur la pointe de l’aiguille. Plantez une aiguille au sommet d’un mont Suméru. Essayez de faire traverser un fil depuis un autre mont Suméru par grand vent. Il est plus difficile de rencontrer le Daimoku du Sutra du Lotus que de passer le fil à travers le chas de l’aiguille".

Ce passage souligne la difficulté de rencontrer le Daimoku du « Sutra du Lotus ». Nichiren Daishônin donne deux exemples supplémentaires. L’un d’entre eux vient d’être lu. C’est : "Plantez une aiguille au sommet d’un mont Suméru. Essayez de faire traverser un fil depuis un autre mont Suméru par grand vent. Il est plus difficile de rencontrer le Daimoku du Sutra du Lotus que de passer le fil à travers le chas de l’aiguille".

Le mont Suméru se dresse au centre de la conception bouddhiste de l’univers. C’est une montagne d’une hauteur incroyable de 56 yojana (environ 560 000 kilomètres). La montagne la plus haute d’Europe de l’ouest est le Mont Blanc, dont la hauteur est de 4808 mètres. Il ne supporte pas la comparaison avec le mont Suméru. Il est donc plus difficile de rencontrer le Daimoku du « Sutra du Lotus » que de faire pendre un fil depuis le sommet du mont Suméru un jour de grand vent et de le faire passer par le chas d’une aiguille se trouvant sur la terre. Cette orientation montre la difficulté de rencontrer le Daimoku du « Sutra du Lotus », autrement dit Nam Myôhôrengekyô des trois grands Dharmas ésotériques.

Le dernier recensement indique que la population de la France était de 63 600 000 personnes en 2007. Parmi elles, combien ont déjà entendu Nam Myôhôrengekyô ? Même s’il y en a qui l’ont entendu, seuls vous, pratiquants du Shingyôji avez reçu avec foi le Gohonzon et vous efforcez dans la foi et la pratique.

Nous ne devons pas oublier le sentiment de gratitude vis-à-vis du fait d’avoir rencontré le Gohonzon si difficile à rencontrer et de pratiquer. C’est ce que dit Nikkô Shônin dans la phrase suivante :

" Ici, en raison d’un lien résiduel profond, par bonheur, nous avons rencontré ce sutra".

Nous avons reçu avec foi le Gohonzon en raison d’un lien résiduel profond.

Dans le « Traité sur la protection de la Nation », Nichiren Daishônin écrit :

"Entendre le Daimoku de ce sutra et éveiller la foi, dépend du bien résiduel profond. Par exemple, même un mauvais homme ignare, entendra immanquablement le nom de ce sutra et parviendra à la foi en raison de l’existence du bien résiduel du passé. C’est pourquoi, il ne tombera pas dans les mauvaises voies".

Bien entendu, les êtres de la Fin du Dharma sont des hommes ordinaires à l’état brut, dénués du bien à l’origine. Dès lors, pourquoi Nichiren Daishônin ou Nikkô Shônin parlent-ils d’un "lien résiduel profond" ? Cette question s’écarte du thème d’aujourd’hui, aussi ne vais-je répondre qu’en partie. Ceux qui, dans une vie passée, ont reçu avec foi le bon Dharma ont souhaité d’eux-mêmes commettre les mêmes actes que les êtres dénués du bien à l’origine, afin de naître dans le Fin du Dharma et de pouvoir aider à la propagation du Dharma.

Par ailleurs, Nichiren Daishônin écrivait : "Ceux qui, dans la Fin du Dharma, propagent les cinq caractères de Myôhôrengekyô ne doivent pas être particularisés en hommes et femmes. S’ils n’étaient pas tous la manifestation des bodhisattvas jaillis de terre, il leur serait difficile de réciter le Daimoku". Ainsi, chacun de nous est un être dénué du bien à l’origine. Toutefois, Nichiren Daishônin nous encourage, en affirmant que, du point de vue de la réalité, puisque nous avons une foi correcte dans le Gohonzon et récitons Nam Myôhôrengekyô, nous sommes tous apparentés aux bodhisattvas jaillis de terre. Il est donc essentiel de faire davantage d’efforts dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui, avec cette prise de conscience et le sentiment de gratitude.

Ensuite, la dernière phrase du préambule :

Aussi, si, pour les disciples à venir je teinte le bout de mon pinceau pour écrire ces articles, c’est uniquement par respect pour les paroles d’or de la vaste propagation.

Ce que Nikkô Shônin a écrit ici, a pour unique but la réalisation de "Kôsen Rufu", la vaste propagation, dernières volontés de Nichiren Daishônin. Il écrit ensuite les vingt-six articles.

Je vais à présent lire à la suite les deux articles en question :

Sans avoir auparavant assimilé la logique de la doctrine (de Nichiren Daishônin), il ne faut pas étudier le Tendai.

 Dans ce courant, il convient d’imprégner son cœur du Gosho et d’en recevoir la transmission du principe ultime par le maître. S’il reste du temps, il faut écouter (ce qui concerne) le Tendai.

Ces deux phrases expriment des éléments similaires.

La première phrase est une instruction nous demandant avant tout de bien intégrer le Dharma de Nichiren Daishônin en suivant le maître. Si, avant d’avoir établi notre foi vis-à-vis du Dharma de Nichiren Daishônin, ou avant d’avoir compris sérieusement ses bases, nous étudions le Tendai, nous finirons par faire comme les cinq moines ainés qui, tout en étant disciples de Nichiren Daishônin, se qualifiaient de "moines du Tendai". De telles personnes existaient même à l’époque de Nikkô Shônin. C’est la raison pour laquelle il donna en particulier cette instruction.

Le « Sutra du Lotus » est le sutra de référence de l’école du Tendai. Toutefois, il s’agit là du « Sutra du Lotus » au niveau des phrases, prêché par le vénéré Śākya, différent du « Sutra du Lotus » du profond des phrases du chapitre « Durée de la vie », enseigné par Nichiren Daishônin.

De la même manière, de nombreux groupes religieux portent le nom de "Nichiren". Toutefois, aucun d’eux ne pratique correctement le Dharma de Nichiren Daishônin. Ils prennent le vénéré Śākya comme Honzon, certains enchâssent même Hārītī, c’est-à-dire Kishimojin, la mère ogresse. Lire les enseignements ou les livres de ces groupes religieux alors que notre pratique de la Nichiren Shôshû est immature et que dès lors, nous n’avons pas encore la capacité de jugement, il est possible de se laisser entrainer, un jour ou l’autre par ces enseignements. C’est pourquoi, il est important en premier lieu d’établir en nous l’enseignement de Nichiren Daishônin sur la base de la foi, de la pratique et de l’étude.

Pour ce faire, l’important est indiqué dans la phrase suivante.

"Dans ce courant, il convient d’imprégner son cœur du Gosho et d’en recevoir la transmission du principe ultime par le maître. S’il reste du temps, il faut écouter (ce qui concerne) le Tendai".

Puisque l’enseignement de Nichiren Daishônin est consigné dans le Gosho, il est naturel, dans la Nichiren Shôshû de lire le Gosho. Or, il faut le lire avec la foi correcte. Il n’est pas permis de le lire sur la base de nos propres interprétations ou conceptions.

Pour lire correctement le Gosho, il est donc essentiel d’en recevoir le "principe ultime" par le maître héritier de la transmission vitale. Ce "principe ultime" est la doctrine essentielle du profond des phrases de Nichiren Daishônin. Cette doctrine ne peut être transmise que par l’héritier de la transmission vitale à la personne unique.

Les autres courants Nichiren aussi, lisent le « Traité qui ouvre les yeux » ou le « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur ». Or, ils ne peuvent absolument pas lire ces Gosho de la bonne manière. La raison est qu’ils ne possèdent pas la transmission.

Dans la Nichiren Shôshû, le « Traité qui ouvre les yeux » est considéré comme "l’écrit révélant le Honzon en tant que Personne". C’est un important Gosho dans lequel Nichiren Daishônin révèle qu’il est le Bouddha originel de la Fin du Dharma. Or, pour les autres courants le Bouddha originel est le vénéré Śākya et Nichiren Daishônin est un bodhisattva.

Bien entendu, il n’y a écrit nulle part dans le « Traité qui ouvre les yeux » que Nichiren Daishônin est le Bouddha originel. Finalement, c’est justement parce qu’il n’y a rien d’indiqué en ce sens à la surface, qu’il s’agit du "principe ultime", impossible à savoir sans bénéficier de la transmission du véritable maître ayant lui-même reçu la transmission.

Pour cette raison, Nichiren Daishônin écrivait :

"Ce Sutra est difficile à savoir sans la transmission".

Il dit encore :

"Sans la transmission vitale de la foi, garder même le Sutra du Lotus est inutile".

Il est donc essentiel que nous nous efforcions dans la foi, la pratique et l’étude en respectant le Grand Patriarche actuel Nichinyo Shônin comme le maître véritable, en nous rapprochant de lui et le suivant et, ainsi, héritions de la transmission vitale de la foi.

Nikkô Shônin nous dit ensuite que, si nous avons le temps, nous pouvons étudier le Tendai et les autres éléments d’étude.

Là encore, il est nécessaire d’avoir à l’esprit que cette étude a des fins de réfutations et doit avoir pour but de saisir la substance intérieure du Tendai ou du « Sutra du Lotus » pour mettre en valeur le Dharma de Nichiren Daishônin.

En fait, dans la Nichiren Shôshû, après avoir passé dix ans d’ascèse et été nommé maître enseignant, on entre dans l’école Fuji où l’on étudie pendant douze ans les trois œuvres majeures du Tendai. Moi-même, j’ai pu étudier et finir mes études sans encombre. Ceci est un exemple montrant que la Nichiren Shôshû existe conformément aux préceptes testamentaires de Nikkô Shônin, même après sept cents ans.

J’ai parlé assez longuement pour évoquer une partie de l’esprit de Nikkô Shônin à partir d’une phrase de ses préceptes testamentaires. Ce mois-ci est le mois de la naissance de Nichiren Daishônin et de l’extinction de Nikkô Shônin. Pensons à l’état de vie unique de Nichiren Daishônin et de Nikkô Shônin et efforçons-nous davantage dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui en suivant le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin.

Je termine le sermon de ce jour en priant pour votre énergie. Je vous remercie d’être venus.

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Okô mars 2010

Tendai dit : "Voyant la fureur de la pluie, on comprend la taille du dragon. Voyant la luxuriance des fleurs, on comprend la profondeur de l’étang". Miaole dit : "Le sage connaît la genèse des choses et le serpent connaît la voie des serpents". Lorsque le ciel est dégagé, la terre est claire ; celui qui connaît le Lotus, obtient (la connaissance) des lois du monde.

(Traité sur le Honzon)

Je remercie du fond du cœur les nombreux pratiquants venus assister à la cérémonie de Okô (la veillée de Okô) par laquelle nous exprimons ensemble notre gratitude envers la bienfaisance de notre fondateur Nichiren Daishônin.

Ce mois-ci, nous étudions une phrase située à la fin du « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur » écrit par Nichiren Daishônin à Ichinosawa, dans l’île de Sado, le 25 avril 1273.

Lors de la dernière réunion d’étude, j’ai dis que l’échec du moine Ryôkan dans la prière pour la pluie avait été la cause de la persécution de Tatsunokuchi. Ryôkan et les moines de rang élevés des autres écoles, qui détestaient Nichiren Daishônin, avaient tous un lien avec les personnages principaux du gouvernement militaire. Aussi, ils utilisèrent leur influence pour projeter la mort de Nichiren Daishônin. En même temps, soucieux de ne pas se faire remarquer eux-mêmes, ils utilisèrent un moine appelé Gyôbin pour porter plainte contre Nichiren Daishônin auprès du Gouvernement militaire.

Ce procédé entraina la convocation de Nichiren Daishônin par les autorités le 10 septembre 1271. Il fut interrogé par Hei no Saemon no jô Yoritsuna qui le questionna sur la véracité du contenu de la plainte.

Bien entendu, Hei no Saemon n’avait aucune intention d’écouter les dires de Nichiren Daishônin, se contentant d’entrer en fureur à chacune de ses paroles. Afin de réclamer un examen de conscience à Hei no Saemon, Nichiren Daishônin lui écrivit le 12 septembre une lettre intitulée « Au sujet de (ce qui s’est passé) avant-hier ». La réponse de Hei no Saemon no jô Yoritsuna à cette lettre fut la cruauté. A la tête de plusieurs centaines de soldats en armure, il attaqua au milieu de la nuit l’ermitage de Nichiren Daishônin à Matsubagayatsu, piétinant les statues de Bouddha et les rouleaux des sutras.

Pendant ce temps, gardant tout son sang froid, Nichiren Daishônin récitait imperturbablement le Daimoku. Or, le moine Shôbô, qui accompagnait Hei no Saemon, no jô Yoritsuna s’empara du cinquième rouleau du « Sutra du Lotus » que Nichiren Daishônin portait dans sa poche et le frappa avec. Nichiren Daishônin, réprimandant Hei no Saemon no jô Yoritsuna et sa troupe, dit alors d’une voix puissante :

"Que c’est drôle ! Regardez Hei no Saemon devenir fou ! Messire, vous venez de faire tomber le pilier du Japon".

(Les diverses actions)

Reprenant leurs esprits, Hei no Saemon no jô et ses hommes s’emparèrent alors de Nichiren Daishônin et l’emmenèrent au tribunal. Officiellement, on le condamna à l’exil à Sado, mais en réalité, les autorités avaient projeté de le décapiter à Tatsunokuchi. A la mi nuit, on l’emmena au lieu d’exécution de Tatsunokuchi. Nichiren Daishônin, qu’on avait fait assoir au lieu du supplice récitait Daimoku d’une voix sonore. Au moment où l’un des soldats allait abattre son sabre pour le décapiter, un objet lumineux apparut soudain dans le ciel. Finalement, les autorités ne purent parvenir à décapiter Nichiren Daishônin. Celui-ci fut placé pendant un certain temps en résidence dans la demeure de Honma Shigetsura et le 28 octobre, accompagné de Nikkô Shônin, il arriva à l’île de Sado et fut installé en son lieu d’exil de Tsukahara le 1er novembre.

Cette persécution de Tatsunokuchi est l’évènement revêtant la signification la plus importante au cours de la vie de Nichiren Daishônin. En effet, c’est par le biais de cette persécution qu’il manifesta l’abandon de l’éphémère pour révéler l’originel, abandonnant son aspect éphémère de l’homme ordinaire Nichiren, émanation du bodhisattva Jôgyô, pour révéler sa véritable nature de Bouddha originel au degré de dénomination du passé hors le temps.

Nichiren Daishônin écrivit divers Gosho comportant d’importantes doctrines pendant son exil à Sado. Parmi les importants écrits doctrinaux de cette période, on trouve le « Traité qui ouvre les yeux », écrit en février de l’année suivante, 1272, puis le « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur, le 25 avril 1273 ». Le « Traité qui ouvre les yeux » fut adressé à Shijô Kingo et le « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur » à Toki Jônin.

Concernant son enseignement et les doctrines développées postérieurement à l’abandon de l’éphémère pour révéler l’originel, Nichiren Daishônin écrit lui-même dans la « Lettre à Misawa » :

"En ce qui concerne la doctrine, considérez celle qui est antérieure à mon exil au pays de Sado comme les sutras du Bouddha, antérieurs (au Sutra du Lotus)".

Les doctrines antérieures sont donc différentes. On peut le constater également du fait que Nichiren Daishônin inscrivit des Gohonzon après avoir été exilé à Sado.

Forts de ce préambule, étudions à présent la phrase du « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur ».

Le « Traité qui ouvre les yeux est considéré comme le "traité révélant le Honzon en tant que Personne". Il révèle en effet l’identité de la Personne et du Honzon. Par contre, le « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur », lui, est considéré comme le "traité révélant le Honzon en tant que Dharma", démontrant l’identité du Dharma et du Honzon. Ce Gosho établit quel est le bon Honzon nous permettant de recevoir les grandes œuvres et vertus de devenir Bouddha et quel est le bon Dharma à pratiquer.

Dans « L’annexe du Traité sur le Honzon de l’observation du cœur », Nichiren Daishônin écrit :

"J’y ai commenté un peu la doctrine de l’observation du cœur. Je l’offre à Messire Ota et au vénérable moine Kyôshin. Il s’agit d’un sujet de la plus haute importance me concernant".

On comprend par là qu’il s’agit d’un des Gosho les plus importants, dans lequel une doctrine extrêmement profonde est contenue.

Je vais d’abord faire un résumé du Gosho entier.

Le début de ce texte concerne les phrases d’Une pensée trois mille indiquées dans le « Grand arrêt et examen » et constitue l’introduction à l’explication du Honzon pour l’observation du cœur. Il indique également qu’Une pensée trois mille concerne aussi bien les êtres sensitifs que les êtres non-sensitifs. Il enseigne également les deux portes de "la doctrine" et de "la contemplation". Il indique enfin que les statues de Bouddha, ne contenant pas la doctrine d’Une pensée trois mille ne peuvent pas être le Honzon de l’observation du cœur dans la période de la Fin du Dharma.

Ce Gosho expose également la doctrine de cinq niveaux de trois degrés. Ce principe répartit en cinq niveaux d’introduction, de développement et de diffusion. Partant du superficiel pour parvenir au profond, elle indique le Honzon que tous les êtres de la Fin du Dharma doivent vénérer. En outre, le traité indique que ce Honzon n’a pas été révélé dans les deux périodes de la Rectitude et de la Semblance, car il a été confié aux bodhisattvas jaillis de terre qui doivent apparaitre dans la fin du Dharma et le révéler.

Il dit en effet :

Alors, les jaillis de la terre de mille mondes apparaîtront, prenant pour assistant le vénéré Shakya de la doctrine originelle et établiront en ce pays le meilleur Honzon du Janbudvipa".

Enfin, il indique que le Bouddha du passé hors le temps fera son apparition et, avec les cinq caractères du Dharma merveilleux, substance d’Une pensée trois mille en sa réalité, sauvera tous les êtres.

Ce bref résumé ne peut naturellement pas épuiser le contenu insondable de ce Gosho. La doctrine d’"Une pensée trois mille" comme celle des "cinq niveaux de trois degrés", en particulier, sont des sujets relevant de l’enseignement de l’ensemencement au profond des phrases et sont des doctrines extrêmement profondes. Aussi, elles sont absolument inaccessibles sans, bien entendu, la "foi" dans le Gohonzon, mais aussi les directives des Souverains du Dharma successifs.

Nous allons à présent aborder le passage de ce mois.

Juste avant ce passage, nous lisons :

"Fort de cela, je pense aux grands séismes, aux grandes comètes et autres calamités inouïes dans les périodes de la Rectitude et de la Semblance. Elles ne peuvent être l’œuvre des Garudas, des Ashuras ou des dragons. Elles sont uniquement le présage de l’apparition des quatre grands bodhisattvas".

La lecture de cette partie, même si elle n’est pas mentionnée sur le calendrier, permet de mieux comprendre la phrase étudiée aujourd’hui. C’est pourquoi je souhaite la citer.

Elle fait suite à un autre passage disant, en substance : "Les bodhisattvas jaillis de terre apparaitrons dans la Fin du Dharma et établiront le meilleur Honzon dans ce pays. Si les bodhisattvas jaillis de terre ne se manifestent pas dans la Fin du Dharma, alors, le Bouddha ne sera qu’un grand menteur".

Nichiren Daishônin écrit ensuite : "Fort de cela, je pense aux grands séismes, aux grandes comètes et autres calamités inouïes dans les périodes de la Rectitude et de la Semblance". Il ajoute : " Elles ne peuvent être l’œuvre des Garudas, des Ashuras ou des dragons". Il explique alors la signification de ces catastrophes, disant : "Elles sont uniquement le présage de l’apparition des quatre grands bodhisattvas".

Les "Garudas", les "Ashuras" et les "Dragons" sont des créatures non-humaines présentes lors de l’assemblée du « Sutra du Lotus ». Ce sont des divinités bienfaisantes ayant pour fonction de protéger le pratiquant du « Sutra du Lotus ». Dans l’Inde antique, on pensait qu’elles provoquaient les tremblements de terre, les tempêtes et autres catastrophes. Toutefois, Nichiren Daishônin interprète les grands séismes de son époque non pas comme les catastrophes habituellement provoquées par les huit catégories d’êtres, mais comme le présage de l’arrivée des bodhisattvas jaillis de terre.

C’et alors qu’apparaît le passage étudié ce mois-ci.

Tendai dit : "Voyant la fureur de la pluie, on comprend la taille du dragon. Voyant la luxuriance des fleurs, on comprend la profondeur de l’étang".

Cette phrase est extraite des « Mots et phrases du Lotus ». On dit que le dragon gère la pluie. Toutefois, ici, j’interprète dragon par nuage. Autrement dit, on appelle dragon l’accumulation de nombreux nuages. Ainsi, lorsque qu’il y a de gros nuages de pluie, il pleut averse. Aussi, lorsqu’on voit la pluie tomber en abondance, on comprend la grosseur des nuages de pluie.

Ensuite, la phrase : "Voyant la luxuriance des fleurs, on comprend la profondeur de l’étang" possède la même signification. Si les fleurs de lotus et autres fleurs fleurissent à profusion dans un étang, on comprend alors que leurs racines sont profondément et solidement enracinées au fond de l’étang. Si l’étang est peu profond, il n’y aura pas beaucoup de fleurs et les pédoncules ne pousseront pas.

Aussi, Nichiren Daishônin montre, en citant Zhiyi, que le grand tremblement de terre de l’ère Shôka, les comètes de l’ère Bun’nei étant des événements sans précédents, leur signification étaient inconcevablement importante.

Le Grand Patriarche retiré Nikken Shônin, quant à lui, donnait l’orientation suivante :

"(Diverses formes de trois catastrophes et sept désastres se produisirent à l’époque de Nichiren Daishônin).Ce ne sont pas là de simples difficultés. Elles représentent l’aspect de la perte totale de l’enseignement du vénéré Shakya. En même temps, elles constituent le présage de l’apparition du grand enseignement apte à véritablement sauver tous les êtres pour l’éternité suivant l’extinction du Bouddha".

Ensuite :

Miaole dit : "Le sage connaît la genèse des choses et le serpent connaît la voie des serpents".

Ce passage est inspiré des « Notes sur les Mots et Phrases » du grand maître Miaole

Il y eut divers bienfaits grâce à l’apparition des bodhisattvas jaillis de terre. L’un d’eux est que ceux qui s’étaient attachés à l’enseignement du Bouddha ayant obtenu l’éveil pour la première fois, virent leur attachement ébranlé et naître le doute. La citation apparaît dans le passage des « Notes sur les Mots et phrases » expliquant ce principe.

La foule des auditeurs dont le bodhisattva Maitreya, voyant l’apparition des bodhisattvas jaillis de terre fut extrêmement étonnée. Le bodhisattva Maitreya demanda au vénéré Shakya qui étaient ces gens. La réponse à cette question est le chapitre « Durée de la vie ».

Maitreya était un bodhisattva de très haut rang. C’est pourquoi, tout en étant très étonné de l’apparition des bodhisattvas jaillis de terre, il connaissait en fait la signification de leur apparition et la teneur de leur sagesse. C’est ce qui signifie l’expression : " Le sage connaît la sagesse". Le "sage" désigne le bodhisattva Maitreya et la "sagesse" est la profonde sagesse des bodhisattvas jaillis de terre.

Le serpent connait ce qui concerne les serpents. Cet exemple possède la même signification.

Les paroles originales des « Notes sur les Mots et phrases » sont telles que je viens de le dire : "Le sage connaît la sagesse". Or, Nichiren Daishônin, lui, écrit : "Le sage connaît la genèse des choses". Nikken Shônin disait à ce sujet :

"Finalement, Nichiren Daishônin a cité cette expression pour exprimer le fait que seuls les bodhisattvas jaillis de terre connaissait chaque fondement du Dharma, que ce soit l’enseignement de la doctrine originelle de Shakyamuni, le profond Dharma de cette doctrine, ou leur propre profond état de vie. C’est pourquoi, on peut appliquer l’expression "le sage" aux bodhisattvas jaillis de terre. (…) En fait, la profonde sagesse de l’enseignement originel est indiquée par le mot "sage". Ce sage connaît la genèse de tous les Dharmas du Bouddha. Aussi, dans la période de la Fin du Dharma, alors que ce grand Dharma est sur le point d’apparaitre, les trois catastrophes et sept désastres se produisent tous en tant que signes avant-coureurs montrant l’extinction sans s’éteindre du Dharma originel. C’est dans ce sens que Nichiren Daishônin écrit ‘le sage connaît la genèse des choses et le serpent connaît la voie des serpents’".

Autrement dit, cette phrase sous-entend que Nichiren Daishônin est Bodhisattva jailli de terre et, en outre, puisque son état de vie est celui du Bouddha originel de la Fin du Dharma ayant abandonné son aspect éphémère pour révéler sa nature originelle, elle sous-entend qu’il est le Bouddha originel.

Voyons à présent la dernière phrase du passage.

Lorsque le ciel est dégagé, la terre est claire ; celui qui connaît le Lotus, obtient (la connaissance) des lois du monde.

Lorsqu’il fait beau temps, on distingue bien la forme des terres et des maisons. On peut également voir les lointains paysages. Par contre, les jours de pluie ou lorsque le ciel est nuageux, on ne distingue pas nettement le paysage. De même, lorsqu’on croit fermement à l’enseignement correct du « Sutra du Lotus », on voit de manière juste tous les phénomènes de ce monde.

Bien entendu, "celui qui connaît le Lotus" désignant les personnes gardant, croyant et pratiquant du fond du cœur le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle, on peut appliquer cette expression à nous-mêmes.

Il existe des expressions telles que "La loi du Bouddha est la loi mondaine" ou "la foi est la vie quotidienne". Dans le « Sutra du Lotus » lui-même, il est enseigné : "les maximes politiques, les règles de vie et les activités de subsistance de tous les domaines ne sont pas différents ni opposés au véritable aspect".

Pour savoir cela, il est important d’avoir de précieuses expériences de pratique par la pratique sérieuse de la récitation du Daimoku permettant de trouver une solution aux problèmes mondains quels qu’ils soient et de progresser. Grâce à ses expériences de pratique, on peut personnifier par soi-même l’expression "la loi du Bouddha est la loi mondaine". L’enseignement de Nichiren Daishônin n’est pas excellent seulement théoriquement. C’est la religion permettant de faire apparaître ses œuvres et vertus dans la réalité de nos vies quotidiennes.

Par ailleurs, l’un des bienfaits de la pratique du « Sutra du Lotus » est ce qu’on appelle la "purification des six racines". La purification de nos facultés personnelles de vue, d’ouïe, d’odorat, de goût, de toucher et de mental est expliquée par Nichiren Daishônin dans la « Transmission orale de la doctrine » par ces mots :"le bienfait est de devenir Bouddha dès ce corps, c’est la purification des six racines". Autrement dit, la purification des six racines est l’éveil dès ce corps.

Seul le Dharma de Nichiren Daishônin permet de manifester en nous ce grand bienfait.

Je termine ce sermon à l’occasion de la cérémonie de Okô en priant pour votre progression énergique, en souhaitant que vous graviez ce passage du « Traité sur le Honzon de l’observation du cœur » dans votre cœur et, tournés vers le 770e anniversaire de la naissance de Nikkô Shônin en 2015, ayez la grande conviction de "pouvoir infailliblement devenir Bouddha", quelles que soient les difficultés.

A la fin du mois, il y aura le Tozan de l’Aération des trésors sacrés. A mon retour, je célèbrerai Okô, mais, le lendemain, sur ordre du Département d’outremer, je serai en déplacement en Angleterre, Italie et Serbie pendant deux semaines. Je serai donc absent au cours de cette période. Je vous demande votre compréhension et votre collaboration.

Merci de votre visite.

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Okô avril 2010

Dans le quatrième volume de ce sutra, il est dit : qu'il soit laïc ou qu'il soit moine, critiquer ne serait-ce que d'un mot celui qui garde le Sutra du Lotus est un crime grave, plus grave que de critiquer directement le vénéré Shakya pendant un éon. Le sutra rajoute "que ce soit à tort ou à raison". Lisant cela, je me fais cette réflexion : même s'ils l'ont oublié, ceux qui gardent le Sutra du Lotus ne doivent pas se critiquer mutuellement. La raison est que tous ceux qui gardent le Sutra du Lotus sont immanquablement Bouddha. Critiquer un Bouddha est un crime.

(Réponse à Messire Matsuno)

 Nichiren Daishônin a écrit ce traité le 9 décembre de la 2e année de Kenji (1276) à l’âge de 55 ans. Il était alors retiré au mont Minobu. En fonction du contenu, ce Gosho est également intitulé « Traité sur les quatorze offenses ».

Le nom complet de Messire Matsuno était Matsuno Rokurô Saemon no jô. Par la suite, il devint Nyûdô, ou "entré dans la voie". Il était le suzerain du district de Matsuno, dans la région de Ihara, du pays de Suruga. Il aurait eu trois enfants. L’un d’eux, l’aîné, prit la succession de son père dont il reprit le nom de Rokurô Saemon. La seconde, se maria avec un des membres de la famille Ueno et devint plus tard la veuve de Ueno, mère de Messire Tokimitsu. Le troisième, entra jeune dans les ordres au temple Shijûku-in où, il rencontra Nikkô Shônin dont il devint le disciple. En la 7e année de Bun’nei, il devint disciple direct de Nichiren Daishônin dont il devint, par la suite, l’un des six disciples majeurs sous le nom de Nichiji.

Le 17 février de la même année, Nichiren Daishônin avait écrit la « Missive à Messire Matsuno » dans laquelle il disait :

"Tout en étant un laïc, alors que tous me détestent et bien que vous ne m’ayez pas encore rencontré, pourquoi m’accordez-vous ainsi votre confiance" ?

Selon cette lettre on comprend que Messire Matsuno a commencé la pratique au début de la 2e année de Kenji. Le processus ayant entrainé sa conversion n’est pas précis, car diverses thèses existent. Toutefois, l’une d’entre elles établit que Shimotsuke kô Nichigen, dont le nom est cité dans cette lettre était devenu disciple de Nichiren Daishônin, converti par Nikkô Shônin. Ce serait Nichigen qui aurait converti à son tour Messire Matsuno. Dans tous les cas, ses enfants ayant tous un lien profond avec Nikkô Shônin, il est hors de doute que Nikkô Shônin, Nichiji et les gens de la famille Nanjô lui ont fait shakubuku.

Par ailleurs, au moment de sa conversion, il était déjà d’un grand âge et il ne put rendre visite à Nichiren Daishônin au mont Minobu. Toutefois, il fit sans cesse des offrandes sincères et fit des efforts quotidiens dans le Gongyô et la récitation de Daimoku pour sa propre boddhéité. Il quitta ce monde en novembre de la 1ère année de Kôan (1278).

Comme d’habitude, je vais résumer ce Gosho dans son ensemble.

Au début, Nichiren Daishônin fait l’éloge de l’attitude dans la foi de Messire Matsuno vis-à-vis de l’offrande qu’il lui a faite et explique sa condition au mont Minobu, disant "alors que peu de gens viennent me voir, il est très étrange que vous m’écriviez souvent".

Il loue ensuite maître Nichigen qui, rejetant les honneurs et la renommée, convertit de nombreuses personnes, dont Messire Matsuno.

Nichiren Daishônin répond ensuite à la question posée par Messire Matsuno : "Y a-t-il une différence au sein des œuvres et vertus de la récitation du Daimoku", en exposant les raisons pour lesquelles il n’existe pas de différence d’œuvres et vertus entre les Daimoku récités par un sage ou un sot. Par contre, il met en garde contre les "quatorze offenses" dans le cadre de la pratique du « Sutra du Lotus », offenses auxquelles doivent faire attention les moines comme les laïcs.

La partie étudiée aujourd’hui concerne justement ce point.

Nichiren Daishônin enseigne ensuite l’attitude spirituelle que doivent avoir les moines et les laïcs par le biais de l’exemple de la recherche du Dharma au péril de sa vie, faite par le Garçon des monts enneigés (Sessen Dôji) qui, par esprit de recherche jeta son corps en pâture à un ogre.

Ensuite, citant le sutra, il dénonce l’attitude des moines se livrant aux plaisirs et aux débats inutiles, les qualifiant d’animaux, de voleurs ayant revêtu la peau des maitres du Dharma et exhorte à l’ascèse en rejetant son corps et sa vie et à la propagation par shakubuku.

Nichiren Daishônin conclut ensuite cette lettre par l’importance pour les laïques de la récitation du Daimoku et de l’offrande. En outre, il préconise la diffusion par shakubuku et explique l’état de vie de la boddhéité suprême en décuplant sa foi.

Je passe à présent aux commentaires de la phrase.

Dans le quatrième volume de ce sutra, il est dit : qu'il soit laïc ou qu'il soit moine, critiquer ne serait-ce que d'un mot celui qui garde le Sutra du Lotus est un crime grave, plus grave que de critiquer directement le vénéré Shakya pendant un éon. Le sutra rajoute "que ce soit à tort ou à raison".

Comme je l’ai déjà dit, cette lettre est une réponse à une question posée par Messire Matsuno : "y a-t-il une différence dans les œuvres et vertus dans la récitation du Daimoku". ? Nichiren Daishônin répond qu’il n’y a pas de différence entre le Daimoku récité par un sage et celui récité par un sot. Il précise toutefois que "Toutefois, si l’on s’oppose au cœur de ce sutra, il y a alors une différence". Il existe une différence dans le Daimoku récité par celui qui commet les quatorze offenses et qui critique le pratiquant du « Sutra du Lotus ».

Tous les êtres possèdent la nature du Bouddha. Tout le monde garde la graine permettant de devenir Bouddha. Aussi, si l’on a foi et pratique correctement le « Sutra du Lotus », tout le monde peut recevoir la grande œuvre et vertu de devenir Bouddha.

En d’autres termes, celui qui garde le « Sutra du Lotus » est proche du Bouddha. Dès lors, critiquer cette personne constitue un crime "plus grave que de critiquer directement le vénéré Shakya", comme cela est écrit dans le « Sutra du Lotus ».

En fait, ceux qui gardent le Gohonzon et pratiquent l’ascèse de la foi cultivent leur nature du Bouddha. Aussi, les critiquer, revient à critiquer le Bouddha, ce qui est un crime grave.

Ou encore, par exemple, une personne venant juste de commencer la pratique est critiquée par une autre. Ayant encore une foi superficielle et n’ayant pas encore établi une pratique solide, elle risque d’être ébranlée par les médisances et concevoir des doutes, ayant pour effet de lui faire arrêter la pratique. L’incroyance étant une offense au Dharma, faire commettre l’offense au Dharma aux autres par la médisance détruit la graine de Boddhéité. C’est pourquoi, ce crime est plus grave que d’offenser le Bouddha lui-même.

En même temps, ceci montre la grandeur des œuvres et vertus de la foi dans le « Sutra du Lotus ».

La cohésion des corps différents animés d’un cœur unique est importante dans la pratique de la Nichiren Shôshû. Nichiren Daishônin écrivait :

"Avec des corps différents animés d’un cœur unique tout pourra être réalisé. Un corps unique doté de cœurs partagés ne réaliseront rien". (Sur les corps différents animés d’un cœur unique)

Si des gens progressant vers la vaste propagation dans la cohésion des corps différents animés d’un cœur unique se montrent mutuellement les dents ou se critiquent, c’est, comme le souligne la phrase lue à l’instant, un grave crime, entrainant finalement la chute dans l’enfer aux souffrances sans intermittence.

"Que ce soit à tort ou à raison".

Prenons l’exemple d’une personne appelée A. Admettons que monsieur A ait dit du mal d’un pratiquant. De plus, Monsieur B, qui a entendu les médisances répand autour de lui que "Monsieur A dit du mal d’untel". Dans de telles conditions, on ne peut pas construire une organisation où règne l’esprit des corps différents animés d’un cœur unique. C’est ce à quoi Nichiren Daishônin met en garde.

Que Monsieur A ait dit du mal de quelqu’un d’autre est peut-être vrai. Ou bien, en raison d’une méprise, il a peut-être seulement eut l’air de dire du mal. Toutefois, que ce soit vrai ou non, il ne faut pas l’utiliser pour critiquer cette personne.

Que faut-il faire en de telles circonstances ? Ce n’est pas par l’intermédiaire d’une tierce personne, mais c’est à Monsieur A qu’il faut parler directement. S’il l’a vraiment dit, on peut alors lui parler de manière à ce qu’il se corrige. Par contre, s’il s’agit d’un malentendu, on le comprend en parlant directement avec l’intéressé. Le dire à d’autres sans agir ainsi rompt le lien des corps différents animés d’un cœur unique. Nous devons tous faire attention.

Lorsqu’on a la pensée de "détester l’autre", même si en surface, on a l’air d’avoir une foi remarquable, on ne peut cependant pas dire que c’est la foi de la Nichiren Shôshû, en particulier la foi des gens du Hokkekô. C’est en fait la une pensée fondée sur la vie des asuras, qui devient cause modifiant l’aspect, le caractère, déterminant la chute future en enfer.

Lisant cela, je me fais cette réflexion : même s'ils l'ont oublié, ceux qui gardent le Sutra du Lotus ne doivent pas se critiquer mutuellement. La raison est que tous ceux qui gardent le Sutra du Lotus sont immanquablement Bouddha. Critiquer un Bouddha est un crime.

C’est pourquoi, il ne faut pas qu’au sein du Hokkekô, on se querelle ou se déteste mutuellement.

L’environnement dans lequel nous avons été éduqué, notre caractère, sont différents de l’un à l’autre. Et puis, nous sommes tous des êtres ordinaires dotés de nombreux défauts. C’est parce qu’on ne tient pas compte de ces éléments et que l’on réfléchit de manière égoïste, que l’on profère des médisances.

Si l’on pensait plus tôt : "puisque cette personne a le Gohonzon, elle va devenir Bouddha", on ne pourrait plus dire du mal d’elle.

Egalement, si l’on amène au temple une personne à qui on a fait shakubuku et qu’à ce moment, les uns disent du mal des autres, on donnera à cette personne l’impression que "tu dis que c’est la religion correcte, mais il n’y a rien de différent". Cette attitude constitue alors un frein à la marche de la vaste propagation.

A présent, tous les moines et laïcs s’efforcent dans la foi de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui, tournés vers la mission qui leur a été conférée pour 2015. Je souhaite qu’afin de ne pas nous mettre mutuellement des bâtons dans les roues, nous devons progresser dans l’unité autour du Gohonzon.

Je souhaite que chacun grave ce passage du Gosho dans sa vie et, dans la perspective de la vaste propagation, nous puissions construire un Hokkekô avec des corps différents animés d’un cœur unique. C’est par ces mots que j’achève mon sermon de ce mois.

Je vous remercie.

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Okô mai 2010

Lorsque j’y pense, j’ai étudié le Dharma du Bouddha depuis mon enfance. Mais je formule un vœu sincère : la vie des hommes est impermanente ; le souffle expiré n’attend pas le souffle inspiré. La rosée sous le vent n’est pas un simple exemple. La nature des choses est impermanente pour tous, que l’on soit intelligent ou sot, âgé ou jeune. Aussi, convient-il d’apprendre en premier lieu ce qui concerne l’instant suprême et d’étudier le reste seulement après.

Réponse à la nonne Myôhô

Je vous remercie, pratiquants du Shingyôji d’être venus à l’occasion de la célébration de la cérémonie de Okô du mois de mai et d’avoir ensemble lu le sutra et récité le Daimoku à titre de gratitude, en dépit de vos occupations.

Ce mois-ci, le Gosho étudié est « Réponse à la nonne Myôhô ».

Lisons l’extrait ensemble.

Ce Gosho est une lettre écrite au mont Minobu le 14 juillet de la 3e année de Kôan (1280).

La nonne Myôhô était une pratiquante habitant à Okamiya, dans le pays de Suruga. (Okamiya s’appelle à présent Numazu et est situé dans la préfecture de Shizuoka). On ne sait pratiquement rien de cette femme. Toutefois, le fait que trois Gosho lui ayant été adressés existent encore actuellement, laisse à penser qu’elle était une croyante dotée d’une forte foi.

Je vais d’abord parler du Gosho entier.

La nonne Myôhô avait envoyé une lettre à Nichiren Daishônin pour lui faire part du décès de son époux, disant : "Se De son vivant, mon mari récitait beaucoup de Daimoku et, au moment de mourir, il récitait fermement Nam Myôhôrengekyô. Juste après, sa mort, sa peau est devenue plus blanche que de son vivant et il avait un beau visage". Nichiren Daishônin évoque ces propos au début du Gosho, puis cite le sutra et les commentaires au sujet de l’aspect au moment de la mort.

Le passage lu aujourd’hui fait partie du paragraphe suivant, dans lequel Nichiren Daishônin explique qu’à la lueur des textes écrits par les divers maîtres des traités ou maîtres hommes ordinaires, il existe des éléments indubitables quant à l’aspect au moment de la mort et se désole que les gens de ce monde dissimulent l’aspect de la chute en enfer de leur maître et disent qu’il est devenu Bouddha, chose vraiment triste.

Par contre, la nonne Myôhô ayant écrit que "le visage du défunt était plus blanc que de son vivant", Nichiren Daishônin évoquant l’aspect de Tendai et d’autres au moment de leur mort et citant le « Sutra du Lotus », autrement dit citant l’attestation scripturaire et l’attestation actuelle, lui explique qu’il s’agit là de l’aspect de la boddhéité.

Il enseigne ensuite que le « Sutra du Lotus » est le sutra véritable au sein de tous les enseignements sacrés du Bouddha et que celui qui garde le Titre, autrement dit le Daimoku du « Sutra du Lotus » devient immanquablement Bouddha. L’époux de la nonne Myôhô ayant lui-même récité Nam Myôhôrengekyô à son ultime instant suprême, son éveil dès ce corps est indubitable. La boddhéité de sa femme, la nonne Myôhô également, est hors de doute. Si ce n’était pas le cas, le vénéré Shakya serait alors un grand menteur. Telle est la conclusion de cette lettre.

Je vais à présent commenter la phrase de ce mois.

Lorsque j’y pense, j’ai étudié le Dharma du Bouddha depuis mon enfance.

Dans la « Réfutation de Ryôkan », Nichiren Daishônin écrit :

"Comme vous le savez, depuis ma prime enfance, je m’intéresse à l’étude. De plus, j’ai émis le vœu devant le grand bodhisattva Akasagarbha : ‘fais de moi l’homme le plus sage du Japon’. J’ai formulé ce vœu parvenu à l’âge de douze ans".

A l’âge de 12 ans, Nichiren Daishônin se rendit au temple Seichôji, proche de sa demeure natale, où il étudia sérieusement l’enseignement du Bouddha et d’autres matières. Il semble que déjà auparavant, il avait déjà appris l’écriture et la lecture auprès de son père.

Il semble également qu’en même temps, il avait vu et entendu l’aspect instable du monde à cette époque et que malgré son jeune âge il se demandait vaguement quelle pouvait être la cause de la perturbation de la société. Ce souci est perceptible dans l’extrait de la « Réfutation de Ryôkan et des autres », cité ci-dessus, dans lequel on voit qu’il ressentait fortement la nécessité de devenir l’homme me le plus sage du Japon pour trouver cette la cause de cette instabilité.

Les raisons pour lesquelles il demanda "fais de moi l’homme le plus sage du Japon’. J’ai formulé ce vœu parvenu à l’âge de douze ans" sont expliquées dans la « Vie de Nichiren Daishônin » que je vais à présent citer.

A cette époque, il y avait une guerre entre la cour impériale et les samouraïs. C’est ce que l’on nomme la révolte de Jôkyû (1221). L’empereur demanda aux moines de haut rang des écoles du Tendai ou des Paroles incantatoires (Shingon) de faire des prières pour la victoire sur les samouraïs. Or, en définitive, la cour subit une défaite extraordinaire entrainant l’exil de trois empereurs. Nichiren Daishônin ressentit des doutes à ce sujet. Ceci fut la première raison de son invocation à Akasagarbha. De plus, il écrivait dans un Gosho intitulé « Les souverains de notre pays divin » :

"Pour voir notre propre visage, il faut un clair miroir. Pour mesurer l’essor ou le déclin du pays, rien ne surpasse le miroir de l’enseignement du Bouddha".

Ces passages nous montrent que Nichiren Daishônin s’était rendu compte qu’il lui fallait approfondir complètement l’enseignement du Bouddha pour devenir l’homme le plus sage du Japon.

La deuxième raison de son vœu était qu’il souhaitait dissiper son doute : pourquoi, alors que le bouddhisme est un enseignement prêché par le seul Bouddha Shakyamuni, se divise-t-il en de nombreux écoles et courants ?

La troisième raison était un doute profond ressenti vis-à-vis du Nenbutsu, dont les pratiquants, à Awa, sa terre natale, montraient un terrible aspect de folie au moment de leur mort. Il formula son vœu pour dissiper ce doute.

Ces trois points apparaissant à travers les écrits de Nichiren Daishônin et constituent les raisons pour lesquelles Nichiren Daishônin fit le vœu de devenir l’homme le plus sage du Japon.

Parmi ces trois points, gardons à l’esprit le troisième à l’étude de la suite de l’extrait.

Mais jeJ’ai formule formulé un vœu sincère. Mais : la vie des hommes est impermanente ; le souffle expiré n’attend pas le souffle inspiré. La rosée sous le vent n’est pas un simple vain exemple. La nature des choses est impermanente pour tous, que l’on soit intelligent ou sot, âgé ou jeune.

Comme le dit Nichiren Daishônin, tout ce qui vit, qu’il soit sage ou sot, jeune ou vieux, se dirige inexorablement vers la mort.

"Je ne veux pas mourir ! Je veux vivre encore" ! Tel est sans doute le vœu éternel de l’humanité. C’est un sentiment invariable depuis les temps anciens, dont un cas célèbre est l’empereur Shi de la dynastie des Qin, qui unifia la Chine avant notre ère. Il donna l’ordre à ses vassaux d’aller dans le pays de Péng​lái​, situé à l’est, leur demandant : "rapportez l’élixir de non vieillessejouvence et de non mortvie éternelle, ramenez un ermite" ! Toutefois, ce genre de chose n’existant pas et, finalement, l’empereur Shi de la dynastie des Qin mourut.

Dans le « Traité sur la bodhéité au début de la foi dans le Sutra du Lotus », Nichiren Daishônin écrit :

C’est comme s’il n’y avait pas de pierre dans les monts Kūnlún, c’est comme s’il n’y avait pas de poison dans les montagnes du Pénglái".

Une légende dit que les ermites vivant dans les monts Kūnlún prennent l’élixir de non vieillessejouvence et de non mortvie éternelle qui existe dans ce lieu et peuvent vivre indéfiniment.

Du point de vue historique, il semble que seuls les hommes ayant un grand pouvoir recherchèrent la non vieillessejeunesse et la non mortvie éternelles. Ce serait donc un sentiment naissant par le désir de conserver indéfiniment le pouvoir.

Toutefois, personne n’a réalisé la non vieillesse et la non mort.

Or, même dans le « Sutra du Lotus », nous pouvons lire :

"Ce sutra est le bon remède aux maladies des hommes du Janbudvipa. Celui qui est malade et a foi dans ce sutra, verra sa maladie disparaitra disparaitre immédiatement, il ne vieillira pas et ne mourra pas". Si l’on a foi dans le « Sutra du Lotus », on peut obtenir le bienfait de ne pas vieillir et de ne pas mourir.

Ceci exprime les œuvres et vertus de croire dans le « Sutra du Lotus ». Comme vous le savez, le chapitre des « Moyens » du « Sutra du Lotus » expose le principe du véritable aspect des dharmas, montrant le principe de l’éveil de toutes les choses. Ensuite, les deux véhicules, tenus pour être éternellement incapables de devenir Bouddhas, reçoivent l’annonciation de leur nom de Bouddhas futurs. Aussi, l’enseignement correct du « Sutra du Lotus » est-il comparé à un remède. Les deux véhicules buvant ce remède, autrement dit ayant foi dans le « Sutra du Lotus », purent se débarrasser de leur attachement à l’éveil du Petit véhicule, qu’ils considéraient jusqu’alors être le véritable éveil (cet attachement est comparable à une maladie) et réaliser que leur propre vie, comme celle du Bouddha, demeure en permanence. Eternelle et présente en permanence, c’est correspond à ne pas vieillir et ne pas mourir.

Il en est de même pour nous. Si nous avons foi dans le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle et que nous nous efforçons dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui, nous pouvons dès lors guérir des maladies ordinaires, ça va de soi, mais aussi de purifier notre vie atteinte par les trois poisons et avoir la conviction de la présence en permanence de notre vie. Autrement dit, la non vieillesse et la non mort ne possèdent pas une signification d’éternité physique. Il s’agit d’ouvrir la nature de Bouddha présente en notre vie, de devenir Bouddha et, avec le Bouddha originel, d’obtenir l’état de vie de "Permanence, Félicité, Soi et Pureté".

Bien entendu, en tant que bienfait de la pratique, il arrive que l’on puisse déployer son énergie pour la vaste propagation en étant toujours jeune. Même en prenant de l’âge, de nombreuses personnes s’efforcent dans shakubuku sans différence avec les jeunes.

Je fais une digression, mais le principe de non vieillesse et de non mort apparaît également dans la forme de l’enchâssement dans le Kyakuden.

Le Grand Patriarche retiré Nikken Shônin donnait l’orientation suivante :

"Dans le Kyakuden, Nichiren Daishônin est enchâssé à la gauche du Gohonzon et Nikkô Shônin à la droite. Nichiren Daishônin est représenté avec un aspect jeune. Ceci exprime la non vieillesse. A droite, Nikkô Shônin a un aspect extrêmement âgé, exprimant la non mort. Tout en manifestant l’aspect de la signification du remède merveilleux de non vieillesse et de non mort du « Sutra du Lotus », Le Gohonzon représente dans ce cas le trésor du Dharma, Nichiren Daishônin représente le trésor du Bouddha et Nikkô Shônin représente le trésor du Moine. Autrement dit cette forme d’enchâssement représente les trois trésors en corps séparés".

Or, en général, nous ne pensons pas vraiment à la "mort" dans notre vie quotidienne. Nous avons plutôt tendance à éviter le sujet. Je pense que l’une des raisons de cette exécration est que nous n’avons absolument aucune expérience de "la mort" et qu’il s’agit d’un domaine inconnu.

Et puis, en particulier lorsqu’on est jeune, on vit au jour le jour comme si "la mort ne nous concernait pas". Toutefois, en grandissant, on perd ses parents, ou encore on tombe gravement malade, ou l’on a soi-même des petits enfants. Par le biais de ces expériences, les gens normaux finissent enfin à penser à "la mort".

On peut dire que la "mort" est le bilan général d’une vie, sa conclusion. Etant également le dernier instant de la vie, si l’on n’accomplit pas parfaitement cette finition, il se peut que tout ce qu’on a fait jusqu’à ce moment n’ait servi à rien.

Par ailleurs, en Bouddhisme, la mort n’est pas quelque chose d’exécrable, puisqu’il enseigne qu’elle constitue telle quelle le point de départ vers "la vie" suivante, qu’elle est donc le début de la vie. Les deux extrémités que sont la vie et la mort sont des éléments opposés. Or, en fait, "la vie et la mort sont une unique vérité". C’est pourquoi, le dernier instant suprême est extrêmement important.

Lisons à présent la fin du passage

Aussi, convient-il d’apprendre en premier lieu ce qui concerne l’instant suprême et d’étudier le reste seulement après.

Nichiren Daishônin nous montre ainsi qu’il est essentiel de garder à l’esprit l’instant suprême.

On ne sait pas quand va tomber le rideau d’une vie. "Aussi, convient-il d’apprendre en premier lieu ce qui concerne l’instant suprême", autrement dit, Nichiren Daishônin nous dit qu’il faut avant tout étudier l’enseignement permettant de devenir Bouddha, ce qui signifie avoir la foi et pratiquer.

"L’importance de la pensée correcte à l’instant suprême" est enseignée dans la pratique de la Nichiren Shôshû.

A ce sujet, dans son « Traité sur les précautions à l’instant suprême », Nichikan Shônin explique qu’il existe "l’instant suprême au cours de nombreuses années" et "l’instant suprême instantané". Je voudrais citer en substance cette partie.

"L’instant suprême au cours de nombreuses années", c’est penser que la journée d’aujourd’hui n’existera qu’aujourd’hui et progresser avec énergie en récitant le Daimoku quel que soit le moment.

Quant à "l’instant suprême instantané", c’est le dernier moment de la vie.

Comme le signifie bien l’expression "la Une pensée à l’instant suprême est l’œuvre des actes effectués pendant de nombreuses années", si l’on ne s’en préoccupe pas au quotidien et que l’on pense faire bien seulement à ce moment, on n’y parvient pas. Toutes les actions faites chaque jour de notre vie s’accumulent et se manifestent dans la une pensée de notre instant suprême.

Par exemple, en fonction de la personne qui le coupe, un arbre bien droit peut tomber dans la direction souhaitée. Cependant, un arbre qui penche vers la droite, quel que soit le côté où on le coupe, il ne tombera que vers la droite. Ceci est dû à la cause extérieure et à la cause principale de la courbure de l’arbre vers la droite, qu’il possédait de son vivant. C’est la même chose pour les hommes. Toutes les actions effectuées par une personne tout au long de sa vie (causes extérieures) et la vie de cette personne (cause intérieure principale), apparaissent au moment de l’instant suprême.

On dit que "la rétribution reçue à l’instant suprême est attirée par ce qui est fort". La rétribution reçue à l’instant suprême est tirée par le caractère ou les mauvaises habitudes les plus fortes de la personne. La rétribution, l’effet de toute une vie va dans la direction des plus fortes mauvaises habitudes de la personne et apparaît dans la une pensée à l’instant suprême. Cette une pensée détermine la vie suivante".

C’est pourquoi, dans la perspective de se diriger de manière correcte vers l’instant suprême, l’attitude spirituelle au quotidien est importante et réciter sans cesse le Daimoku est essentiel.

Afin d’être prêt au moment opportun, des préparatifs quotidiens sont nécessaires. Sinon, lorsque ce moment survient, on tombe dans la panique.

Il ne faut pas que "celui qui est sur le point de mourir pense ce n’est pas maintenant, pas maintenant". Personne ne sait ce qui va se passer dans l’instant suivant. Il est essentiel de s’efforcer chaque jour dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui avec la pensée que "l’instant suprême c’est maintenant" à l’esprit.

Ainsi, s’achève mon sermon de ce mois. Je vous remercie de votre participation.

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Okô juin 2010

Etant dans la Fin du Dharma de Shakyamuni, la pratique de shôju (consistant à attirer et recevoir) ne convient pas. Seul shakubuku doit être pratiqué, car le monde est tourmenté.

(Traité sur les rites de Nichiu Shônin)

J’apprécie la présence de nombreuses personnes avec lesquelles, tous ensembles, nous avons exprimé notre gratitude envers la bienfaisance de notre fondateur Nichiren Daishônin lors de cette cérémonie de Okô de ce mois.

La phrase de ce mois est extraite du « Traité sur les rites » de Nichiu Shônin, 9e Grand Patriarche du Temple principal.

Dans son « Explication sommaire du Traité sur les rites », le 66e Grand Patriarche Nittatsu Shônin écrivait :

"Le 9e Grand Patriarche, Nichiu Shônin parti enseigner la doctrine des cinq pays du nord de l’île principale au nord, jusqu’à Kyoto à l’ouest où il prêcha le Dharma et fit shakubuku sans relâche. Pour cette raison, il n’existe pratiquement aucun écrit de sa main, hormis des Gohonzon. Toutefois, comme il donnait sans cesse des sermons, ses disciples prirent des notes de ses prêches et de ses cours qu’ils transmirent en nombre jusqu’à aujourd’hui".

Ce « Traité sur le rite » également n’a pas été écrit directement par Nichiu Shônin. Il s’agit des notes prises par Nanjô Nitchû, l’un de ses disciples qui écrivait toujours ce qu’il avait entendu, mises au propre en la 15e année de l’ère Bunmei (1483), année suivante de l’extinction de Nichiu Shônin survenue en 1482 et présentées au 12e Grand Patriarche Nitchin Shônin.

Les documents de l’époque étant rares, on ne connait pas les choses en détails. On sait toutefoiq que Nichiu Shônin était un membre de la famille Nanjô. Il devint disciple de Nichiei Shônin, le 8e Grand Patriarche et entra au Taisekiji en 1419 en tant que 9e Souverain du Dharma. Selon le « Fuji Nenpyô », tableau chronologique l’histoire de la Nichiren Shôshû depuis l’époque de Nichiren Daishônin à nos jours, Nichiu Shônin réalisa la réfection et la reconstruction de bâtiments du temple principal, tel le Kyakuden et le Pavillon des trésors.

À l’ occasion de l’Okô donné lors de la pratique du Daimoku pour la veillée funèbre du 500e anniversaire de la mort de Nichiu Shônin, le Grand Patriarche retiré Nikken Shônin a prononcé un sermon, dans lequel, il disait :

"Vis-à-vis de l’extérieur, (Nichiu Shônin) à largement voyagé dans toutes les régions et a débattu avec tous les maitres des autres courants, défendant le Dharma et la doctrine correctes et corrigeant leurs vues erronées. Vis-à-vis de l’intérieur, il a indiqué la signification de l’enseignement et à systématisé la procédure des rites pour les disciples moines et laïcs sur la base de la transmission vitale reçue des deux fondateurs, protégeant ainsi le bon Dharma et rectifiant la logique de la propagation".

Aujourd’hui encore, des temples anciens issus du lien avec Nichiu Shônin existent dans la région du nord-est du Japon, ou plus proches du temple principal le Honkôji de Numazu ou le Umyôji dans la préfecture de Yamanashi.

En fonction de ces éléments, la Nichiren Shôshû respecte particulièrement ses vertus, le considérant, avec le 26e Grand Patriarche Nichikan Shônin, comme les deux moines réformateurs de l’école.

Comme je l’ai dit à l’instant, le « Traité sur les rites » est la compilation des notes prises par maître Nanjô Nitchû des enseignements donnés au quotidien par Nichiu Shônin.

Nikken Shônin disait :

"L’immense volume des orientations extrêmement détaillées de Nichiu Shônin est entièrement fondé sur la transmission vitale de l’eau du Dharma de Nichiren Daishônin et de Nikkô Shônin. Il juge toutes les religions et courants et, à partir de ce principe, donne du début à la fin des directives correctes aux moines et pratiquants sur l’attitude spirituelle et la logique à suivre dans la perspective de leur pratique du Dharma du Bouddha".

Le « Traité sur les rites », fondé sur la transmission vitale reçue depuis Nichiren Daishônin et Nikkô Shônin nous enseigne minutieusement la forme et la signification de la pratique du point de vue de la doctrine et, de plus, la manière de se comporter dans la société. Le fait qu’il soit composé de 121 articles montre la minutie de ces directives.

La phrase étudiée aujourd’hui est le 92e article. Il s’agit d’une orientation comparant l’ascèse (en particulier la pratique de la conversion d’autrui) à l’époque de Shakyamuni et aux périodes de la Rectitude et de la Semblance du Dharma, avec celle de l’ère présente de la Fin du Dharma.

Au début, nous lisons : "étant dans la Fin du Dharma de Shakyamuni". La raison pour laquelle Nichiu Shônin précise "de Shakyamuni" est enseignée par le 59e Grand Patriarche Nichikô Shônin que je vais à présent citer en substance.

"La raison pour laquelle il est écrit en particulier ‘la Fin du Dharma de Shakyamuni’ est que, du point de vue de l’enseignement de Shakyamuni, c’est la fin, mais, en même temps, du point de vue de l’enseignement de Nichiren Daishônin, il s’agit du début du bon Dharma (de l’ensemencement)".

Bien entendu, Shakyamuni a dit lui-même que, dans la période dite de la Fin du Dharma, ère mauvaise perturbée par les cinq souillures, son enseignement aura perdu la capacité de sauver les êtres. Toutefois, du point de vue de l’enseignement de Nichiren Daishônin, cette même période de la Fin du Dharma est justement celle où le Bouddha originel ayant le lien avec elle apparait pour donner le véritable enseignement capable de sauver tous les êtres tout au long du futur infini, je veux parler des trois grands Dharmas ésotériques. Il s’agit donc du moment de propager les trois grands Dharmas ésotériques, du moment de la vaste propagation du bon Dharma de l’ensemencement du passé hors le temps.

Ainsi, puisqu’il s’agit du temps de la propagation du Dharma de l’ensemencement, la pratique de ce dernier, naturellement est différente. C’est pourquoi, "la pratique de shôju ne convient pas. Seul shakubuku doit être pratiqué". Autrement dit, si on ne pratique pas l’ascèse appropriée au temps, on ne peut pas devenir Bouddha.

Je voudrais à présent parler succinctement de shôju et de shakubuku.

Shôju est une méthode de conversion consistant à guider progressivement l’autre vers l’enseignement correct, tout en admettant dans un premier temps sa manière de penser, sa philosophie, même si elle contient des erreurs.

Si l’on prend l’exemple de la manière avec laquelle Shakyamuni convertit les autres, il prêcha divers enseignements et doctrines en fonction de leurs capacités. Toutefois, il s’agissait de moyens pour les amener à l’enseignement correct du « Sutra du Lotus ». Il dit lui-même dans le « Sutra des Sens infinis » : "pendant plus de quarante ans, je n’ai pas révélé la vérité", indiquant ainsi que les enseignements antérieurs au « Sutra du Lotus » ne révélaient pas la vérité. Autrement dit, il prêcha divers enseignements, se conformant à la prédisposition des êtres, afin de les amener à l’enseignement correct du « Sutra du Lotus ». En outre, il les guida tout en corrigeant leurs attachements aux enseignements précédents, nés au cours du processus de prêche du superficiel au profond. En fait, les sutras antérieurs étaient fondés sur shôju.

Shakubuku est une méthode de conversion consistant à amener l’autre à l’enseignement correct, tout en attirant directement son attention sur ses erreurs.

Shakyamuni a enseigné directement son propre éveil, son enseignement ultime, capable de sauver tous les êtres sous la forme du « Sutra du Lotus ».

Comme l’indique le commentaire de Tendai : "Le Lotus, faisant shakubuku, réfute les principes des doctrines circonstancielles". Le « Sutra du Lotus » en lui-même est l’enseignement de shakubuku, amenant au « Sutra du Lotus ».

Or, il faut toutefois savoir que, dans la période actuelle de la Fin du Dharma, du point de vue de l’enseignement de Nichiren Daishônin, même le « Sutra du Lotus «  prêché par Shakyamuni n’est que l’enseignement de la maturation et de la récolte. Seul l’enseignement de Nam Myôhôrengekyô des trois grands Dharmas ésotériques est le véritable enseignement de shakubuku.

Cependant, même si dans la Fin du Dharma shakubuku est justifié, ce n’est pas pour autant qu’il faille penser que "shôju n’est pas valable" ou s’attacher uniquement à "shakubuku".

Dans le « Traité qui ouvre les yeux », Nichiren Daishônin écrit :

"Dans la fin du Dharma, il existe shôju et shakubuku, parce qu’il existe deux sortes de pays : ceux qui ne connaissent pas le Dharma et ceux qui le détruisent. Il faut savoir si le Japon d’aujourd’hui est un pays ignorant du Dharma ou le détruisant".

Nichiren Daishônin indique ici que, dans la Fin du Dharma, les deux méthodes : shôju et shakubuku existent.

Nikken Shônin précise :

Au sujet de cette phrase sur shôju et shakubuku, il faut considérer cinq angles, tant du point de vue de la transmission que des orientations des maîtres précédents".

Ces "cinq angles » sont les "cinq règles de la religion : l’enseignement, la prédisposition, le temps, le pays et l’antériorité de la propagation de l’enseignement".

Sous l’angle de "l’enseignement", comme je l’ai dit au début, les sutras antérieurs préconisent shôju alors que le « Sutra du Lotus » est shakubuku. Aussi, propager le « Sutra du Lotus » implique de faire shakubuku.

Sous l’angle de la "prédisposition", les êtres contemporains de Shakyamuni, ceux des périodes de la rectitude et de la Semblance du Dharma "possédaient le bien à l’origine", car ils avaient reçu l’ensemencement dans une vie antérieure et avaient accumulé des racines de bien. De tels êtres sont définis par le grand maître du Tendai dans ses « Mots et Phrases » sous la formulation : "A l’origine, ils possédaient le bien et Shakyamuni les protégea par le Petit (véhicule). Ils furent donc convertis par le shôju du Bouddha.

A l’opposé, Les êtres de la Fin du Dharma dont entièrement "dénués du bien à l’origine". Ils n’ont pas été ensemencés dans le passé lointain et n’ont pas accumulé de racines de bien. C’est pourquoi, s’ils ne reçoivent pas l’ensemencement du Dharma merveilleux du Bouddha originel de l’ensemencement, les êtres de la Fin du Dharma ne peuvent pas devenir Bouddha. Dans les « Mots et Phrases », le grand maître du Tendai dit : "N’ayant pas le bien à l’origine, Fukyô les contamine de force à l’aide du Grand (véhicule)". Autrement dit, il fait shakubuku.

Admettons qu’un enfant soit malade. Un médecin a prescrit un remède pour le guérir. On dit que "le bon remède est amer au goût". Or, l’enfant n’aime pas le remède amer. Mais s’il ne le prend pas, il ne peut pas guérir. Existe-t-il des parents pensant que "puisque leur enfant se rebiffe, il est inutile qu’il prenne le remède" ? N’importe quel parent trouvera toutes sortes de subterfuges pour tenter de faire boire le remède à leur enfant malade.

Nous êtres de la Fin du Dharma sommes en proie aux maladies dues au trois poisons. Nous n’avons pas d’autre solution que le bon remède du Dharma merveilleux pour transformer ces trois poisons en trois vertus. Aussi, devons-nous uniquement expliquer le Dharma merveilleux.

Selon l’angle du "temps", la Fin du Dharma étant le temps de la propagation du « Sutra du Lotus », là encore, cela implique non pas shôju, mais shakubuku.

Selon l’angle du "pays", comme l’indiquait la phrase d’or du « Traité qui ouvre les yeux », certains pays possèdent un lien avec le Dharma du Bouddha, d’autres non. Il convient donc de tenir compte de la culture et des habitudes de chaque pays. Dans ce genre de cas, il arrive de faire shôju sur la base de shakubuku. Toutefois, en tout état de cause, il ne faut pas oublier de guider l’autre vers le Gohonzon.

Enfin, du point de vue de "l’antériorité de l’enseignement propagé", depuis l’époque de Shakyamuni jusqu’à la celle de la Fin du Dharma actuelle, il existe un ordre dans la propagation de l’enseignement du Bouddha. Notre second fondateur Nikkô Shônin a laissé un écrit sur ce sujet intitulé « Ordre de la propagation dans les trois phases", dans lequel il éclaircit la propagation du Petit véhicule et du Grand véhicule provisoire au cours des mille ans de la rectitude du Dharma, de la doctrine éphémère du « Sutra du Lotus » dans la période de la Semblance du Dharma et, enfin, dans la période de la Fin du Dharma de la propagation du Grand Dharma de la doctrine originelle du « Sutra du Lotus », l’enseignement de Nichiren Daishônin.

En fait, au début de la période de la Rectitude du Dharma, Kāśyapa et Ananda, disciples de Shakyamuni, propagèrent les enseignements du Petit véhicule. Dans la seconde période de cinq cents ans, des maîtres des traités, tels Nāgārjuna et Vasubandhu, réfutèrent le Petit véhicule et propagèrent le Grand véhicule provisoire. Dans la période suivante de mille ans, la Semblance du Dharma, Zhiyi et Saichô apparurent et propagèrent la doctrine éphémère du « Sutra du Lotus ». Enfin, la Fin du Dharma étant la période de la disparition du Dharma blanc, elle doit voir la propagation du grand Dharma enfoui au profond des phrases du chapitre « Durée de la vie » de la doctrine originelle du « Sutra du Lotus », c’est-à-dire Nam Myôhôrengekyô de la réalité d’Une pensée trois mille. C’est la période de shakubuku.

Je reviens à la phrase d’or du « Traité sur les rites » : "car le monde est tourmenté".

On comprend qu’elle désigne évidemment l’aspect du monde dans la Fin du Dharma. Toutefois, elle désigne aussi l’époque de Nichiu Shônin.

Le Japon à l’époque de Nichiu Shônin était un monde en guerre. Le pays entier était le théâtre de la guerre. Il présentait véritablement l’aspect de "la lutte et des débats certains".

L’aspect de l’époque dans laquelle nous vivons est encore plus mauvais. Elle est le monde du foisonnement des cinq souillures.

Lors de la deuxième réunion générale des pratiquants d’outremer célébrant le 750e anniversaire de la présentation de la bonne doctrine du « Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude », le Grand Patriarche Nichinyo Shônin a parlé en détails des cinq souillures. Je pense que son discours a été retranscrit dans le journal et je vous invite absolument à le relire.

Nichinyo Shônin disait également :

"Lorsqu’on observe l’état actuel du monde, il présente un aspect de tumulte et de foison des cinq souillures. Toutefois, c’est justement dans un tel temps que nous devons faire nouer le lien au plus de gens possible avec l’enseignement du Bouddha originel Nichiren Daishônin par l’ensemencement, en pratiquant shakubuku.

Dans le « Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude », il est dit que pour réaliser la paix dans le monde entier et le bonheur de tous, il est essentiel de prendre refuge dans les trois grands Dharmas ésotériques du Bouddha originel Nichiren Daishônin.

Le moyen de pratique concret pour rendre possible cette réalisation est shakubuku".

C’est maintenant que nous devons graver dans notre poitrine cette directive et nous efforcer dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui, dans la perspective de l’an 2015.

Dans le « Dialogue sur le fait de garder le Dharma merveilleux », Nichiren Daishônin écrit :

" Rassemblez votre esprit et récitez Nam Myôhôrengekyô. Le réciter vous-même et le préconiser à autrui restera le souvenir du monde des hommes en cette vie".

Faisons des efforts pour qui resterons des souvenirs de cette vie.

Je termine mon sermon à l’occasion de la cérémonie de gratitude de Okô en priant pour votre santé.
Je vous remercie d’être venus.

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Okô juillet 2010

Lors de la souffrance, éveillez-vous à la souffrance ; lors de la joie, ouvrez-vous à la joie. Récitez Nam Myôhôrengekyô en considérant ensemble la souffrance et la joie. N’est-ce pas là recevoir spontanément la joie du Dharma ?

(Réponse à Shijô Kingo)

Réponse à Shijô Kingo

Il n’existe pas d’autre plaisir pour tous les êtres en dehors de la récitation de Nam Myôhôrengekyô. Dans le sutra, il est dit : "Dans ce lieu, les êtres ressentent la joie". Cette phrase n’exprime-t-elle pas la réception spontanée de la joie du Dharma ? Ne feriez-vous pas partie des êtres ? Ce lieu est le Janbudvipa. Le Japon fait partie du Janbudvipa. La joie n’est-elle pas le fait que notre corps et notre esprit, notre environnement et nous-mêmes sont Une pensée trois mille et le Bouddha au corps qui reçoit et emploie librement ? Il n’existe pas d’autre plaisir en dehors de garder respectueusement le « Sutra du Lotus ». Telles sont la paix et la sécurité dans cette vie et l’assurance de renaître dans un lieu favorable dans la suivante.

Même si les difficultés de ce monde se présentent à vous, n’en soyez pas troublé. Même les sages et les saints ne peuvent y échapper. Buvez simplement du saké chez vous avec votre femme et récitez Nam Myôhôrengekyô.

Lors de la souffrance, éveillez-vous à la souffrance ; lors de la joie, ouvrez-vous à la joie. Récitez Nam Myôhôrengekyô en considérant ensemble la souffrance et la joie. N’est-ce pas là recevoir spontanément la joie du Dharma ? Renforcez plus que jamais votre foi !

Avec mon profond respect

Le 27e jour du 6e mois de la 2e année de Kenji, Nichiren Paraphe

Réponse à Messire Shijô Kingo

Je remercie les nombreuses personnes venues exprimer ensemble leur gratitude lors de cette cérémonie de Okô, malgré leurs occupation et en dépit de la chaleur.

Ce mois-ci, nous étudions une phrase d’une « réponse à Shijô Kingo ». Le passage publié dans le calendrier est :

Lors de la souffrance, éveillez-vous à la souffrance ; lors de la joie, ouvrez-vous à la joie. Récitez Nam Myôhôrengekyô en considérant ensemble la souffrance et la joie. N’est-ce pas là recevoir spontanément la joie du Dharma ?

Or, comme il s’agit d’un Gosho court, ce mois-ci je vais parler de l’intégralité du texte.

Comme l’indique la date mentionnée, cette lettre a été adressée à Shijô Kingo le 27 juin 1276 par Nichiren Daishônin, depuis le mont Minobu.

Comprendre la situation de Shijô Kingo à cette époque aidant à comprendre ce Gosho, je vais d’abord l’expliquer succinctement.

Gracié de son exil à Sado en mars 1274, Nichiren Daishônin rencontra les principaux personnages du shogounat de Kamakura, à commencer par Hei no Saemon no jô Yoritsuna, à qui il adressa sa troisième remontrance. Toutefois, l’incapacité du gouvernement militaire à comprendre l’esprit véritable de Nichiren Daishônin eut pour effet son retirement au mont Minobu.

En même temps que de ressentir une grande joie à l’annonce de la grâce accordée à Nichiren Daishônin quant à son exil à Sado, Shijô Kingo approfondit sa conviction religieuse dans le Dharma merveilleux et décida de faire shakubuku à son suzerain, Ema Mitsutoki, décision qu’il mit en application en septembre de la même année. En retour, il essuya le mécontentement de son suzerain qui l’écarta. Par ailleurs, ses collègues profitèrent de l’occasion pour le persécuter.

Shijô Kingo prit immédiatement conseil auprès de Nichiren Daishônin qui lui donna des directives sur de multiples aspects. Pendant les trois ans et quatre mois que dura ce problème, commencé en 1274 pour être solutionné en 1278, Nichiren Daishônin adressa 14 Gosho à Shijô Kingo.

A l’époque où Shijô Kingo reçut la lettre étudiée aujourd’hui, il se trouvait au point culminant de ses difficultés. En particulier, trois mois après sa réception, Son suzerain lui ordonna de changer de domaine pour aller à Echigo (aujourd’hui préfecture de Niigata). Toutefois, appliquant les directives de Nichiren Daishônin et se fondant sur la foi, il surmonta cette nouvelle difficulté. Or, l’année suivante, un débat (débat de Kuwagayatsu) eut lieu entre le moine Sanmi bô, disciple de Nichiren Daishônin et un autre moine dénommé Ryûzô bô. Ce débat se déroula près de la demeure de Shijô Kingo. Ce dernier, sans doute au retour de son travail, arriva en retard au débat. Au cours de la discussion, Sanmi bô montra logiquement toutes les erreurs contenues dans l’enseignement prôné par Ryûzô bô. Ce dernier, incapable de répondre aux remarques de Sanmi bô, n’eut d’autres ressources que de se sauver en courant.

Or, des diffamations sur Shijô Kingo, présent au débat, parvinrent aux oreilles de son suzerain qui, les prenant pour vraies, ordonna à Shijô Kingo "d’écrire le serment aux dieux d’abandonner la foi dans le Sutra du Lotus, faute de quoi, ses terres lui seraient confisquées". Pour un Samurai de cette époque, "la confiscation du domaine" ne signifiait pas seulement ce qu’aujourd’hui on appelle "perdre son emploi", c’était également perdre tous ses biens et se retrouver dans une situation de dénuement complet.

Toutefois, Shijô Kingo décida de ne "jamais écrire ce serment aux dieux" et demanda des directives à Nichiren Daishônin. Ce dernier lui répondit de manière à la fois sévère et chaleureuse : "même si votre domaine est confisqué et que vous en êtes chassé, considérez qu’il s’agit là d’une mesure prise par les dix rasetsu (qui ont promis de protéger le pratiquant du « Sutra du Lotus »). Simultanément, Nichiren Daishônin écrivit lui-même une lettre à la place de Shijô Kingo, adressée à son suzerain (Supplique de Yorimoto).

Tout de suite après, une épidémie se déclara à Kamakura. Ema Mitsutoki, suzerain de Shijô Kingo, tomba lui-même malade. Aucun traitement n’ayant d’effet, il finit par faire appel à Shijô Kingo qui possédait des connaissances en médecine. Shijô Kingo, centré sur la récitation du Daimoku, soigna avec ardeur, la nuit comme le jour ce suzerain qui l’avait pourtant malmené. Le Suzerain guérit et, grâce à ce résultat méritoire, sa défaveur à l’égard de Shijô Kingo fut dissipée au mois de janvier de l’année suivante. Shijô Kingo bénéficia d’une confiance décuplée de son suzerain, duquel il reçut un nouveau domaine trois fois plus vaste que celui qu’il possédait auparavant.

Si Shijô Kingo a pu ainsi poursuivre la pratique, sans régresser, malgré une situation terrible, c’est bien entendu en raison de son attitude de se conformer fidèlement aux directives de Nichiren Daishônin. Toutefois, cette attitude n’est apparue que grâce à la foi indéfectible de Shijô Kingo envers le Gohonzon et le Bouddha originel Nichiren Daishônin.

Etudions à présent le Gosho, en gardant ces éléments en mémoire.

Il n’existe pas d’autre plaisir pour tous les êtres en dehors de la récitation de Nam Myôhôrengekyô. Dans le sutra, il est dit : "Dans ce lieu, les êtres ressentent la joie". Cette phrase n’exprime-t-elle pas la réception spontanée de la joie du Dharma ? Ne feriez-vous pas partie des êtres ? Ce lieu est le Janbudvipa. Le Japon fait partie du Janbudvipa. La joie n’est-elle pas le fait que notre corps et notre esprit, notre environnement et nous-mêmes sont Une pensée trois mille et le Bouddha au corps qui reçoit et emploie librement ? Il n’existe pas d’autre plaisir en dehors de garder respectueusement le « Sutra du Lotus ». Telles sont la paix et la sécurité dans cette vie et l’assurance de renaître dans un lieu favorable dans la suivante.

Ici, Nichiren Daishônin indique quel est le véritable plaisir.

Quand on parle de plaisir, diverses choses viennent à l’esprit. Pour certains, c’est : "Mon plaisir est de boire du bon vin et de manger de bons repas". Pour d’autres, c’est : "visiter divers pays, rencontrer les gens de ces pays, leur culture, leurs habitudes est mon plaisir". Pour d’autres encore, c’est peut-être : "Mon plaisir est d’augmenter le solde de mon compte en banque".

Toutefois, si l’on y réfléchit, aucune de ces choses n’est éternelle. On peut prendre pour du plaisir le moment avant le repas et juste après. Toutefois, après un certain temps, ce plaisir s’est envolé et l’on pense de nouveau : "j’ai envie de manger quelque chose de bon". Autrement dit, il s’agit là de plaisirs fugitifs.

Selon le bouddhisme, la vie existe dans les trois phases. Que ce soit les bon repas, les souvenirs de voyages ou les biens et l’argent, une fois cette vie achevée, on ne peut pas les emmener dans la vie suivante. La seule chose que nous puissions emporter est la foi et nos actes, aussi bien les bons que les mauvais.

Bien entendu, ces plaisirs sont parfois nécessaires et le bouddhisme ne les nie absolument pas. Cette manière de voir les choses étant évoquée dans la suite du texte, j’en parlerai à ce moment là.

Dans de nombreux Gosho, Nichiren Daishônin indique que celui qui avec une foi sincère dans le Gohonzon récite correctement Nam Myôhôrengekyô, réalise immanquablement l’éveil. Ce principe est également contenu dans la phrase lue à l’instant.

En fait, ce qui est enseigné par ce texte est que le fait de réciter Nam Myôhôrengekyô est le plus grand des plaisirs. Mais pour quelle raison ? C’est parce que, grâce aux œuvres et vertus de la récitation de Daimoku, les obstacles dus à nos fautes commises depuis de lointains éons dans le passé s’effacent, notre corps et notre esprit se purifient véritablement et nous ressentons naturellement un état de vie de joie et de sérénité. Cet état de vie est appelé "recevoir spontanément la joie du Dharma". C’est recevoir soi même la joie du Dharma merveilleux.

C’est pourquoi, Nichiren Daishônin écrit :

"Il n’existe pas d’autre plaisir en dehors de garder respectueusement le « Sutra du Lotus »".

Autrement dit, le fait d’avoir foi dans le Gohonzon, de réciter de soi-même Nam Myôhôrengekyô et d’enseigner aux autres les œuvres et vertus en découlant, représente le véritable plaisir.

Continuons dans la suite du texte.

Même si les difficultés de ce monde se présentent à vous, n’en soyez pas troublé. Même les sages et les saints ne peuvent y échapper. Buvez simplement du saké chez vous avec votre femme et récitez Nam Myôhôrengekyô.

J’ai évoqué au début la situation extrêmement pénible dans laquelle se trouvait Shijô Kingo à cette époque. Quel qu’il soit, personne ne peut échapper aux difficultés. Autrement dit, qui que se soit est amené à faire face aux difficultés.

En tant qu’hommes ordinaires, si les difficultés s’abattent les unes après les autres sur nous, même si nous n’oublions pas la pratique, ces difficultés finissent par occuper à elles seules la majeure partie de notre esprit et nous avons tendance à faire passer la foi et la récitation de Daimoku au second plan. Parfois, certains tombent même dans le désespoir, pensant "il n’y a plus rien à faire" !

Pour Messire Kingo, la défaveur de son suzerain, les persécutions et la jalousie de ses pairs et l’ordre de changer de domaine constituaient une situation dans laquelle il était facile de tomber dans le désespoir.

Dans un tel moment, s’il buvait de l’alcool à l’extérieur de chez lui, il n’est pas certain qu’il ne se serait pas plaint de ses difficultés ou n’aurait pas critiqué son patron. Si cette attitude avait été utilisée par ses collègues, il est parfaitement évident que sa situation n’aurait fait qu’empirer.

Dans ce contexte, Nichiren Daishônin donna des directives extrêmement précises à Messire Kingo. Il le mit en garde de manière très détaillée. Par exemple, "Si on vous dit que votre suzerain vous demande, ne sortez pas tout de suite de chez vous. (Afin de vérifier si cet ordre est vrai), envoyez d’abord un de vos employés". Ou encore, "Lorsque vous rentrez chez vous, peut-être que quelqu’un vous attend dans un endroit sombre où il est difficile de voir, pour attenter à votre vie. Aussi, entrez chez vous après avoir fait vérifier l’absence de danger par un de vos subalternes". Ou même : "Si on vous invite à boire, n’y allez sous aucun prétexte. Ce genre d’’occasion est idéale lorsqu’on cherche à tuer quelqu’un".

Aussi, lui écrit-il :

Buvez simplement du saké chez vous avec votre femme et récitez Nam Myôhôrengekyô.

Cette phrase signifie : "Ne serait-il pas bien de boire le saké chez vous avec votre femme ? Et puis, ensemble, récitez le Daimoku tant que vous le voulez. Alors, immanquablement, une route s’ouvrira".

"Aujourd’hui j’ai invité des amis à la maison pour faire la fête, aussi je ne peux pas aller au temple. D’ailleurs, Nichiren Daishônin a dit lui-même ‘Buvez du saké chez vous’". Malheureusement, cette phrase n’a pas été écrite pour qu’on l’interprète de cette manière.

Nous arrivons à la dernière phrase de la lettre.

Lors de la souffrance, éveillez-vous à la souffrance ; lors de la joie, ouvrez-vous à la joie. Récitez Nam Myôhôrengekyô en considérant ensemble la souffrance et la joie. N’est-ce pas là recevoir spontanément la joie du Dharma ?

C’est la phrase publiée dans le calendrier pour ce mois-ci.

Divers événements se produisent dans notre vie. Si on les divise grossièrement en deux catégories, ils se répartissent en peines et en joies. D’ailleurs, non seulement la vie humaine, mais toute chose en ce monde change facilement, varie sans cesse.

Si, par le biais de notre foi quotidienne, nous sommes préparés à faire face à la souffrance et à la joie, ou à toutes les affaires de ce monde, alors, quoi qu’il arrive, nous n’y attacherons pas d’importance et n’en serons pas bouleversés.

Aussi, si nous faisons face à un événement douloureux, nous prenons cette souffrance telle quelle et nous efforçons dans la récitation du Daimoku. A l’inverse, lors des moments de plaisir, nous nous réjouissons avec un sentiment de gratitude pour cet événement agréable et, considérant comme un ensemble la joie et la peine, nous récitons Daimoku. Ce faisant, nous pouvons ouvrir l’état de vie de la boddhéité où l’on reçoit spontanément la joie du Dharma.

Quel que soit le moment, si l’on n’oublie pas la pratique et s’efforce dans la récitation de Daimoku, on peut alors ouvrir l’état de vie du Bouddha résolu et inébranlable. Autrement dit, on peut obtenir l’état de vie du Bouddha, caractérisé par la permanence, la félicité, la pureté et le soi véritable en devenant Bouddha dès ce corps.

Enfin, ce Gosho est conclu par la phrase :

Renforcez plus que jamais votre foi !

Shijô Kingo aussi, fut en bute à de nombreuses difficultés. A chaque fois, il reçut les directives de Nichiren Daishônin et, tout en étant attentif à sa propre foi sous ses encouragements, il déploya son énergie en se fondant sur la récitation du Daimoku. Grâce à cette attitude, il surmonta tous ses problèmes et se développa lui-même davantage.

Progressons avec énergie en ayant à l’esprit qu’afin d’établir une foi ferme, inébranlable quoi qu’il arrive, il est essentiel de prendre soin de réciter quotidiennement Daimoku. Alors, au moment où nous ferons face à des difficultés, nous pourrons montrer, comme le dit Nichiren Daishônin, que nous avons "renforcé plus que jamais notre foi".

Je termine mon cours de ce jour en priant pour votre progression zélée dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui.

Je vous remercie de votre visite au temple.

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Okô août 2010

Mes parents dans cette vie m’ont donné naissance et m’ont permis d’avoir la foi dans le Sutra du Lotus.

Leur bienfaisance à cet égard est plus précieuse que si j’étais né dans la famille de Bonten, de Taishaku, des quatre grands rois célestes ou du saint roi qui tourne la roue, plus importante que de bénéficier du respect des hommes, des cieux et des quatre catégories d’êtres.

(Les quatre bienfaisances)

A l’occasion de la cérémonie de Okô de ce mois, par laquelle nous exprimons notre gratitude envers la bienfaisance de notre fondateur Nichiren Daishônin, la foi profonde qui vous amenés jusqu’ici et nous a permis de rétribuer ensemble notre reconnaissance, est extrêmement louable.

Ce mois-ci, nous étudions un passage du « Traité sur les quatre bienfaisances ». Ce Gosho est daté du 16 janvier de la 2e année de Kôchô (1262). Nichiren Daishônin avait 41 ans et était alors exilé à Itô, dans la péninsule d’Izu. Il adressa ce traité à Kudô Sakon no jô Yoshitaka, gouverneur d’Amatsu du pays d’Awa. Ce Gosho est également appelé « Le châtiment d’Izu ».

On ne sait pas grand-chose sur Kudô Yoshitaka. C’était un croyant à la foi pure qui, on le pense, a commencé la pratique à la même époque que Shijô Kingo ou que les frères Ikegami. Nichiren Daishônin parle de "quatre persécutions majeures" parmi lesquelles, il y a la "persécution de Komatsubara".

Après qu’il fut gracié de son exil à Izu (le 22 février 1263), Nichiren Daishônin propagea son enseignement en tous lieux autour de Kamakura. Aux alentours de l’automne de l’année 1264, sa mère tomba malade. Afin de prier pour sa guérison, il se rendit dans sa terre natale de Kominato à Awa. Il reçut alors l’invitation de Kudô Yoshitaka, gouverneur d’Amatsu, proche de Kominato : "je souhaite avoir l’honneur de vous recevoir chez moi et d’entendre votre prêche". Nichiren Daishônin accepta avec joie cette invitation et c’est le 11 novembre qu’accompagné de quelques personnes, il se dirigea vers le domaine d’Amatsu.

Tôjô Kagenobu, seigneur de la région, détestait Nichiren Daishônin depuis le jour de la fondation de l’école et guettait l’occasion pour le supprimer tant qu’il se trouverait à Awa. Ce jour là, le 11 novembre, alors que Nichiren Daishônin et sa petite troupe arrivaient au lieu-dit Komatsubara déjà assombri par le crépuscule, Tôjô Kagenobu accompagné de plusieurs centaines d’insurgés du Nenbutsu l’assaillirent. Alors, Kyônin bô, disciple de Nichiren Daishônin et Kudô Yoshitaka, venu à sa rencontre se battirent pour le protéger mais, en raison de leur petit nombre face à la multitude, ils furent tous deux tués. Nichiren Daishônin fut lui-même blessé au front et eut le bras gauche cassé (les détails de cette agression sont contés avec précision dans la « Lettre à Messire Nanjô Hyôei Shichirô »). On peut comprendre, à travers cet épisode, la nature de la foi de Kudô Yoshitaka.

Pour commencer, je voudrais évoquer succinctement l’arrière plan de l’exil à Izu.

A cette époque, le Japon était en proie à une succession de famines, d’épidémies et de tremblements de terre. Interminablement, les gens mourraient de fin ou de maladie et le cœur des hommes était rempli d’une angoisse extrême.

Nichiren Daishônin, désigna les causes provoquant ces catastrophes en se fondant sur l’attestation scripturaire des sutras et les consigna dans le « Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude », présenté le 16 juillet de la 1ère année de Bun’nô (1260) à Hôjô Tokiyori (entré dans la voie au temple Saimyôji), par l’intermédiaire de Yadoya Saemon entré dans la voie. Il y indique que seul le fait de prendre refuge dans le bon Dharma en se séparant des enseignements du Nenbutsu et du Zen permettra d’échapper aux trois calamités et sept désastres.

Toutefois, cette remontrance par le biais de laquelle Nichiren Daishônin montrait qu’il était soucieux du pays et désirait sauver le peuple ne fut pas acceptée par Hôjô Tokiyori, ni les gouvernants du shogounat qui se contentèrent de l’ignorer. En même temps, les grands prêtres du Zen, du Nenbutsu et du Ritsu, ne songeant qu’à conserver leurs privilèges et se protéger, fomentèrent de sombres stratégies pour éliminer Nichiren Daishônin. C’est ainsi que le 27 août de la même année, des insurgés attaquèrent brusquement l’ermitage de Matsubagayatsu (cet épisode est appelé "persécution de Matsubagayatsu"). Nichiren Daishônin qui échappa aux dangers de cette attaque nocturne, quitta un moment Kamakura pour aller habiter dans le domaine de Toki à Wakamiya dans la région de Shimôsa, sur l’invitation de Toki Jônin.

Au printemps de la 1ère année de Kôchô (1261), sachant que Nichiren Daishônin était revenu à Kamakura, le shogounat le condamna le 12 mai à l’exil à Itô dans la péninsule d’Izu, injustement et sans le moindre interrogatoire. Cet exil est appelé "la persécution d’Izu".

Dans ce traité, Nichiren Daishônin se réjouit grandement que son action, en tant que "pratiquant du « Sutra du Lotus »", qui a provoqué son exil à Izu à la suite de sa remontrance aux autorités faites par le biais du « Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude », corresponde aux prophéties du Bouddha. En même temps, il est triste qu’à l’inverse, ceux qui l’ont persécuté ont créé le mauvais Karma de toute leur vie en commettant la faute d’offense au « Sutra du Lotus ».

Je voudrais à présent aborder le Gosho dans son ensemble.

En en-tête, il y est écrit :

"Je vois deux grandes choses au fait d’être devenu un exilé".

Nichiren Daishônin précise la première :

"La première est une grande joie".

Dont il montre la raison en citant le chapitre « Maîtres du Dharma » du « Sutra du Lotus » :

"Même lors de la présence de l’Ainsi-venant, (ce sutra) est en butte à maintes haines et jalousies, à plus forte raison après son passage dans l’extinction".

Ainsi, correspondant de manière inconcevable avec la prédiction du Bouddha, cet exil était une grande difficulté supérieure à celles endurées par le vénéré Shakya, montrant que l’état de vie actuel de Nichiren Daishônin était tel quel celui de l’ascèse incessante, le jour comme la nuit, du « Sutra du Lotus ». Tel était la signification de "la joie d’être exilé ».

Nichiren Daishônin montre ensuite la véritable voie de la rétribution de la bienfaisance, considérant l’horrible souverain l’ayant accusé à tort et condamné à l’exil comme un homme d’une profonde bienfaisance, car il lui a permis de lire physiquement le « Sutra du Lotus » et, en tant qu’homme étudiant le Dharma du Bouddha, rétribuer les quatre bienfaisances est la plus grande des joies.

Le passage étudié aujourd’hui est contenu dans cette partie.

Ensuite, Nichiren Daishônin indique la seconde grande chose au fait d’être exilé :

"La seconde est une grande tristesse".

Il cite alors le chapitre « Maîtres du Dharma » enseignant que critiquer celui qui à reçu et garde le « Sutra du Lotus » constitue un grave crime. Aussi, il est triste d’avoir fait commettre l’acte karmique de leur vie aux nombreuses personnes ayant critiqué le "pratiquant du Sutra du Lotus" Nichiren Daishônin, déterminant ainsi leur chute dans l’enfer Avici pendant mille éons.

Il va sans dire qu’au regard du salut fondamental du Dharma de l’ensemencement, cette tristesse est fondée sur le fait que tous les êtres humains fécondent immanquablement la graine de boddhéité par le lien contraire.

Nous allons à présent aborder le texte.

Comme je l’ai dit, la phrase d’aujourd’hui est extraite de la partie concernant les quatre bienfaisances. Nichiren Daishônin enseigne ces quatre bienfaisances en citant le « Sutra de la méditation sur le fondement de l’esprit ».

Il écrit ainsi :

"Celui qui étudie l’enseignement du Bouddha doit immanquablement s'acquitter de sa dette de gratitude envers quatre bienfaisances".

Celui qui garde avec foi le Dharma du Bouddha doit pratiquer la rétribution des bienfaisances. Dans le « Traité qui ouvre les yeux » également, il écrit :

"L’homme qui étudie le Dharma du Bouddha ne doit-il pas reconnaitre et rétribuer la bienfaisance ? Les disciples du Bouddha doivent immanquablement connaître les quatre bienfaisances et pratiquer la reconnaissance et la rétribution des bienfaisances".

De nombreux Gosho, à commencer par le « Traité sur la rétribution des bienfaisances », enseignent l’importance de la rétribution des bienfaisances. Par conséquent, nous devons progresser chaque jour avec zèle en gravant dans notre cœur la reconnaissance des bienfaisances et leur rétribution.

Les quatre bienfaisances sont "premièrement la bienfaisance de tous les êtres", "deuxièmement la bienfaisance des parents", "troisièmement la bienfaisance du souverain" et "quatrièmement la bienfaisance des trois trésors".

En ce qui concerne la bienfaisance de tous les êtres, Nichiren Daishônin écrit en substance dans ce Gosho : "S’il n’y avait pas tous les êtres, on ne pourrait pas éveiller le grand vœu de les sauver. De plus, sans les persécutions commises par les mauvais hommes (il faut lire ici les hommes persécutant ceux qui ont foi et pratiquent le bon Dharma) à l’encontre des bodhisattvas qui eux cherchent à sauver autrui, ne serait-il pas impossible d’accroitre les œuvres et vertus de la pratique de la voie du Bouddha" ?

D’un autre point de vue, nous ne pouvons absolument pas vivre seuls et il faut également savoir que nous vivons grâce aux bienfaits accordés non seulement par les êtres humains, mais également par toutes les formes d’êtres, y compris animaux et végétaux. Nous le comprenons rien qu’en regardant ce que nous mangeons chaque jour. Nous absorbons des légumes, du poisson, de la viande pour vivre. Sans ces éléments, nous ne pourrions pas vivre. C’est pourquoi, il ne faut pas oublier de rétribuer la bienfaisance de tous les êtres.

Deuxièmement, "la bienfaisance des parents" ; le passage d’aujourd’hui en fait partie et j’en parlerai plus tard.

Troisièmement, "la bienfaisance du souverain" ; on parle également "bienfaisance du territoire". Dans une société démocratique actuelle, il est difficile de comprendre "la bienfaisance du souverain". Si on essaye toutefois de transposer le souverain à notre époque, je pense qu’on peut parler alors de Société ou de Nation. Chacun de nous vit en tant que membre de la Société et citoyen de la Nation. Je suis un étranger. A ce titre, je peux séjourner en France grâce à un permis délivré par la République Française. Aussi, moi-même, je reconnais la bienfaisance de la république Française et il est naturel que je rétribue cette bienfaisance. Je pense qu’on peut comprendre par ce biais la bienfaisance du souverain. Par ailleurs, puisque j’habite dans ce pays, personnellement, comme vous tous également, je bénéficie de faveurs matérielles et spirituelles. C’est ce qu’on appelle "la bienfaisance du territoire".

A l’époque de Nichiren Daishônin, la société était féodale, c’était une société guerrière. Aussi, le souverain gouvernant le pays était le généralissime ou le régent. La notion de rétribution de la bienfaisance était donc pratiquée vis-à-vis de ce genre de souverain.

Or, le shogounat de Kamakura ne tenta absolument pas de comprendre la remontrance faite par le biais du « Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude », écrit par considération du pays et de tous les êtres, disant que sans prise de refuge dans le bon Dharma, ni le bonheur du peuple, ni la tranquillité de la Nation ne pourraient être obtenus. Au contraire, il condamna Nichiren Daishônin, innocent de tout crime, à l’exil. Etant des hommes ordinaires, nous penserions " pourquoi est-ce que ça m’arrive ? C’est injuste" ! Et nous concevrions de la rancœur envers le shogounat et nous aurions beaucoup de mal à penser à rétribuer sa bienfaisance.

Or, Nichiren Daishônin dit :

"J’ai rencontré le souverain grâce auquel j’ai pu à présent croire dans le Sutra du Lotus et m’écarter des vies et des morts. Pourquoi dédaignerais-je, en raison de quelques désagréments, cette bienfaisance" ?

Comme je l’ai dit, pour Nichiren Daishônin, le souverain était une personne d’une profonde bienfaisance lui permettant de lire physiquement le « Sutra du Lotus ». Nous devons nous-mêmes graver cette directive dans notre cœur.

La quatrième est "la bienfaisance des trois trésors". Les trois premières bienfaisances sont d’ordre séculier. Celle-ci est la bienfaisance au sein du bouddhisme. Aussi, en tant que bouddhistes, elle est la plus fondamentale. C’est également une rétribution importante de la bienfaisance.

Tout courant bouddhique édifie trois trésors. La Nichiren Shôshû respecte Nichiren Daishônin en tant que trésor du Bouddha, le Honzon de la doctrine originelle, principalement le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle en tant que trésor du Dharma et les Grands Patriarches successifs, à commencer par Nikkô Shônin, en tant que trésor du moine héritier de la transmission vitale. La finalité des trois trésors résidant dans le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle, avoir foi dans le Dai Gohonzon et réciter Nam Myôhôrengekyô représente la voie fondamentale de la rétribution de la bienfaisance des trois trésors.

Nous allons à présent aborder le passage d’aujourd’hui.

Mes parents dans cette vie m’ont donné naissance et m’ont permis d’avoir la foi dans le Sutra du Lotus.

Nous pouvons exister uniquement parce que nous avons des parents. Toutefois, nos parents eux-mêmes ont chacun leurs propres parents. En remontant de la sorte, nous comprenons que nous existons parce qu’auparavant plusieurs dizaines de milliers de personnes ont existé. Si une seule d’entre elles aurait manqué, nous n’existerions pas aujourd’hui.

De plus, nous avons rencontré le Dharma du Bouddha qu’il est difficile de rencontrer et y croyons. Il ne faut pas considérer à la légère la bienfaisance des parents. Bien sûr certaines personnes n’ont sans doute pas reçu shakubuku de leurs parents. Toutefois, si nous n’existions pas, nous n’aurions pas rencontré l’enseignement de Nichiren Daishônin. Aussi, ne faut-il pas oublier de reconnaître la bienfaisance de nos parents et de la rétribuer.

Leur bienfaisance à cet égard est plus précieuse que si j’étais né dans la famille de Bonten, de Taishaku, des quatre grands rois célestes ou du saint roi qui tourne la roue, plus importante que de bénéficier du respect des hommes, des cieux et des quatre catégories d’êtres.

Bonten et Taishaku sont des divinités ayant la position de chefs du monde des cieux. Les quatre grands rois célestes servent Taishaku et sont des divinités situées à l’Est, à l’Ouest, au Sud et au Nord, protégeant l’enseignement du Bouddha. Le saint roi qui tourne la roue est un roi idéal régnant sur le monde. En fait, s’agissant des personnages gouvernant les trois mondes (monde des désirs, monde de la matière et monde de la non matière) où habitent tous les êtres, ce sont les existence centrales de tous les êtres. Le sens de cette phrase est que plus que d’être nés dans une telle famille céleste, de pouvoir gouverner librement les trois mondes et être respectés par tous les êtres, les œuvres et vertus de pratiquer le « Sutra du Lotus » sont encore plus grandes. Aussi, la bienfaisance de nos parents actuels est-elle lourde et nous devons rétribuer leur bienfaisance et leur manifester notre la gratitude.

Même le roi de tous les cieux ne sort pas des six voies. Par contre, si on pratique le « Sutra du Lotus », on peut obtenir l’état de vie de devenir Bouddha, ce qui signifie qu’on peut obtenir l’état de vie suprême au sein des dix mondes.

Dans un autre Gosho, Nichiren Daishônin écrit :

"Lorsqu’on est un homme et que l’on a foi dans l’enseignement du Bouddha, il faut d’abord rétribuer la bienfaisance de son père et de sa mère. (Comparé à) la hauteur de la bienfaisance du père, le mont Suméru est encore bas. (Comparé à) la profondeur de la bienfaisance de la mère, l’océan est peu profond. Prenez soin de rétribuer la bienfaisance de vos parents". (Missive à Messire de Uéno)

Nous devons donc bien rétribuer la bienfaisance de nos parents.

Dès lors, quelle est la meilleure manière de rétribuer la bienfaisance de nos parents ? Il va sans dire qu’il n’y a pas d’autre moyen que d’avoir foi dans le bon Dharma et de le pratiquer.

Nichiren Daishônin disait en effet :

"Préconisez la pratique et sauvez vos pères et mères du passé". (Réponse à Messire de Uéno)

Il est évident de pratiquer soi-même. Cependant, dans la mesure où Nichiren Daishônin dit en particulier : "Préconisez la pratique", il faut le prendre sérieusement en considération.

Il s’agit en fait de "shakubuku", de progresser avec zèle dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui. Dans la « Réponse à Messire de Uéno » citée à l’instant, Nichiren Daishônin disait : "sauvez vos pères et mères du passé". Grâce à la pratique de shakubuku, non seulement nos parents, mais également les dizaines de milliers de parents du passé, peuvent être sauvés par notre pratique d’aujourd’hui. En outre, Nichiren Daishônin enseigne que l’intégralité des obstacles dus à nos crimes du passé peut être effacée.

Ceci concerne simultanément, non seulement le passé, mais aussi le futur, nos enfants, nos petits enfants. On peut donc dire que l’on peut sauver les personnes dans les trois phases. Notre pratique ne concerne pas seulement ce qui à trait à aujourd’hui seulement, maintenant seulement. Il convient à chacun de graver dans sa vie que l’enseignement de Nichiren Daishônin renferme en effet une telle signification.

De plus, la foi de la pratique personnelle et la conversion d’autrui constitue telle quelle la voie de la rétribution de "la bienfaisance de tous les êtres", "la bienfaisance de tous les êtres", "la bienfaisance du souverain" et de "la bienfaisance des trois trésors". Si la pratique à travers laquelle on pense à "sauver tous les êtres" est si grande qu’on ne peut pas la ressentir, il suffit alors de penser à sa famille, à son foyer. Dans la « Missive à Messire de Uéno », Nichiren Daishônin écrit : "Vies après vies, si tous sont des êtres ayant eu de la bienfaisance, il faut alors souhaiter qu’ils deviennent Bouddha".

Je pense que cet esprit réside dans le fait de comprendre que nous faisons partie de tous les êtres et que si l’on ne fait pas shakubuku aux personnes les plus importantes pour nous, nous ne sommes pas reliés à la voie de la rétribution de la bienfaisance de tous les êtres. La famille est constituée des personnes les plus proches et également les plus importantes pour nous. Si nous ne faisons pas shakubuku à ces personnes importantes, notre attitude ne mène pas à la voie de la rétribution de la bienfaisance de tous les êtres. Je souhaite que vous progressiez avec énergie, forts de la décision que toute votre la famille pratique, de réaliser la vaste propagation au sein de votre famille.

Le bouddhisme enseigne le principe de non dualité du principal et de son support. La rétribution du principal que sont tous les êtres et la rétribution du support qu’est le domaine du territoire sont en relation de non dualité. Si les êtres deviennent heureux grâce au bon Dharma, le territoire également deviendra tranquille. C’est, autrement dit, la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude. Finalement, l’important est de sauver le domaine du territoire par les œuvres et vertus du Dharma de Nichiren Daishônin dans la société de notre région.

Nous qui habitons en France, devons penser à la vaste propagation en France. Aussi, avec le sentiment de rétribuer la bienfaisance du territoire, gardons à l’esprit la vaste propagation dans notre région, la vaste propagation dans notre territoire, soyons résolus à le faire et progressons avec zèle dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui. Tel est le moyen de rétribuer la bienfaisance du souverain.

Quant à la bienfaisance des trois trésors, elle va de soi. Il n’y a pas d’autre moyen pour rétribuer la bienfaisance du Bouddha originel de la Fin du Dharma, Nichiren Daishônin (trésor du Bouddha) que faire sien l’esprit du « Traité sur la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude » de Nichiren Daishônin, et progresser énergiquement pour la vaste propagation. Bien entendu, comme aujourd’hui, venir au temple participer à la cérémonie de Okô pour manifester notre gratitude est également un de ces moyens.

Pour rétribuer la bienfaisance du Dai Gohonzon (trésor du Dharma), si chacun de nous met en pratique telle quelle la phrase du « Traité sur le véritable aspect des Dharmas » avec foi dans le Gohonzon, ce sera alors tel quel la voie de la rétribution de la bienfaisance du Gohonzon :

"Ayez foi dans le meilleur Gohonzon du Janbudvipa. (…) Efforcez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans la pratique ou l’étude, il n’y a pas de Dharma du Bouddha. Faites-le vous-même et enseignez-le à autrui. La pratique et l’étude proviennent de la foi".

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le fondement de l’enseignement de la Nichiren Shôshû réside dans le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle et que son éveil intérieur fait partie intégrante de la transmission vitale faite de Nichiren Daishônin à Nikkô Shônin, puis à Nichimoku Shônin, jusqu’à l’actuel Souverain du Dharma. Si aujourd’hui nous pouvons pratiquer correctement, c’est parce que les Grands Patriarches successifs nous ont enseignés et guidés correctement, sur la base de la transmission de l’éveil intérieur de Nichiren Daishônin. La rétribution de cette bienfaisance du trésor du moine réside dans la décision de propager selon ses capacités, conformément à cette phrase des « Préceptes testamentaires de Nikkô Shônin :

"Tant que la vaste propagation n’est pas réalisée, il faut propager selon ses capacités en rejetant son corps et sa vie".

J’ai donné des explications détaillées, mais en définitive, pour quelqu’un qui pratique le bouddhisme, reconnaitre les quatre bienfaisances et les rétribuer est important. En ce qui concerne les moyens de rétribuer la bienfaisance, ce sont la pratique quotidienne de Gongyô et de la récitation du Daimoku, ainsi que la pratique de shakubuku, acte de conversion d’autrui, représentent la voie de la rétribution de la bienfaisance. Je termine mon sermon en souhaitant que vous considériez de nouveau ces éléments et que dès aujourd’hui, vous progressiez avec ardeur.

Je vous remercie de votre effort d’être venus. 

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Okô septembre 2010

Lorsque vous vous vénérez comme Honzon le Myôhôrengekyô présent en votre cœur et appelez par Nam Myôhôrengekyô la nature du Bouddha présente en votre cœur, ce qui se manifeste alors est appelé le Bouddha.

Par exemple, si un oiseau dans une cage chante, les oiseaux volant dans le ciel, ainsi appelés, se rassemblent. Lorsque les oiseaux volant dans le ciel se rassemblent, l’oiseau dans la cage veut alors sortir.

Si vous appelez de votre bouche le Dharma merveilleux, la nature du Bouddha, présente en votre cœur, est aussi appelée et apparaît.

(L’éveil des néophytes dans la Fleur du Dharma)

Mesdames et Messieurs, votre visite au temple pour participer à la cérémonie d’Okô, mus par la profondeur de votre foi et grâce à laquelle nous avons pu, ensemble, exprimer notre gratitude envers la bienfaisance de Nichiren Daishônin est très appréciable.

Pour commencer, je voudrais vous transmettre une information. Sur décision attentionnée du Grand Patriarche Nichinyo Shônin, Maître Hakudô Môri, premier supérieur du temple Shingyôji, a été nommé supérieur du temple Hô-Onji de Kóbe situé dans la préfecture de Hyôgô. Avec vous, je lui adresse toutes nos félicitations.

Je pense qu’à l’occasion, nous pourrions lui rendre visite lors de Tozan. Maître Hakudô Môri m’a lui-même demandé de vous transmettre ses meilleures salutations.

En même temps que la cérémonie d’Okô, ce mois-ci, j’ai célébré la cérémonie appelée "Gonan é" ou "commémoration de la persécution". Gonan é est la cérémonie par laquelle nous exprimons notre gratitude envers la bienfaisance de Nichiren Daishônin démontrée lors de la persécution de Tatsunokuchi, qui eut lieu le 12 septembre de la 8e année de Bun’nei (1271) et, en même temps, l’occasion pour les moines et pratiquants de promettre de faire progresser davantage la vaste propagation en vénérant Nichiren Daishônin en tant que Bouddha originel de la Fin du Dharma.

Le soir du 9 septembre, des soldats en armure avec, à leur tête, Hei no Saemon no Jô arrêtèrent Nichiren Daishônin et l’emmenèrent au tribunal de consultation. Vis-à-vis de l’extérieur, la décision du Shogounat fut l’exil à Sado. Toutefois, par derrière, il avait décidé de profiter de l’obscurité pour décapiter Nichiren Daishônin à Tatsunokuchi. Arrivé au milieu de la nuit à Tatsunokuchi, au moment où il allait être décapité, un gros objet lumineux apparut dans le ciel, qui eut pour effet de rendre impossible la décapitation de Nichiren Daishônin.

Or, dans la « Missive à Messire Shijô Kingo », il écrit :

"Chaque lieu où je subis une persécution est la terre du Bouddha. Dans le monde de Saha, il y a le Japon. Au Japon, il y a le pays de Sagami. Dans le pays de Sagami, il y a (le village) de Katase. A Katase, il y a Tatsunokuchi. Que moi, Nichiren, perde la vie en ce lieu pour la cause du Sutra du Lotus fait qu’il est la terre de la lumière sereine".

Dans le « Traité qui ouvre les yeux », il écrit encore :

"Un dénommé Nichiren a eu la tête tranchée le douzième mois de l’année dernière, à l’heure du rat et du bœuf".

Qu’il affirme dans ces paroles "que Nichiren, perde la vie" et "a eu la tête tranchée le douzième mois de l’année dernière, à l’heure du rat et du bœuf" est l’expression de Nichiren Daishônin lui-même d’avoir abandonné son aspect extérieur éphémère de bodhisattva Pratique supérieure pour révéler son attestation intérieure de Bouddha originel du passé hors le temps.

C’est pourquoi, dans la Nichiren Shôshû, nous célébrons la Persécution, nous félicitant de l’abandon par Nichiren Daishônin de l’éphémère pour révéler l’originel et promettant de progresser avec énergie dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui en faisant nôtre l’esprit de ne ménager ni notre corps, ni notre vie.

Nous allons à présent étudier le Gosho.

Le Gosho que nous étudions aujourd’hui est extrait de « l’éveil des néophytes dans la Fleur du Dharma », écrit par Nichiren Daishônin en la première année de Kôan (1278), depuis le mont Minobu. Il s’agit d’une lettre adressée à la nonne Myôhô, qui habitait à Okamiya dans le pays de Suruga (aujourd’hui, la ville de Numazu dans la préfecture de Shizuoka).

Je vais d’abord parler de ce Gosho dans son ensemble.

Au début, Nichiren Daishônin démontre par le biais de l’enseignement, des capacités, du temps et du pays, que parmi toutes les écoles, seule l’Ecole du Lotus (école ayant le « Sutra du Lotus » comme sutra de référence) était l’école fondée par le Bouddha Shakyamuni, car seul le « Sutra du Lotus » contient le véritable esprit du Bouddha, et que seul Nam Myôhôrengekyô, cœur essentiel des vingt-huit chapitres du « Sutra du Lotus », est le Dharma essentiel permettant de devenir Bouddha dans l’époque actuelle de la Fin du Dharma.

Ensuite, citant des exemples survenus au cours de la vie du Bouddha Shakyamuni, des périodes de la Rectitude et de la Semblance du Dharma, il montre que le « Sutra du Lotus » est le grand Dharma blanc, fondement de tous les sutras et que, lorsque le bon maître, les bons bienfaiteurs et le bon enseignement sont réunis, les prières sont alors exaucées et les difficultés du pays balayées.

Il indique ensuite que seul le « Sutra du Lotus » permet aux personnes ignorant complètement le bouddhisme de devenir Bouddha. Il exhorte ensuite à s’efforcer avec ardeur dans la propagation de l’enseignement par shakubuku, précisant en même temps la manifestation des trois puissants ennemis à l’encontre de la propagation de l’enseignement par shakubuku, mais que celui qui pratique shakubuku sans craindre les difficultés est le véritable pratiquant du « Sutra du Lotus ».

Enfin, Nichiren Daishônin termine en démontrant le principe par lequel celui qui invoque Nam Myôhôrengekyô peut ainsi appeler et éveiller la nature du Bouddha présente en son cœur et devenir Bouddha dès ce corps. Il conclut sa lettre en exhortant à l’invocation du Daimoku avec une foi à toute épreuve.

Je vais à présent lire la phrase de ce mois.

Sur le calendrier, elle ne représente que quinze lignes. Toutefois, il s’agit d’un passage enseignant une doctrine extrêmement profonde, ce qui rend cette phrase extrêmement complexe. Les maîtres précédents, Nittatsu Shônin et le Grand Patriarche retiré Nikken Shônin ayant donné des commentaires de ce passage, je vais utiliser le prêche de ces deux Shônin pour expliquer ce passage.

Nous sommes des êtres ordinaires fortement en proie aux trois poisons. Or, nous possédons tous la nature du Bouddha, c’est-à-dire la cause essentielle pour devenir Bouddha. On peut le dire non seulement pour les êtres humains, mais également pour les animaux, les végétaux, les êtres sensitifs comme non sensitifs. Telle est la doctrine d’Une pensée trois mille.

Il existe trois sortes de nature du Bouddha.

La cause principale (de la boddhéité) : il s’agit du principe de la véritable ainsité dont tous les êtres sont dotés à l’origine. C’est ce dont je viens de parle, à savoir "tout le monde possède la nature du Bouddha".

La cause de compréhension (de la nature du Bouddha) : il s’agit de la sagesse s’éveillant à la cause principale de la boddhéité.

Les causes secondaires : il s’agit des bonnes pratiques constituant des conditions aidant à la manifestation de la sagesse.

Devenir Bouddha est possible à partir du moment où ces trois éléments sont réunis. L’important est de comprendre qu’on ne peut pas devenir Bouddha en se contentant de dire "je possède la nature du Bouddha" et de rester assis à ne rien faire.

Le grand maître du Tendai compare la cause principale de la nature du Bouddha à une pépite d’or enfouie dans la terre. Comprendre par la sagesse qu’une pépite est présente à cet endroit est la compréhension de la nature du Bouddha. Enfin, le travail consistant à retirer les mauvaises herbes, creuser et extirper l’or symbolise la condition de la boddhéité.

Dire que nous sommes dotés de la cause principale de la boddhéité est une affirmation théorique. C’est l’état dans lequel se trouve la pépite d’or enterrée dans la terre. C’est uniquement lorsque nous prenons conscience (cause de compréhension) qu’une pépite d’or (la cause principale de la bodhéité) existe à l’intérieur de notre vie et que nous la mettons à jour (condition) que la valeur de la pépite d’or voit apparait.

Etant des êtres ordinaires, on aura beau nous dire que nous avons la nature du Bouddha, nous aurons sans doute du mal à le croire. Certains penseront peut-être : "je ne peux pas croire que j’ai la vie du Bouddha en moi". Un joli papillon émerge à partir d’une chenille verte. Penser de la sorte est la même chose que dire "je ne crois pas qu’une chenille verte puisse devenir un papillon". Peut-être que certains s’indignerons, me disant "ne me comparez pas à une chenille verte" ! Mais je ne dis ça qu’à titre d’exemple et vous demande votre compréhension à ce sujet.

Or, il est impossible que nous prenions conscience par nous-mêmes de la présence de la nature du Bouddha dans notre vie. Les personnes dont j’ai donné l’exemple à l’instant, ignorant l’existence de la nature du Bouddha sont en réalité nombreuses.

La nécessité d’une personne enseignant l’existence de la nature du Bouddha est dès lors évidente. Je pense qu’il en fut de même pour vous. Vous avez sans doute pour la plupart commencé la pratique par le biais du shakubuku d’une personne pratiquant le Dharma de Nichiren Daishônin. Ceci correspond à la cause de compréhension de la nature du Bouddha.

Cependant, si l’on retourne à la source, si le Bouddha n’avait pas révélé que seul Myôhôrengekyô est le Dharma permettant de devenir Bouddha, nous ne l’aurions jamais su. Il convient dès lors de réfléchir profondément au fait que le fondement réside dans le Bouddha.

Mais de quelle manière pouvons-nous voir la sagesse du Bouddha gardant le Dharma permettant de devenir Bouddha. C’est possible uniquement en ayant foi dans ce Bouddha et en recevant, gardant et pratiquant avec foi son enseignement. Ceci correspond à la condition de la boddhéité.

Autrement dit, il s’agit d’avoir foi dans le Gohonzon de Myôhôrengekyô et de réciter Nam Myôhôrengekyô. C’est à cette condition que notre nature du Bouddha s’ouvre et qu’il est dès lors possible de devenir Bouddha.

C’est ce que veut dire Nichiren Daishônin par la phrase :

"Lorsque vous vénérez comme Honzon le Myôhôrengekyô présent en mon cœur et appelez par Nam Myôhôrengekyô la nature du Bouddha présente en votre cœur, ce qui se manifeste alors est appelé le Bouddha".

La phrase suivante est une métaphore théorique venant étayer ce principe :

"Par exemple, si un oiseau dans une cage chante, les oiseaux volant dans le ciel, ainsi appelés, se rassemblent. Lorsque les oiseaux volant dans le ciel se rassemblent, l’oiseau dans la cage veut alors sortir".

L’oiseau dans la cage et les oiseaux du ciel s’appellent mutuellement et la communication s’établit naturellement d’oiseau à oiseau.

J’ai parlé à l’instant de "métaphore théorique". Plus concrètement, cette théorie est "kyôchi myôgô" ou "fusion parfaite de la sagesse et de son objet".

Le "kyô" de "kyôchi myôgô" est l’objet observé. Le "chi" est la sagesse observant l’objet "kyô". "Kyôchi myôgô" est un terme désignant l’état de vie dans lequel l’objet et la sagesse deviennent un tout indivisible. Autrement dit, c’est l’éveil dès ce corps.

Le principe fondamental du Dharma de Nichiren Daishônin réside dans la réalisation de la voie par le Bouddha originel dans le passé infini hors le temps.

Dans le Gosho intitulé « Ce qu’il convient de rejeter et d’adopter au sein des doctrines pensées par les Bouddhas des trois phases », Nichiren Daishônin écrit au sujet de la fusion parfaite de la sagesse et de l’objet pour le Bouddha originelle du passé hors le temps :

"Avant le passé des cinq cents grains de poussières d’éons, le vénéré Shakya, alors homme ordinaire, comprit que son corps était constitué de la terre, de l’eau, du feu, du vent et de la vacuité, ouvrant ainsi l’éveil sur le champ".

Dans son « Exégèse du Traité sur le Honzon de l’observation du cœur », Nichikan Shônin, commentant cette phrase, écrivait :

"Les ‘cinq cents grains de poussières’ désignent le passé infini. "Avant" désigne ‘l’hors le temps’. Le mot ‘comprit’ désigne la merveille de la sagesse de la nature originelle difficile à comprendre. ‘Son corps’ désigne la merveille de l’objet de la nature essentielle difficile à comprendre. Ayant réalisé la fusion parfaite de la sagesse et de l’objet en récitant Nam Myôhôrengekyô, ‘il ouvrit sur le champ l’éveil’ et se manifesta en tant que corps qui reçoit et emploie de lui-même dans le passé infini hors le temps".

Nichikan Shônin explique de cette manière l’éveil intérieur du Bouddha originel de la Fin du Dharma, Nichiren Daishônin.

En outre, commentant l’objet et la sagesse de l’éveil intérieur du Bouddha originel en indiquant qu’ensemble, la sagesse et l’objet sont Nam Myôhôrengekyô d’Une pensée trois mille, Nichikan Shônin écrit :

"La merveille de l’objet, loi de la matière du corps qui reçoit et emploie de lui-même également, est Nam Myôhôrengekyô d’Une pensée trois mille".

En outre, la merveille de la sagesse, loi de l’esprit du corps qui reçoit et emploie de lui-même également, est Nam Myôhôrengekyô d’Une pensée trois mille".

Pour sa part, le Grand Patriarche retiré Nikken Shônin commentait la même phrase de la manière suivante :

"‘Comprit que son corps était constitué de la terre, de l’eau, du feu, du vent et de la vacuité’ signifie ‘savoir’. En fait, il s’agit de la sagesse. Autrement dit, la sagesse également est Myôhôrengekyô. Même l’expression ‘la terre, de l’eau, du feu, du vent et de la vacuité’, signifie que la substance de notre corps est telle quelle la substance de Myôhôrengekyô. Lorsqu’il y a unicité indivisible de la sagesse et de l’objet, qu’il y a fusion parfaite de la sagesse et de l’objet, c’est alors le Bouddha du passé infini hors le temps.

Ainsi, ces orientations signifient que les œuvres et vertus de l’éveil dès ce corps, par le principe de la simultanéité de la cause et de l’effet sont présentes dans l’état de vie du Bouddha originel du passé infini hors le temps.

Si l’on relit la phrase du Gosho de ce mois : "lorsque vous vénérez comme Honzon le Myôhôrengekyô présent en mon cœur" sur la base de ces orientations, il est alors évident que "mon cœur" désigne le cœur du Bouddha originel et qu’il ne s’agit en aucun cas de notre propre cœur d’homme ordinaire.

Nichiren Daishônin, Bouddha originel de la Fin du Dharma, a érigé son état de vie, son éveil intérieur dans lequel la sagesse et l’objet du passé infini forment un corps unique et indivisible, sous la forme du Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle.

Aussi convient-il de savoir que pour nous, hommes ordinaires de la Fin du Dharma, le fait d’avoir foi dans ce Dai Gohonzon en tant qu’éveil intérieur du Bouddha originel, en tant que véritable objet de vénération dans la Fin du Dharma et que meilleur Honzon du Janbudvipa, revient à "vénérer comme Honzon le Myôhôrengekyô présent en notre cœur".

Autrement dit, en ayant foi que le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle est l’unique et absolu véritable objet et en s’efforçant uniquement dans l’invocation du Daimoku, de la même manière que l’oiseau dans la cage et les oiseaux dans le ciel communiquent et se comprennent, le Dai Gohonzon (l’objet) et notre Une pensée (sagesse) réalisent la fusion parfaite de la sagesse et de l’objet et nous pouvons alors recevoir le Grand bienfait de devenir Bouddha dès ce corps.

La fin du passage est :

"Si vous appelez de votre bouche le Dharma merveilleux, la nature du Bouddha, présente en votre cœur, est aussi appelée et apparaît".

Ce n’est pas parce que dans ce passage il est écrit : "lorsque vous vénérez comme Honzon le Myôhôrengekyô présent en notre cœur", qu’il faut penser que "il suffit de vénérer le Honzon de Myôhôrengekyô de notre cœur et qu’il n’y pas besoin d’autre Honzon". Penser une telle chose serait le comble de l’orgueil et une grave faute.

Je vais à présent lire un sermon du Grand Patriarche retiré Nikken Shônin.

"Considérer comme objet de vénération le grand Mandala Honzon et avoir en soit la sagesse de Myôhôrengekyô, "la nature du Bouddha présente en notre cœur", vous l’avez tous. Ce que vous avez, c’est la foi. Dans la Fin du Dharma, on dit "remplacer la sagesse par la foi". Notre sagesse, cotre sagesse, sont des sagesses qui ne comprennent rien. Nous pensons avoir largement compris. Or, si on creuse un peu, on s’aperçoit alors qu’on ne comprend rien à rien. C’est ce que je ressens moi-même vivement, parvenu à l’âge qui est le mien.

Aussi, le fondement de la véritable sagesse est uniquement "croire". C’est pourquoi Nichiren Daishônin parlait toujours de "remplacer la sagesse par la foi". Lorsqu’on récite Nam Myôhôrengekyô avec cette foi, la merveille de l’objet, Myôhôrengekyô du grand Mandala Honzon, autrement dit la nature du bouddha du monde des dharmas de l’univers et notre propre nature du Bouddha individuelle communiquent et deviennent un tout indivisible. Aussi, lorsque nous récitons Nam Myôhôrengekyô avec foi dans le Gohonzon, Myôhôrengekyô, la vie du Bouddha, se manifeste telle quelle sous la forme de notre vie.

Aussi, cette phrase signifie que lorsque nous avons foi dans le Gohonzon, "Myôhôrengekyô présent dans notre cœur" est appelé et apparaît sous la forme du Bouddha".

Je souhaite que nous renouvelions notre conviction que les œuvres et vertus de devenir Bouddha dès ce corps résident dans la foi dans le Dai Gohonzon et la récitation sincère de Nam Myôhôrengekyô.

Or, il ne suffit pas de réciter tout seul Nam Myôhôrengekyô. Nichiren Daishônin disait dans le « Traité sur les trois grands Dharmas ésotériques » :

"Entrés dans la Fin du Dharma, le Daimoku récité par Nichiren est différent des époques précédentes. Il s’agit de Nam Myôhôrengekyô en tant que pratique personnelle s’étendant à la conversion d’autrui".

Comme le dit Nichiren Daishônin, ce doit être Nam Myôhôrengekyô en tant que pratique personnelle s’étendant à la conversion d’autrui, autrement dit shakubuku.

Lors de la pratique pour la réalisation de la vaste propagation, le Grand Patriarche Nichinyo Shônin, a donné la directive suivante :

" Une autre chose importante, c'est de continuer shakubuku sans répit. J'ai parlé du Bodhisattva Fukyô (Sans mépris) lors de la réunion de la récitation du Daimoku pour la vaste propagation du mois dernier. Le Bodhisattva Fukyô sachant que tout le monde possédait la nature de bouddha, pratiqua la vénération. Les gens en colère le maudirent, l'insultèrent, le battirent avec bâton et pierres. Malgré tout cela il continua sans se lasser d'enseigner à plusieurs reprises les "vingt-quatre caractères du Sûtra du Lotus". En conséquence, le Bodhisattva Fukyô atteignit la boddhéité et les gens qui l'avaient persécuté tombèrent dans un premier temps en enfer mais furent sauvés grâce au lien créé lors qu'ils avaient entendu le Sutra du Lotus.

Ce comportement du Bodhisattva Fukyô nous montre l’essentiel pour notre pratique de shakubuku d'aujourd'hui.

Il faut savoir l'importance de prier pour le bonheur des autres et de faire shakubuku inlassablement".

Gravons fermement dans nos cœurs que seule la mise en application de la foi dans la pratique personnelle s’étendant à la conversion d’autrui est le point essentiel pour devenir Bouddha et progressons avec zèle dans notre pratique quotidienne afin de réaliser nous-mêmes shakubuku au cours de l’année.

C’est par ces mots que je termine mon sermon d’Okô. Je vous remercie de votre visite au temple.

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Okô octobre 2010

Si vous récitez uniquement Nam Myôhôrengekyô, quel crime ne pourrait-il pas être effacé ? Quel bonheur ne pourrait-il pas arriver ? C’est la vérité, c’est très profond, il faut y croire.

(Dialogue du Saint et du sot)

Je vous remercie d’être venus exprimer ensemble notre gratitude envers la bienfaisance de notre fondateur Nichiren Daishônin, à l’occasion de la cérémonie d’Okô de ce mois.

La phrase du mois, que vous connaissez tous certainement, est extraite du « Dialogue du Saint et du sot ».

A la lecture de cette phrase, vous comprenez qu’elle enseigne à quel point sont grands les bienfaits de l’invocation du Daimoku faite avec foi dans le Gohonzon et devant le Gohonzon. Elle signifie que grâce à l’invocation du Daimoku, tous les obstacles dus à nos crimes commis depuis nos vies passées s’effacent et nous obtenons le grand bonheur de devenir Bouddha dès ce corps.

Comme d’habitude, je vais commencer par évoquer ce Gosho dans son ensemble, puis je parlerai plus particulièrement de la phrase de ce jour.

Le « Dialogue du Saint et du sot » a été écrit par Nichiren Daishônin en la 5ème année de Bun’nei (1268). Malheureusement, l’original n’existe plus.

Comme l’indique son titre, ce Gosho a été écrit sous la forme d’un "débat de questions et de réponses" entre un "saint" et un "sot". Constitué de deux fascicules, c’est un très long traité.

Au début du Gosho, le sot se lamente et recherche l’enseignement correct : "Alors que nous avons reçu la vie et que, dès lors, personne ne peut échapper à la mort, personne ne fait sérieusement face à cette vérité". Ensuite, des personnages porteurs de divers enseignements se présentent devant le sot.

Il y a d’abord un représentant de l’école des Commandements (Risshû) Ensuite, viennent ceux de l’invocation du Bouddha (Nenbutsu), des Formules incantatoires (Shingon) et du Zen, qui exposent de manière plausible l’enseignement de toutes les religions les plus en vogue à l’époque. A chaque fois, le sot est convaincu. Pourtant, il ne parvient pas à la véritable satisfaction. Alors, il recherche le maître, celui qui connaît véritablement le Dharma du Bouddha.

A la fin, le dernier que le sot rencontre est le saint pratiquant le « Sutra du Lotus ». Celui-ci démontre que toutes les écoles s’opposant au Dharma correct offensent le Dharma et constituent dès lors la cause de la chute des êtres dans les mauvaises voies. Fondé sur les bases certaines des phrases du sutra, il démontre également que le « Sutra du Lotus » est le seul sutra de la vérité, ouvrant la voie vers la boddhéité à tous les êtres.

Ensuite, répondant au doute du sot affirmant que les autres écoles, rassemblant un grand nombre de fidèles doivent, pour cette raison, être correctes, le saint répond que la vérité est la vérité, que la bonne doctrine est la bonne doctrine, indépendamment du nombre de fidèles et enseigne que la pratique appropriée à la Fin du Dharma est de condamner la nuisance des offenses au Dharma s’opposant à l’enseignement correct.

Le saint enseigne ensuite que « Myôhôrengekyô », « Titre du sutra du Lotus », représente le nom de la nature de Bouddha de tous les êtres et que si l’on invoque son nom, la nature du Bouddha se manifeste et l’on devient Bouddha, autrement dit, qu’il est la voie de la réalisation du bonheur dans l’éternité des trois phases.

Ce Gosho se termine par les encouragements du saint vis-à-vis du sot qui vient de promettre de pratiquer cette religion toute sa vie, lui disant que des obstacles et des démons se manifesteront sans doute, mais que ce sera l’occasion de renforcer sa foi.

Nous allons à présent nous pencher sur la phrase de ce mois.

Comme je l’ai dit au début, cette phrase enseigne que celui qui reçoit et garde et qui à foi de tous son cœur en ce Gohonzon et qui invoque Nam Myôhôrengekyô obtiendra immanquablement l’état de vie de la boddhéité.

On dit que dans la religion de la Nichiren Shôshû, "croire et garder c’est observer son cœur" , c’est-à-dire que recevoir et garder, avoir foi et pratiquer le Dai Gohonzon est la voie essentielle pour devenir Bouddha et que telle est notre conviction. En outre, recevoir et garder contient les quatre pouvoirs : pouvoir du Bouddha, pouvoir du Dharma, pouvoir de la foi et pouvoir de la pratique.

Le pouvoir du Bouddha est la capacité de grande compassion pour sauver tous les êtres, du Bouddha originel Nichiren Daishônin, contenue dans le Gohonzon Mandala du Dharma merveilleux. Le pouvoir du Dharma est le pouvoir immense et profond du Dharma merveilleux contenu dans le Gohonzon.

Ensuite, le pouvoir de la foi désigne notre foi dans le Honzon de la doctrine originelle et notre forte foi dans le fait qu’il n’y a pas d’autre voie que ce Gohonzon pour devenir Bouddha. Quant au pouvoir de la pratique, c’et l’invocation de Nam Myôhôrengekyô sans y mêler d’autres pratiques.

Lorsque nous avons foi dans le Gohonzon et récitons assidument le Daimoku, les quatre pouvoirs se réalisent et, comme il est dit dans la phrase de ce mois extraite du « Dialogue su Saint et du sot » et comme il est dit aussi ailleurs dans le même Gosho :

"La seule pratique de Myôhôrengekyô, fait qu’aucun bienfait ne manque de se produire, aucune racine de bien ne saurait ne pas fonctionner". Autrement dit, il est possible de devenir Bouddha dès ce corps et d’obtenir de grands bienfaits libres et sans entraves.

Je voudrais poursuivre sur les quatre pouvoirs à la lumière des orientations de Nichikan Shônin.

Dans le « Traité de grande sagesse », il est dit :

"Par exemple, si une fleur de lotus dans l’eau ne reçoit pas la lumière du soleil, il est hors de doute qu’elle se flétrira. De même, sans la rencontre avec le Bouddha, les racines de bien des êtres ne pourront pas se réaliser".

Citant cette phrase, Nichikan Shônin écrit ce qui suit dans « l’Exégèse du Traité sur le Honzon de l’observation de l’esprit » :

"Ge (fleur) est le pouvoir de la foi. Ren (lotus) est le pouvoir de la pratique. L’eau est le pouvoir du Dharma. Le soleil est le pouvoir du Bouddha. Il faut le savoir : la fleur du lotus (renge) nait de l’eau et nos pouvoir de la foi et pouvoir de la pratique sont immanquablement générés par le pouvoir du Dharma.

Sans eau, la fleur du Lotus ne peut absolument pas pousser. Sans le pouvoir du Dharma, comment la foi et la pratique pourraient-elles apparaître ? C’est pourquoi, il faut vénérer le Honzon et prier le pouvoir du Dharma.

Même si le lotus nait grâce à l’eau, sans la lumière du soleil, il meurt sans l’ombre d’un doute. De même, même si, grâce au pouvoir du Dharma, le pouvoir de la foi et le pouvoir de la pratique son générés, sans le pouvoir du Bouddha, il est également hors du doute que la foi et la pratique régresseront.

De même que si la fleur du lotus reçoit la lumière du soleil, infailliblement elle prospérera et sera luxuriante, si nous bénéficions du pouvoir du Bouddha, nous réaliserons la foi et la pratique et obtiendront rapidement la boddhéité".

Comme l’enseigne cette directive, si les quatre pouvoirs ne s’unissent pas parfaitement, ils ne peuvent se réaliser. Le pouvoir du Bouddha et le pouvoir du Dharma contenus dans le Gohonzon guidant l’intégralité des êtres vers la boddhéité sont absolus. Ce qui permet de recevoir ces pouvoirs absolus du Bouddha et du Dharma et, ainsi d’effacer les obstacles dus à nos fautes depuis le passé sans commencement, de décupler notre foi et de réaliser notre vœu est notre pouvoir de la foi et notre pouvoir de la pratique.

Lorsque chaque jour nous nous efforçons dans la foi et la pratique, nus ressentons immanquablement le pouvoir du Bouddha et le pouvoir du Dharma du Gohonzon.

Lorsque nous pensons "comme le Gohonzon est appréciable", notre pouvoir de la foi et notre pouvoir de la pratique s’approfondissent.

Cependant, on ne peut pas dire qu’une pratique par le biais de laquelle seulement notre propre foi s’approfondit est suffisante. C’est lorsqu’il y a également conversion d’autrui, que la véritable foi existe.

A la fin du mois, il y aura Oéshiki. Au cours de la cérémonie, je lirai le « Traité sur la Sérénité du pays par l’établissement de la rectitude ».

A la fin du passage, il y a :

"Je ne croirai pas seulement moi-même, je corrigerai aussi les erreurs d’autrui".

Après cette lecture, tous ensembles, nous invoquons trois fois Daimoku.

La signification de ces trois Daimoku est que les moines et les pratiquants participants à la cérémonie promettent de déployer avec zèle leur énergie dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui, dans la perspective de réaliser la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude.

Je souhaite que vous graviez ces quatre pouvoirs dans votre cœur et que lorsque vous assisterez à Oéshiki, ensemble, nous promettions de nous efforcer dans la foi de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui.

C’est par ces mots que s’achève mon sermon à l’occasion de la cérémonie d’Okô du mois d’octobre. Je vous remercie d’être venus.

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Okô novembre 2010

Depuis que j’ai commencé à étudier l’enseignement légué par le vénéré Shakya et entrepris la pratique du Dharma de l’Eveillé, j’ai toujours considéré la reconnaissance de la bienfaisance comme le plus important et la rétribution de cette bienfaisance comme la priorité. Celui qui sait qu’en ce monde quatre bienfaisances existent est appelé homme. Celui qui l’ignore n’est rien d’autre qu’un animal.

(Dialogue du saint et du sot)

 

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Okô décembre 2010

Quelles que soient les choses déplaisantes pouvant survenir parmi les disciples de cette doctrine, ils doivent ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire.

(Sur les vertus cachées et les rétributions visibles)

 

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Salutations à l’occasion de la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation et Kôshi é

Février 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs.

Je loue la présence des nombreuses personnes venues participer à la pratique du Daimoku pour la vaste propagation de ce mois.

Par ailleurs, aujourd’hui étant le jour anniversaire de l’extinction du deuxième fondateur Nikkô Shônin, nous avons célébré la cérémonie appelée Kôshi é.

Vous avez sans doute entendu chaque année la signification de Kôshi é, c’est pourquoi, j’aimerais, à titre de rétribution de notre gratitude, en parler sous un angle différent.

Si l’on devait désigner par un mot la vie entière de Nikkô Shônin, je pense que ce serait "suivre et servir en permanence" Nichiren Daishônin. Nikkô Shônin rencontra Nichiren Daishônin pour la première fois à l’âge de 13 ans, au temple Jissôji, situé dans la ville actuelle de Fuji. A partir de ce moment jusqu’au 13 octobre 1282, date de l’extinction de Nichiren Daishônin, il fut à ses côtés à le servir. C’est par le biais de cet accompagnement et ce service incessants que Nikkô Shônin hérita de l’intégralité du Dharma de Nichiren Daishônin et le transmit à la postérité.

Bien entendu, il ne se contenta pas de le servir. Pendant ses temps libres, il guida de nombreuses personnes vers le bon Dharma, à commencer par celles avec qui il avait un lien.

Dans l’enseignement de Nichiren Daishônin, la notion de "religion du rapport mutuel entre le maître et le disciple" est particulièrement importante. Dans le chapitre des « Maîtres du Dharma » du « Sutra du Lotus », il est enseigné :

"Si (les foules) approchent un maître du Dharma, elles obtiendront la voie des bodhisattvas. Si elles étudient en suivant ce maître, elles pourront alors voir des Bouddhas aussi nombreux que les sables du Gange".

On lit également dans un poème des temps anciens évoquant l’importance de "suivre et servir sans cesse" :

"Obtenir soi-même le Sutra du Lotus se fait en ramassant du bois, en cueillant des légumes, en puisant de l’eau et en servant".

Il n’est pas exagéré de dire que la manière de pratiquer la foi dans la Nichiren Shôshû tire son origine de l’ascèse pratiquée par Nikkô Shônin aux côtés du Bouddha originel de la Fin du Dharma, Nichiren Daishônin, conformément aux paroles du sutra précédentes. L’expression :

"Ordre de la transmission vitale – Nichiren Nikkô".

Extraite des « deux écrits de transmission », atteste sans détours cette notion.

A la vérité, juste avant l’extinction de Nichiren Daishônin, à part Nikkô Shônin, aucun des cinq autres moines ainés parmi les six qu’il avait choisis, ne put le suivre et le servir. Ceci illustre le fait que, pour cette raison, ils s’écartèrent tous du Dharma de Nichiren Daishônin et finirent par commettre l’offense au Dharma en s’opposant au Maître et à pratiquer un tout autre enseignement.

En outre, afin d’enseigner aux moines et pratiquants des époques futures l’importance de la foi dans le rapport mutuel entre le maître et le disciple, Nikkô Shônin donna diverses orientations dont celle-ci, extraite d’une lettre adressée aux pratiquants du Hokkekô de l’île de Sado :

"Dans cette doctrine, on devient Bouddha en conformant la relation entre le maître et le disciple".

Des archives de cette époque indiquent que de nombreux croyants du Hokkekô de Sado s’efforçaient dans la pratique autour de la famille d’Abutsubô et que plusieurs moines séjournaient dans l’île. Avec l’augmentation de leur nombre, les croyants prirent l’habitude de pratiquer avec le moine avec lequel ils avaient un lien. Dès lors, l’esprit des corps différents animés d’un cœur identique commença à se perdre.

Pour cette raison, Nikkô Shônin adressa la lettre citée ici aux gens du Hokkekô de Sado, leur demandant en substance de "se regrouper en définissant clairement le maître".

Dès lors, qui est le maître ? C’est bien sûr Nichiren Daishônin, mais ce dernier étant déjà entré en extinction, c’est désormais Nikkô Shônin, héritier de l’intégralité de son Dharma. En fonction des orientations de Nikkô Shônin, il est important de s’efforcer dans la foi en comprenant la logique établie dans la relation entre Nikkô Shônin, les moines et les pratiquants.

Neuf ans après l’écriture de cette lettre, Nikkô Shônin nomma son disciple Nichiman, le propre arrière petit-fils d’Abutsubô, chef de la région du Hokurikô, dont fait partie l’île de Sado. Je pense que Maître Nichiman établit le moyen d’établir l’esprit des corps différents animés d’un cœur identique, esprit que même les gens du Hokkekô de Sado réalisèrent grâce ses directives.

Nikkô Shônin montra de lui-même l’exemple par son attitude dans l’ascèse. Après l’extinction du grand maître Nichiren Daishônin, Nikkô Shônin, en tant que grand guide de la propagation de la doctrine originelle, laissa des orientations non seulement pour les moines et pratiquants de son époque, mais également pour celles à venir, dans lesquelles nous vivons.

La signification de la cérémonie de Kôshi é est de rétribuer la bienfaisance de Nikkô Shônin, qui a correctement hérité du Dharma de Nichiren Daishônin et grâce à qui nous pouvons nous-mêmes pratiquer correctement, et promettre de nous efforcer dans la foi de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui.

Recevoir avec foi le Dai Gohonzon du Kaidan de la doctrine originelle, respecter le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin en tant que maître et s’efforcer dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui dans l’esprit des corps différents animés d’un cœur identique, est la voie permettant de suivre les orientations de Nikkô Shônin. Dès aujourd’hui, forts de cette conviction renouvelée, avançons ensemble dans la foi.

Je vous remercie d’être venus vous recueillir ici aujourd’hui.

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Salutations lors de la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation

Mars 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs

Je suis très heureux d’avoir pu réciter Daimoku avec les nombreuses personnes venues participer à cette pratique de la récitation pour la vaste propagation.

Comme vous le savez, cette pratique de la récitation du Daimoku pour la vaste propagation, qui a lieu au temple principal sous la direction du Grand Patriarche Nichinyo Shônin, est effectuée par les moines et pratiquants du monde entier, dans l’harmonie des corps différents animés d’un cœur identique.

Nichinyo Shônin disait à propos de cette pratique :

"La récitation du Daimoku constitue le fondement de l’ascèse de la voie du Bouddha, c’est la pratique importante pour devenir Bouddha". (Les nouvelles, page 1).

Il dit encore :

"La récitation de Daimoku représente la pratique principale, sans laquelle, on ne peut pas bénéficier du bienfait immense et sans limites du Dharma du Bouddha". (Les Nouvelles, page 2).

Autrement dit, sans la récitation du Daimoku, il ne peut y avoir obtention de l’éveil. Toutefois, ce n’est pas pour autant qu’il est bien de simplement réciter Daimoku devant le Gohonzon.

Citant le « Traité sur les trois grands Dharmas ésotériques », Nichinyo Shônin donne la directive suivante :

"Le Daimoku de l'époque de la Fin du Dharma est la pratique personnelle et la conversion d’autrui permettant de sauver soi-même et les autres.

Le Daimoku en tant que pratique personnelle consiste en la pratique de la récitation du Daimoku et le Daimoku pour la conversion d’autrui consiste en la pratique de shakubuku. La récitation du Daimoku et shakubuku sont une unité inséparable. La récitation du Daimoku fondée sur la foi est la source de shakubuku.

Dans son « Exégèse sur le Traité sur le Honzon de l’observation du cœur » Nichikan Shônin écrit :

‘Si la pratique personnelle est accomplie, alors, immanquablement, il y aura la conversion d’autrui. La conversion d’autrui est la compassion’.

Lorsque les œuvres et vertus de la pratique personnelle sont présentes, elles s’accompagnent de la pratique de shakubuku. (Idem supra)

En d’autres termes, le Daimoku uniquement en tant que pratique personnelle ne peut être le véritable Daimoku de la doctrine originelle. Le véritable Daimoku est celui qui s’accompagne de la conversion d’autrui.

Grâce à la pratique personnelle de la récitation du Daimoku, on ressent soi-même de grandes œuvre et vertus et l’on pense que le Gohonzon, Nam Myôhôrengekyô sont appréciables. Alors, on ressent l’envie naturelle de parler aux autres de cette joie et de ces œuvres et vertus. Ceux qui pensent que "shakubuku ce n’est pas le moment" doivent réciter davantage de Daimoku. Ceux qui pensent "il me suffit de ressentir seulement moi-même de la joie" n’ont pas de compassion.

Bien entendu, le fondement est la foi. Nous, êtres ordinaires à l’état brut de la Fin du Dharma ne possédons aucune sagesse. C’est pourquoi, nous nous efforçons dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui, ce qui nous permet de recevoir la sagesse du Bouddha du Gohonzon et de devenir Bouddha.

Dans le « Sens mystérieux de la fleur du Dharma », le grand maître du Tendai disait :

"Avec les yeux de la sagesse et les jambes de la pratique, parvenir à l’étang pur".

Lorsque nous devons nous rendre quelque part, nous déterminons d’abord visuellement la direction de notre lieu de destination, puis nous commençons à marcher. Personne ne se met à marcher dans la direction opposée à sa destination.

Aussi, déterminer la bonne direction grâce aux yeux de la sagesse, puis marcher dans la direction de l’objectif avec nos jambes est ce qui est important. Tel est l’enseignement donné par le grand maître du Tendai.

Or, comme je l’ai dit, nous qui vivons dans la période de la Fin du Dharma n’avons pas de sagesse. Aussi, naturellement, nous n’avons pas les yeux de la sagesse.

C’est pourquoi Nichiren Daishônin nous a enseigné le principe de "remplacer la sagesse par la foi", nous disant "recevez la sagesse du Bouddha originel par le biais de la foi. La foi est le fondement".

Ensuite, on peut traduire les paroles de Tendai selon l’enseignement de Nichiren Daishônin. Commencer à marcher avec nos jambes, autrement dit faire Gongyô, réciter Daimoku et faire la pratique de la conversion d’autrui nous mènent à la boddhéité. Nous comprenons alors la relation entre la foi et la pratique et grâce à la foi absolue dans le Gohonzon et l’ascèse de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui, nous parviendrons à l’étang frais (l’état de vie du Bouddha).

Ensemble, progressons avec énergie ce mois-ci en ayant à l’esprit que la foi et la pratique sont l’essentiel.

Je vous remercie de votre effort d’être venus au temple.

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Message à l’occasion de la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation

Avril 2010

Je remercie toutes les personnes venues au temple aujourd’hui pour participer à la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation.

Je remercie également les personnes qui, dans chaque région ou chez elles se sont efforcées à réciter le Daimoku.

Comme on vous en a informés, je suis parti au Japon pour accompagner 7 pratiquants du Shingyôji participant à la grande cérémonie d’aération des trésors sacrés. Aujourd’hui, nous avons participé à la réunion de récitation du Daimoku dirigée par le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin au temple principal Taisekiji.

Nous sommes entrés dans l’horaire d’été et il y a 7 heures de décalage entre la France et le Japon. Il y a aussi un décalage avec les autres pays du monde. Considérant les choses ainsi, il n’est pas exagéré de dire que, quelle que soit l’heure et le pays, on récite le Daimoku tout au long de la journée.

Feu Jôsen-in Nisshi élevé au rang de Shônin disait : "Sur cette terre, l’écho de la récitation de Daimoku résonne 24 heure sur 24."

Nous, moine et pratiquants du Shingyôji également, avons la charge de réciter 1 heure de Daimoku. Tout en ressentant la gratitude de pourvoir réciter le Daimoku dans le même esprit que les gens du monde entier, je souhaite que nous progressions avec énergie.

La vaste propagation ne se réalise pas simplement en récitant le Daimoku puis en restant tranquillement chez soi à attendre.

Nichinyo Shônin donne sans cesse comme directive que l’action qui suit la récitation du Daimoku est importante et que, sans cette action, la vaste propagation est irréalisable. L’action est en fait la pratique de shakubuku.

"Je vais contacter untel qu’on ne voit plus au temple" ou "Je vais contacter untel à qui j’avais parlé avant du bouddhisme". S’efforcer dans le Daimoku lié à de telles actions est essentiel. C’est en effet le Daimoku de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui, comme le soulignait Nichiren Daishônin lui-même en écrivant :

Le Daimoku que Nichiren récite en étant entré dans la période de la Fin du Dharma est différent du Daimoku des périodes précédentes : il s’agit de Nam Myôhôrengekyô touchant la pratique personnelle et la conversion d’autrui".

Nichiren Daishônin disait également dans ses dernières volontés :

"Il suffit d’attendre le temps".

Là encore, vous comprendrez qu’il ne nous demande pas d’attendre tranquillement à la maison.

Il veut dire d’attendre le temps de la vaste propagation, tout en s’efforçant dans la pratique de Gongyô et de Daimoku et,

"Si vous en avez la capacité, parlez ne serait-ce que d’un mot, une phrase".

Et ainsi, parlez au plus grand nombre des œuvres et vertus du Dharma merveilleux.

Gravons cet esprit dans nos cœurs progressons énergiquement ce mois-ci en prenant soin de notre santé.

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Salutations à l’occasion de la pratique du Daimoku pour la vaste propagation

Mai 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs.

Je suis revenu récemment après une longue période de déplacements.

Veuillez m’excuser de la gêne occasionnée aux pratiquants du Shingyôji pendant mon absence. Par ailleurs, je vous remercie sincèrement pour la protection accordée au temple, à travers le nettoyage du jardin, l’entretien des arbres et le ménage du garage.

Comme vous le savez, les aéroports ont été fermés en raison de l’éruption volcanique en Islande. Pour cette raison, j’ai du modifier mon itinéraire. Ayant été dans l’incapacité de trouver un créneau, j’ai du annuler la réunion à Rome. J’exprime ma gratitude envers le Gohonzon d’avoir pu assurer le reste du programme comme il était prévu.

Les pays ne bénéficiant pas de la présence d’un moine, peuvent recevoir des directives sur la foi et des encouragements seulement par le biais de quelques visites par an. J’ai fortement ressenti à travers l’attitude de ces personnes, qu’elles écoutaient de tout leur être le discours du moine qui n’est parmi eux qu’un jour ou deux. Tous font des efforts énergiques pour que, au plus tôt, un moine puisse s’installer à demeure dans leur pays.

Au cours de ce voyage, le directeur adjoint du Département d’outremer a annoncé que, désormais, les pratiquants d’Italie et de Serbie s’efforceront dans la pratique centrés sur le Shingyôji. Ainsi, les offrandes de tôba comme toutes les cérémonies se dérouleront au Shingyôji.

De ce fait, je pense qu’ils viendront également se recueillir au Shingyôji. Le trajet est long, mais certains pratiquants m’ont dit vouloir à tout prix apprendre ce qu’est la protection d’un temple et comment s’efforcer dans la foi, à travers les échanges avec les pratiquants Français en venant au temple.

Autrement dit, ils veulent prendre les pratiquants du Shingyôji comme modèle.

Je souhaite que vous progressiez de manière à ne pas être de mauvais exemples.

Lors des cérémonies d’annonce publique du nom du temple Jakkôzan Honshô-in de Taiwan et de l’enchâssement du Gohonzon en bois, le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin a donné la directive suivante :

Parmi les vieux proverbes chinois, l’un dit : "Etre au bon moment ne vaut pas être au bon endroit. Etre au bon endroit ne vaut pas l’harmonie des hommes".

L’esprit des corps différents animés d’un cœur unique entre les moines et les pratiquants, ainsi que l’esprit de compassion envers tous les hommes est extrêmement important pour nous qui gardons le Dharma de Nichiren Daishônin. Il ne s’agit de rien d’autre que d’apporter le bonheur au plus grand nombre par l’harmonie.

Nichiren Daishônin écrivait :

"Avec l’esprit des corps différents animés d’un cœur unique, tout peut être réalisé".

Penser sincèrement à la vaste propagation, réalisation de la sérénité du pays par l’établissement de la rectitude, esprit de Nichiren Daishônin, en étant centrés sur le temple et en approfondissant le lien des corps différents animés d’un cœur unique est la condition primordiale pour réaliser la vaste propagation.

Je pense qu’il est essentiel pour nous qui vivons dans un pays où nous disposons d’un temple, de montrer ce principe par notre pratique aux personnes pratiquant dans des pays où il n’y a en pas encore.

Ce mois-ci également, progressons ensemble. Je vous remercie de votre visite.

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Salutations à l’occasion de la pratique du Daimoku en prière à la vaste propagation

Juin 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs.

Je suis très heureux de votre participation à la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation de ce mois.

Lors de la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation du mois dernier, le Grand Patriarche Nichinyo Shônin disait :

"Je vous le dis sans cesse, à présent, nous avons reçu la vie dans le monde des hommes difficile à obtenir. En outre, nous avons pu rencontrer le Dharma du Bouddha difficile à rencontrer et, ainsi rencontrer le Dai Gohonzon unique au monde et nous trouver dans l’état de vie le plus élevé.

La joie suscitée est irremplaçable et sans supérieure. Cependant, tout en ressentant une  gratitude véritable pour cet état de vie rare et exprimant notre sincère reconnaissance envers les vertus des trois trésors de notre école, nous ne devons pas recevoir cette joie et ces œuvres et vertus de manière passive et les garder pour nous. Il est en effet essentiel d’appliquer tel quel le saint précepte de la pratique personnelle et de la conversion d’autrui et transmettre au plus grand nombre l’enseignement de Nichiren Daishônin et planter la graine par la pratique de shakubuku.

La raison est que shakubuku est la pratique la plus noble de la rétribution de notre gratitude et la pratique compatissante du salut de tous les êtres. Autrement dit, grâce à la pratique de shakubuku, nous guidons l’autre vers le bonheur et effaçons en même temps les obstacles dus à nos offenses au Dharma commises depuis le passé sans commencement, permettant ainsi à soi et à autrui de devenir heureux dans les deux phases du présent et du futur".

Le Grand Patriarche nous dit ainsi que shakubuku est le moyen pour que nous-mêmes et autrui devenions heureux.

Comme le dit Nichinyo Shônin, recevoir la vie en tant qu’être humain et, de plus, rencontrer le Dharma du Bouddha difficile à rencontrer, est déjà une joie en soi. Afin de ressentir cette joie, il faut d’abord avoir une foi ferme et, il va sans dire, ressentir les œuvres et vertus du Gohonzon est la source de pouvoir partager avec d’autres la joie de la pratique. Pour cela, même les plus petites joies sont valables. Même toutes les petites choses, si elles se répètent et s’accumulent, finissent par devenir quelque chose de grand. Enfin, il est essentiel de se souvenir chaque jour de cette joie.

Le « Sutra du Lotus » enseigne "les œuvres et vertus de la joie conséquente à la propagation de proche en proche jusqu’à la cinquantième personne".

Je pense que vous connaissez déjà ce principe, mais je le répète quand même. Il consiste en la transmission à une autre personne de la joie intense ressentie à l’écoute de ne serait-ce qu’une stance du « Sutra du Lotus ». Cette personne, à son tour, la transmet à une autre personne et ainsi, de proche en proche, on arrive à la cinquantième personne. Cette dernière, entendant cette stance, ressent ne serait-ce qu’un peu de joie. Ce principe montre la grandeur des œuvres et vertus inhérentes à la joie de celui qui a entendu le « Sutra du Lotus », sans même encore l’avoir transmis. Si les œuvres et vertus de celui qui, sans avoir encore transmis le « Sutra du Lotus » a ressenti de la joie à son écoute sont immenses, à plus forte raison, celles du premier, celui qui a entendu et ressenti de la joie, puis a transmis, autrement dit à pratiqué la conversion d’autrui, sont elles incommensurables.

Le 20 de ce mois, une réunion de shakubuku est organisée. Je souhaite que vous y ameniez vos amis, vos connaissances et que vous leur montriez notre temple bouddhiste, le Shingyôji. Je vous demande de faire en sorte que vos amis, entendant parler de l’enseignement de Nichiren Daishônin reçoivent "les bienfaits d’entendre le Dharma".

L’écoulement des jours et des mois est véritablement rapide et nous sommes déjà au mois de juin. Le premier semestre de l’année est sur le point de s’achever. Vivons donc un quotidien rempli d’énergie afin de ne pas éprouver de regrets. Je vous remercie de votre visite au temple.

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Pratique de la récitation du Daimoku pour la vaste propagation

Juillet 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs.

Je reviens ce matin d’Italie et j’ai pu réciter Daimoku avec vous. C’est pour cette raison que j’ai demandé le changement d’horaire.

Mon dernier déplacement en Italie a eu lieu à la fin du mois d’Avril. A peu près deux mois se sont écoulés depuis. Cette fois,    personnes ont reçu Gojukai et une a reçu Kankai. Ce pays progresse ainsi avec énergie vers la réalisation de ses objectifs de shakubuku pour l’année. Nous aussi, efforçons-nous dans la pratique personnelle et la conversion d’autrui.

Le huit du mois dernier, la cérémonie de pose des piliers du Mieidô s’est déroulée solennellement au temple principal sous la direction du Grand Patriarche Nichinyo Shônin. Dorénavant, les travaux de remontage du bâtiment vont commencer. Le rite de la pose des piliers était la première étape de la reconstruction. Comme l’a expliqué le journal Daibyakuhô, il a consisté en l’érection des quatre piliers soutenant le shumidan (autel principal), puis de l’insertion de coins marquant la solidité éternelle du Mieidô. L’achèvement des travaux est prévu pour dans trois ans. Nous attendons nous-mêmes avec impatience le Mieidô réhabilité. Toutefois, nous ne devons pas nous contenter d’attendre. Il est important de faire shakubuku avec énergie au quotidien et progresser ainsi avec joie vers le moment de cet achèvement.

Dans ses paroles prononcées le mois dernier à l’occasion de la pratique du Daimoku pour la vaste propagation, le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin, après avoir cité le chapitre des « Maîtres du Dharma » du « Sutra du Lotus », puis les commentaires de Nichiren Daishônin, a donné la directive suivante :

"Comme l’indiquent ces précieuses phrases, celui ou celle qui enseigne une stance, une phrase du « Sutra de la fleur du lotus du Dharma merveilleux », autrement dit qui pratique shakubuku, qu’il soit moine ou pratiquant, homme ou femme, est un "messager de l’Ainsi-venant", effectuant "l’œuvre de l’Ainsi-venant" en tant que "envoyé de l’Ainsi-Venant". Autrement dit, ceux qui se consacrent à la vaste propagation du Dharma merveilleux et pratiquent shakubuku sont tous des "messagers de l’Ainsi-venant".

Aujourd’hui, les moines et pratiquants de la Nichiren Shôshû, unis, avancent avec force sur la voie de la vaste propagation dans la perspective de "l’année de la progression de la vaste propagation". Il est dès lors essentiel, dans un tel contexte, que chacun de nous, moines et pratiquants de cette Ecole, prenions conscience et ressentions de la fierté d’être des "messagers de l’Ainsi-venant" et, avec enthousiasme, nous efforcions dans la pratique de shakubuku".

Il ne suffit pas que nous nous contentions de penser à diverses choses dans notre tête. Il faut que nous prenions bien conscience de l’importance d’accumuler la récitation de Daimoku et de parler au plus de personnes possible des œuvres et vertus de la récitation et progressions énergiquement. En fait, l’important est de pratiquer dans "la réalité". Cela correspond aux paroles de Nichinyo Shônin, car nous devenons ainsi les messagers du Bouddha originel Nichiren Daishônin, envoyés par lui pour réaliser l’œuvre du Bouddha originel.

Grâce à cela, nous pourrons immanquablement solutionner nos diverses difficultés, soucis et souffrances personnelles. Quoi qu’il arrive, récitons ensemble Daimoku et transformons nos peines en joie

Je termine par ces mots ces simples salutations à l’occasion de la pratique du Daimoku pour la vaste propagation. Merci de votre visite au temple.

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Réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation

Août 2010

Merci d’avoir assisté à la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation de ce mois.

Lors de la réunion de pratique du Daimoku pour la vaste propagation du mois dernier, le Souverain du Dharma Nichinyo Shônin a donné la directive suivante :

"A présent, dans le Nichiren Shôshû, chaque chapitre déploie toute son énergie dans le combat livré dans la perspective des années 2015 et 2021. Je pense que ce combat n’est nullement un challenge aisé. En effet, c’est que le grand Dharma de l’ensemencement du profond des phrases du chapitre « Durée de la vie » est "difficile à croire et difficile à comprendre". Toutefois, lorsqu’on progresse énergiquement, conformément aux paroles d’or du Bouddha originel, dans le but de la vaste propagation de la merveille de la cause originelle sous le ciel et aux quatre mers, immanquablement, d’immenses, d’insondables œuvres et vertus sont alors générées.

Par nature, le combat pour la réalisation de la vaste propagation implique de manière inévitable la manifestation de difficultés, d’obstacles et de démons. Toutefois, il est essentiel de surmonter ces difficultés et de pratiquer shakubuku et, pour cela, il faut premièrement avoir une conviction absolue envers le Dai Gohonzon, deuxièmement avoir une continuité d’action infatigable, forte d’une foi inaltérable".

Le Grand Patriarche a ainsi donné deux points importants pour la réalisation du grand vœu de la vaste propagation.

Le premier est "avoir une conviction absolue envers le Dai Gohonzon". L’enseignement de Nichiren Daishônin est fondé sur le Dai Gohonzon des trois grands Dharmas ésotériques. Dès lors, la pratique de la Nichiren Shôshû ne peut fonctionner sans la foi dans sa source qu’est le Dai Gohonzon. La pratique quotidienne, c’est-à-dire faire Gongyô et réciter Daimoku chaque jour sans défaut, est indispensable pour avoir la conviction.

Par exemple, pour parvenir à notre lieu de destination, il faut commencer d’abord par marcher un pas. Comme un pas ne suffit pas pour atteindre ce but, il faut continuer avec le pas suivant, puis le suivant, jusqu’au lieu de destination. Si on s’arrête en cours de route, on ne parviendra jamais au but. Il en est de même pour la foi. L’accumulation jour après jour est importante. En accumulant chaque jour la progression énergique, on parvient à nos deux grands buts que sont la boddhéité de manière individuelle et la vaste propagation.

Le second point est "avoir une continuité d’action infatigable, forte d’une foi inaltérable". Je pense que ce point également mène à la progression énergique quotidienne. Nichinyo Shônin prend en particulier l’exemple du boddhisattva Sans-mépris qui, tout en faisant face à de multiples difficultés, mit en pratique l’enseignement du « Sutra du Lotus ».

"La pratique sans relâche du boddhisattva Sans-mépris nous suggère le moyen de shakubuku dans la Fin du Dharma, après l’extinction du Bouddha. En effet, fort du principe selon lequel tous les êtres humains possèdent la nature du Bouddha, il prêchait le "Sutra du Lotus en vingt-quatre idéogrammes" et se prosternait devant eux. En outre, le fait d’avoir persévéré jusqu’au bout dans sa foi, d’avoir été capable d’endurer toutes les difficultés et les persécutions et de continuer à prêcher le « Sutra du Lotus », est véritablement important, même du point de vue actuel de notre pratique de shakubuku".

Le Grand Patriarche nous encourage en rappelant l’importance d’une pratique sans relâche dans la pratique de shakubuku.

Nichiren Daishônin disait :

"Même face à toutes les difficultés, si votre cœur ne doute pas, vous parviendrez au monde du Bouddha".

Nous aussi, gravons dans notre cœur cette parole d’or, ainsi que la directive de Nichinyo Shônin, progressons avec énergie dans cette deuxième moitié de cette année.

Cet été, je fais Tozan en famille. Pendant mon absence, je suis désolé de l’embarras créé, mais je vous demande de bien vouloir protéger le temple, autour du Kôtô Gérard.

Merci de votre visite.

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Pratique du Daimoku pour la vaste propagation

Octobre 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs.

Je vous remercie de votre participation à la pratique du Daimoku pour la vaste propagation de ce mois.

Le 1er août dernier, la grande réunion des enfants de la Fédération des Hokkekô s’est déroulée au temple principal avec la participation exceptionnelle du Grand Patriarche Nichinyo Shônin.

A cette occasion, Nichinyo Shônin donna de profondes directives au sujet des "quatre imperfections d’un récipient", formulées dans la « Lettre à Akimoto », demandant de faire très attentions aux quatre défauts que sont le renversement (fuku), la fuite (ro), la saleté (u) et le mélange (zô). Par le biais de ce principe, il insista sur l’importance de l’effort fait sans relâchement dans la foi et de l’état d’esprit habituel. Il donna ensuite l’orientation suivante :

"En particulier, en ce qui concerne l’état d’esprit au quotidien, il est important de faire sérieusement Gongyô matin et soir. Le Gongyô du matin et du soir constitue le fondement de l’ascèse de la voie du Bouddha et la source des immenses œuvres et vertus du Dai Gohonzon. (…) Le Gongyô se fait en ayant déterminé l’horaire de pratique. Il ne s’agit pas de faire Gongyô à différentes heures en fonction du jour. Il est en effet nécessaire de faire Gongyô chaque jour sans faute en ayant fixé l’heure pour le faire. Il est également important de faire Gongyô en famille. Je souhaite que chaque famille se consulte et décide d’une heure à laquelle tous ses membres peuvent faire Gongyô ensemble".

Je souhaite que nous aussi, nous conformant à la directive de Nichinyo Shônin, prenions soin de faire Gongyô tous les jours à la même heure. Il est en particulier important de fixer l’heure du Gongyô du matin. Lorsque l’on vit en étant basé sur la pratique, un des éléments de cet engagement est de faire sérieusement le Gongyô du matin, qui est le point de départ de la journée.

Par exemple, si l’on doit partir de chez soi le matin à 8 heures pour aller travailler, en tenant compte de la durée du petit déjeuner, il faut alors décider de faire Gongyô à 6h ou 6h30. Le fait de déterminer ainsi l’heure du Gongyô, détermine naturellement l’heure du lever.

Lorsqu’on pense à son emploi du temps de la journée sans avoir décidé de l’heure du Gongyô, on peut par exemple faire la grasse matinée et, finalement ne pas avoir le temps de faire Gongyô. Prenons donc soin de commencer notre journée par l’ascèse de la foi en décidant d’abord fermement de l’heure du Gongyô du matin.

Ce mois-ci, il y aura Oéshiki. Sans votre collaboration, pour les préparatifs comme pour le reste, elle ne peut se dérouler. Je vous demande sincèrement votre collaboration pour le ménage, la fabrication des fleurs, et puis, le jour même, l’accueil, l’accompagnement. Par ailleurs, des pratiquants de pays où il n’y a pas encore de temple, ni de moine à demeure. Je vous demande de faire le maximum pour que ces personnes, regardant notre attitude se disent "Effectivement, c’est différent dans un pays où il y a un temple" ! Cette attitude constituera en elle-même un encouragement pour les pratiquants des autres pays.

Je termine ces simples paroles à l’occasion de la pratique du Daimoku pour la vaste propagation. Je vous remercie de votre visite au temple.

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Pratique du Daimoku pour la vaste propagation

Novembre 2010

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Je vous remercie d’être venus participer à la pratique de Daimoku pour la vaste propagation de ce mois.

Par ailleurs, ayant officié simultanément à la cérémonie du Higan d’automne, j’ai prié du fond du cœur pour les mânes des ancêtres des pratiquants du Shingyôji et effectué l’offrande du bien pour celles pour lesquelles l’offrande de Toba a été demandée.

Habituellement, la cérémonie du Higan d’automne se déroule au mois de septembre. Or, dans la plupart des pays d’Europe, le 1er novembre étant le jour consacré aux défunts, j’ai décidé de me conformer à cette habitude. Toutefois, en raison de la tenue des cérémonies de Oéshiki les 30 et 31 octobre, Higan a été célébré aujourd’hui.

Je le dis sans cesse, celui qui à foi et pratique l’enseignement du Bouddha ne doit jamais oublier de "reconnaître la bienfaisance et la rétribuer". Lors de nos Gongyô du matin et du soir, nous exprimons notre gratitude envers la bienfaisance des trois trésors. En même temps, nous procédons à l’offrande du bien à nos ancêtres défunts, rétribuant ainsi leur bienfaisance. Autrement dit, l’essence de la rétribution de la bienfaisance réside dans le Gongyô.

En particulier lors des cérémonies de Higan comme aujourd’hui ou de Urabon, le fait d’ériger des Tôbas représente pour nous la rétribution la plus intime de la bienfaisanse. En même temps, les bienfaits de cette offrande ne rejaillissent pas seulement sur nos ancêtres ou les défunts, ils rejaillissent également sur celui qui a demandé l’offrande du Tôba. Je souhaite que chacun grave de nouveau dans son cœur ce principe et s’efforce dans la pratique quotidienne de Gongyô et de la récitation de Daimoku.

Grâce à votre collaboration et votre coopération, les cérémonies d’Oéshiki de cette année se sont déroulées sans problème. Je profite de l’occasion pour vous exprimer ma profonde gratitude pour votre aide. Les pratiquants des autres pays ont également été très contents. Bien entendu, il existe de nombreux points sur lesquels il faudra porter une réflexion. Toutefois, la "réflexion" n’implique pas uniquement une notion négative. Elle doit être le tremplin pour un développement encore plus grand. Pour l’avenir, je souhaite que les points positifs soient largement étendus et que les points négatifs fassent l’objet d’une réflexion franche.

Ceci dit, le nombre de shakubuku du Shingyôji cette année est extrêmement stagnant. Ceci est uniquement dû au manque de force des directives du supérieur du temple, c’est-à-dire moi, ce qui m’incite à reconsidérer sérieusement ma conduite.

C’est pourquoi, afin de réaliser à tout prix l’objectif de 2015, j’ai décidé, dès demain, de réciter tous les jours trois heures de Daimoku. En plus des trente minutes effectuées après le Gongyô du matin, je réciterai Daimoku le matin de 8h30 à 9h30 et le soir de 7 heures à 8 heures. Les personnes pouvant participer à ces pratiques sont libres d’y assister.

Je souhaite que, pour votre part, vous continuiez également à réciter au moins une heure de Daimoku par jour et, afin de réaliser shakubuku, accumuliez cette pratique du Daimoku. A tergiverser intellectuellement, rien n’apparaîtra. Accumulez Daimoku, recevez la sagesse et les œuvres et vertus du Gohonzon. C’est en mettant en pratique que shakubuku vous réaliserez shakubuku et deviendrez Bouddha.

Je termine ces paroles de salutations en priant pour votre progression énergique. Merci de votre visite au temple.

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